Control

Control

Avec : Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara, Joe Anderson, Toby Kebbell, Craig Parkinson

Réalisateur : Anton Corbijn

Studio : Becker Films / Claraflora / EM Media / NorthSee / Three Dogs and a Pony / Warner Music

Année : 2007

Inspiré du livre écrit par Deborah Curtis (Touching from a distance : Ian Curtis & Joy Division), veuve de Ian Curtis, Control relate la vie du défunt chanteur (1956-1980). Le premier film de Anton Corbijn est donc bel et bien un biopic, contrairement à ce qui a été dit dans certaines critiques. Ce film parle de la vie d'une légende qui changea la face de la musique moderne mais qui ne vécut pas assez longtemps (Curtis meurt à l'âge de 24 ans, c'est très jeune...) pour réaliser l'impact laissé par son oeuvre.

Fin années 70, le punk bat son plein. Joy Division naît d'abord sous le nom de Stiff Kittens (mais ne jouera qu'une seule fois sous ce nom). C'est Bernard Summer (guitare, synthé), Peter Hook (guitare, basse) et Terry Mason (batterie) qui décident de fonder le groupe, lors d'un concert des Sex Pistols le 4 juin 1976 à Manchester. Mason deviendra par la suite manager du groupe et plusieurs batteurs se succéderont jusqu'à ce que Stephen Morris prenne définitivement le poste en 1977. C'est lors d'un autre concert des Sex Pistols à Manchester (le 20 juillet 1976) que Ian Curtis intègre la bande. Le groupe opte ensuite pour le nom de Warsaw (Varsovie), référence au titre Warszawa de David Bowie, sorti en 1977 sur son album Low. En décembre 1977, un groupe londonien, Warsaw Pakt, sort son album "Needle Time". De peur qu'il n'y ait confusion avant la sortie de son premier album, An ideal for living (1978), Warsaw change de nom et devient Joy Division. Son premier concert est donné le 25 janvier 1978. Le 27 décembre de cette année, le groupe effectue sa première sortie à Londres (devant 30 personnes, un flop total). Lors du trajet en voiture, Ian Curtis connait sa première crise d'épilepsie. Le 14 février 1979, le groupe passe pour la première fois à la radio.

Cette année-là marque l'apogée de Joy Division. En avril, parait l'album Unknown Pleasures (sur lequel figure le titre She's lost control - référence à la vie de Ian Curtis - qui a inspiré le nom du film). C'est parallèlement à l'apogée en flèche du groupe que se met en place la déchéance de Ian Curtis, déchéance inéxorable d'un être torturé, qui se retrouve pris en étau entre un mariage prématuré qu'il n'arrive à assumer (la naissance de sa fille Natalie le 16 avril 1979 semble l'indifférer) et une affaire extra-conjugale (il rencontre en novembre la journaliste belge Annik Honoré), le tout conjugué à des crises d'épilepsie de plus en plus récurrentes qui vont détériorer sa santé mentale. 1979 est ainsi une année charnière dans la vie de Joy Division. Anton Corbijn a donc fort justement concentré son film sur cette période. Si certaines critiques l'ont boudé - on pense peut-être à la structure narrative du film - il ne faut pas oublier qu'il en est à son premier long-métrage et qu'il est à la base photographe (David Bowie, Iggy Pop, Kraftwerk, Robert de Niro, Pavarotti, Spielberg, Kitano, W. Burroughs...) et réalisateur de clips vidéos (principalement Depeche Mode mais aussi U2, Metallica, Johnny Cash, Nick Cave...). Reconnu pour ses clichés noir et blanc fortement contrastés, on peut voir son empreinte de photographe sur ce film d'une grande beauté visuelle où on remarque également les cadrages impeccables.

Corbijn n'a pas réalisé un biopic classique. Control est avant tout une réflexion sur la carrière tragique et brève - et sur la vie - d'un chanteur qui sera demeuré énigmatique même pour son entourage le plus proche. D'ailleurs, la compléxité du personnage ne rendait pas évident la réalisation d'une biographie. Corbijn avait déja filmé Joy Division à ses débuts (il tourne le clip vidéo de leur titre Atmosphere), ce qui d'une certaine manière justifie qu'il soit le réalisateur d'un film qui traite de ce groupe. Le choix de tourner en noir et blanc est fort judicieux car cela reflète l'atmosphère (désespoir, tristesse) de Joy Division et de l'époque. Peu de biopics parviennent à capturer les moments essentiels qui définissent véritablement le caractère du personnage qu'ils dépeignent. Il faut louer Anton Corbijn pour avoir réussi cette prouesse. Et encenser Sam Riley pour sa bouleversante performance. Rarement un acteur aura incarné l'âme d'une icône avec autant de conviction.

- Un autre (excellent) article sur Control : http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=338&t...



- Caméra d'or - Festival de Cannes 2007.

- Label Europa Cinemas - Festival de Cannes 2007.

- Prix Regards Jeune - Festival de Cannes 2007.

- Meilleur réalisateur, Meilleur film britannique indépendant, Acteur le plusprometteur (Sam Riley), Meilleur acteur dans un second rôle (Toby Kebbell) - British Independent Film Awards 2007.

- 3 nominations - BAFTA Awards 2007.

- Meilleur acteur (Sam Riley) - Bratislava International Film Festival 2007.

- Meilleur acteur (Sam Riley), Meilleur scénario (Matt Greenhalgh) - Chicago International Film Festival 2007.

- Critics Award - Meilleur film - Hamburg Film Festival 2007.

- Mention honorable - Meilleur premier film (Anton Corbijn) - Stockholm Film Festival 2007.

- Meilleur acteur britannique, Meilleur nouveau réalisateur britannique - Edinburgh International Film Festival 2007.

- Most Popular Feature Film - Top Drama - Melbourne International Film Festival 2007.

- Présenté - Festival de Toronto 2007.

- Présenté - Festival de Vancouver 2007.

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Note : 9/10

Control

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