Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/04/2013

Anima

wajdi mouawad,animaL’avis des éditeurs le décrit comme un roman minautore, a moitie humain a moitie monstre.

Je l'ai lu lentement, prenant de longues pauses entre chaque passage, reprenant mon souffle, lisant autre chose entre temps. Parce que ce roman (Minautore) risquait a chaque fois de m'avaler. en trois mots : il est énorme, j'hésite a dire total même si je le pense.

En bref, cela commence par un meurtre, particulièrement atroce, un certain Wahch Debch (littéralement Monstre Brutal) rentre chez lui et trouve sa femme tuée de la plus sordide des manières. Commence alors sa quête pour trouver le meurtrier. 

Voilà pour l'histoire, mais ce qui est époustouflant c'est le traitement de l'histoire, la narration des 2 premiers tiers se fait par le biais d'animaux que le personnage rencontre au gré de ses pérégrinations. Un chien par ci, un oiseau par la, parfois un rat ou une abeille ou encore un chat ou une araignée. La fin est prise en main par un humain, homo sapiens sapiens qui ne semble pas, au final, très diffèrent des autres narrateurs.

Je l'ai trouvé beau ce roman, il est intense, particulièrement violent, hyper-triste et souvent cruel mais il est rempli d'une bonté animale qui transcende l'humain ou qui l'intègre. Car dans tout ça, ce qui m'a le plus frappe c'est le fait que les frontières se brouillent, d'abord les pays, puis les identités, puis les définitions. Nous ne savons plus qui est quoi, est-ce que le meurtrier qui a violé sa femme a travers une plaie pratiquée dans son abdomen est plus ou moins humain que Wahch le lache qui devra réveiller quelque chose d'infiniment violent en lui pour accéder a le rédemption.

Sans oublier le terrible passage sur le massacre de Sabra et Chatila et tout ce que cela représente pour un peuple amnésique qui se fait rattraper par son passe sanglant...

Voilà, il faut lire Anima pour plusieurs raisons. D’abord la plus simple : Wajdi Mouawad est un putain de bon auteur, il manie la (les) langue(s) avec brio, ensuite la dimension profondément violente du roman a une vertu cathartique des plus bienvenues, après Anima on n'a plus vraiment envie de faire la guerre, on en sort vides, presque propres je dirais. Et enfin il est très intéressant, je trouve de tenter de toucher le noyau de ce qui fait de nous ce que nous sommes, des bêtes pensantes, remplies de peur et de ressentiment, capables des pires crimes envers nous-mêmes et les autres mais aussi et surtout capables d'amour, beaucoup d'amour.  Serge Harfouche


Wajdi Mouawad, Anima, Actes Sud Editions, 2012, 352 p.

20:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wajdi mouawad, anima

Les commentaires sont fermés.