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18/01/2008

Manque

"Le manque engendre le besoin ; le besoin non satisfait engendre le désir ; le désir non satisfait engendre l'amour ; l'amour contrarié  mène à la passion et cette dernière, satisfaite, conduit à l'ennui ; non satisfaite, à la mort."

      Roland Jaccard

20:00 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roland jaccard, manque

22/05/2007

Dictionnaire du parfait cynique

medium_9782843044069.gif"Traités de charlatans ou de prestidigitateurs, les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux.

La forme discontinue dans laquelle ils s'expriment est une forme aristocratique ; elle apparaît en France au XVIème siècle, en même temps que s'essoufflent la théologie et la scolastique. Le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. Sa démarche est aux antipodes de celle du philosophe ; il se méfie de ce qui n'est pas concret ; le concept "homme" l'intéresse moins que les hommes réels, avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes.'' [...]      Roland Jaccard

De Chamfort à Oscar Wild, en passant par Cioran, Jules Renard, Schopenhauer, Shaw (et bien d'autres), des citations aussi drôles que cyniques, mais aussi, instructives!!

Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Zulma, 2007, 159 p.

30/04/2007

Etre humain

"L'être humain se définit volontiers par ce qu'il a ; sans doute par honte de ce qu'il est. Comme si, en habillant sa nudité, il acquiérait une certaine dignité dont il n'est jamais trop assuré."

     Roland Jaccard, La tentation nihiliste.

16:00 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roland jaccard

28/04/2007

La tentation nihiliste

medium_9782130438281.gif"Le nevrosé est à la recherche d'une parcelle d'infini ; le psychotique, lui, a renoncé à cette quête - illusoire, vaine, sordide. La sagesse une fois encore jouxte la folie. Et le fou qui a perdu la raison sera toujours la parodie du sage qui a transcendé l'égo. Pour l'un comme pour l'autre, la vie est un acte sans acteur ; mais si l'un est paranoiaque, l'autre est metanoiaque."

[...] " Si l'on étreint avec une telle violence sa partenaire, c'est faute de pouvoir l'étrangler. Comme l'affirment, non sans panache, les plus cyniques parmi les psychanalistes, l'amour consiste à donner ce que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. Ces prémisses acceptées, ne reste plus aux hommes qu'à se payer le corps des femmes - et aux femmes à se payer la tête des hommes, en ayant toujours à l'esprit qu'"un suicide réussi vaut mieux qu'un coït raté" (Roland Topor)."

"L'autobiographie est un genre qu'on aimerait réserver aux clochards. L'humiliation, ils l'expérimentent jour après jour, de même que l'irréparable désintérêt de l'homme pour ses frères humains. Ecrire quand on n'a pas atteint le degré zéro du dégoût devrait être passible d'une peine de prison. Mais c'est sur une chaise électrique qu'on devrait asseoir tous ceux qui revent de laisser une trace en nous assenant le récit de leurx exploits." [...]

[...] "Humanité oblige, nous ne manquons jamais de motifs pour désirer la mort d'autrui. L'armistice que nous avons conclu avec nos proches est sans cesse révocable ; quant aux autres, n'en parlons même pas : c'est déja bien beau quand nous les supportions. Nous nous flattons d'aimer l'homme, mais nous haïssons notre voisin. Et rien ne nous réconforte autant que les malheurs d'autrui."

"A l'opposé du romantique toujours pénétré du sentiment que le monde est un tissu de sens cachés, de symboles à déchiffrer et d'indicibles mystères, le nihiliste considère que la vie est courte, brutale, insipide. Il se gausse sans pitié de ces cerveaux exaltés en quête de fins dernières, de suppléments d'âme ou, pis encore, de "nouvelles valeurs" et qui n'ont ni le sens du grotesque ni celui du mépris, de la raillerie et de la derision."

Roland Jaccard, La tentation nihiliste, Quadrige n° 126, PUF, 1989, 160 p.