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19/04/2021

WandaVision

ùarvel comics,univers marvel,univers cinématographique marvel,Wandavision,wanda maximoff,vision,scarlet witch,disney,disney+,Marvel Studios,Marvel Entertainment,streaming,avengers,vengeurs,jac schaefferComprendre d'abord la frénésie Disney/Marvel. Créé en 1939, Marvel Entertainment (l'éditeur des Marvel Comics) devient une filiale de la Walt Disney Company en 2009. Conséquence : Marvel Studios (qui appartient à Marvel Entertainment) est rattaché au Walt Disney Motion Pictures Group (tout en préservant sa liberté artistique). Après les productions distribuées par Paramount Pictures (les deux premiers Iron Man, Thor, Captain America: First Avenger, et Avengers) et Universal Studios (The Incredible Hulk, 2008), la suite des films consacrés aux personnages et à l'univers Marvel (Avengers, Gardians of the Galaxy) passe sous distribution Walt Disney Studios hormis le troisième renouveau de Spider-Man (le personnage appartient à Sony Pictures tout comme les X-Men).

univers marvel,univers cinématographique marvel,wandavision,wanda maximoff,vision,scarlet witch,disney,disney+,marvel studios,marvel entertainment,streaming,avengers,vengeurs,jac schaeffer,marvel comicsAfin de concurrencer les autres services de streaming (où Netflix a établi son hégémonie depuis un bon moment déjà), la Walt Disney Company lance le 12 novembre 2019 sa propre plateforme (Disney+) alors qu'Amazon l'a déjà établi en 2016 (Prime Video) et que vont suivre Apple TV+ (2019) et HBO Max (2020). Résultat : Disney va donc pouvoir s'en donner à coeur joie et faire le bonheur des aficionados de l'univers Marvel, en proposant notamment des suites narratives à cette saga terminée il y a deux ans (Captain America et Iron Man ne sont plus). Disney prend donc le relais d'ABC (Agents of S.H.I.E.L.D, Agent Carter, Inhumans) et Netflix (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron First, The Punisher et The Defenders) dont les séries produites l'étaient déjà en partenariat avec Marvel Television (la section TV de Marvel Entertainement), créée par Disney en 2010, intégrée à Marvel Studios en octobre 2019 mais finalement dissoute en décembre 2019. Wandavision n'est que le début. Est déja en cours The Falcon and the Winter Soldier (dernier épisode à paraître dans quelques jours), en attendant Loki (juin 2021), l'uchronie "What if..." (2021) puis She-Hulk et Hawkeye, tous deux prévus pour la fin de l'année.

marvel comics,univers marvel,univers cinématographique marvel,Wandavision,wanda maximoff,vision,scarlet witch,disney,disney+,Marvel Studios,Marvel Entertainment,streaming,avengers,vengeurs,jac schaefferQuant à la mini-série en soit, elle tourne bien entendu autour du couple le plus atypique et célèbre des Vengeurs, soit Scarlet Witch (La sorcière rouge - première apparition dans X-Men n°4, mars 1964) et Vision (Avengers n°57, octobre 1968). Fille de Magneto, Wanda Maximoff est capable de créer des poches d'énergie afin d'altérer la réalité. Créé par Ultron, l'ennemi robotique des Vengeurs, Vision est un synthozoïde (être synthétique au coeur humain) possédant une force et endurance surhumaine. Le joyau sur son front lance des décharges d'énergie solaire et il peut se matérialiser en partie à l'intérieur de quelqu'un, lui infligeant une douleur intense. La série est en fait un mélange entre le style classique des sitcoms et l'univers cinématrographique Marvel, où la gravité va progressivement prendre le dessus sur l'atmosphère insouciante des banlieues cossues américaines. C'est là où sont installés les deux protagonistes (dans la B.D,à Leonia, dans le New Jersey), constatant que dans cet espace idéalisé, les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent être.

marvel comics,univers marvel,univers cinématographique marvel,Wandavision,wanda maximoff,vision,scarlet witch,disney,disney+,Marvel Studios,Marvel Entertainment,streaming,avengers,vengeurs,jac schaefferOriginale et atypique sont les premiers adjectifs qui ressortent pour qualifier WandaVision. Elle est beaucoup de choses à la fois : hommage à la sitcom oldschool et à l'âge d'or de la télévision, dosage réussi entre le drôle et le criseux, navigation entre les époques et bien entendu l'apport en matière d'épaisseur à des personnages qu'on a vu uniquement comme des seconds couteaux au cinéma. Difficile de faire original dans l'univers TV de Marvel. Avec notre coup de coeur Legion (2017-2019), produite par l'excellente FX (et Marvel Television), cette série étonnante est la seule à réussir cette prouesse. J N, M I

WandaVision

(9 épisodes de 29-49 min diffusées du 15 janvier au 9 janvier 2021)

Production : Disney+

Créateur : Jac Schaeffer

Cast : Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Teyonah Parris, Kathryn Hahn, Selena Anduze, David Payton, Josh Stamberg

18/04/2021

Lost in La Mancha

terry gilliam,lost in la manchaLes documentaires constituant un making-off d'un long-métrage ne se comptent pas. Celui-ci - une fois n'est pas coutume - relate le ratage monumental d'une production. L'occasion pour nous de revenir sur Terry Gilliam (1940 - ), un réalisateur que nous apprécions particulièrement mais qui a été considéré en 2009 comme le réalisateur le plus malchanceux du monde du cinéma, suite au décès de Heath Ledger durant le tournage de The Imaginarium of Doctor Parnassus (le "joker" le plus célèbre en était l'acteur principal).

terry gilliam,lost in la manchaC'est qu'entretemps, le réalisateur décalé n'en était pas à son premier déboire. Allégories sombres et dystopiques d'une société en déliquescence, surréalistes et déjantés à souhait, ces films ne sont pas toujours évidents à tourner. En 1987, le tournage de The Adventures of Baron Munchhausen est en dépassement de budget et le film est un échec commercial. Les années 1990 sont par contre une grande réussite, avec The Fisher King (1990, Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise), 12 monkeys (1995, en compétition officielle au Festival de Berlin) et Fear and Loathing in Las Vegas (1998, en compétition officielle au Festival de Cannes). La suite beaucou moins. Alternance vers le grand public, The Brothers Grimm (2002) est un échec critique et commercial (et sa sortie est plusieurs fois retardée), tout comme l'intimiste et glauque Tideland (2005). Après Parnassus, succès critique mais à nouveau échec commercial, Gilliam réalise The Zero Theorem (2013, mention spéciale à Venise), oeuvre de science-fiction mélangeant questionnement métaphysique et dystopie cyberpunk. Le tournage du également être reporté pour que Gilliam puisse se consacrer à la promotion du film précédent et relancer l'initiative Don Quichotte.

the man who killed don quixote,don quichotte,terry gilliam,lost in la mancha,keith fulton,louis pepe,dystopie,zero theorem,the fisher king,the imaginarium of doctor parnassus,heath ledgerC'est justement ce projet qu'aborde le documentaire. Les aventures de Don Quichotte étaient depuis longtemps un sujet cher à Terry Gilliam qui lança le projet en 1999 mais les premiers tournages sont catastrophiques : Jean Rochefort (l'acteur principal) tombe malade (ce qui reporte le tournage à plusieurs reprises), lieu de tournage innaproprié (une base aérienne militaire à proximité notamment), tempête détruisant les décors...etc. C'est sur cette première période de tournage raté (1996-2000), que revient donc ce documentaire qui est diffusé en 2002. Suivront d'autres tentatives qui aboutiront in fine à la réalisation de The Man Who Killed Don Quixote en 2018 (3 prix Goyas "techniques"). Au moment de sa sortie, Lost in La Mancha était donc un documentaire sur un film qui n'a jamais existé, chronique d'un désastre annoncé. Original. J N

Lost in La Mancha (Keith Fulton, Louis Pepe, USA/UK, 2002, 93 min)

the man who killed don quixote,don quichotte,terry gilliam,lost in la mancha,keith fulton,louis pepe,dystopie,zero theorem,the fisher king,the imaginarium of doctor parnassus,heath ledgerFilmographie de Terry Gilliam

- 2018 : The Man who Killed Don Quixote

- 2013 : Zero Theorem

- 2009 : The Imaginarium of Doctor Parnassus

- 2005 : Tideland

- 2005 : The Brothers Grimm

- 1998 : Fear and Loathing in Las Vegas

- 1995 : Twelve Monkeys

- 1991 : The Fisher King

- 1987 : The Adventures of Baron Munchausen

- 1985 : Brazil

- 1981 : Time Bandits

- 1977 : Jabberwocky

- 1975 : Monty Python and the Holy Grail

15/04/2021

Michigan

michigan,grands lacs,etats-unis,drapeau bleu des etats-unis,drapeau du michigan,drapeau michigan,detroit,kathryn bigelow,wapiti,élan,pygargue,pygargue à tête blancheLe 26ème Etat américain à avoir rejoint l'Union (26 janvier 1837) a la particularité d'être presque entièrement entouré par les Grands Lacs qui forment une frontière naturelle avec le Canada, soit le lac Supérieur (nord), le lac Michigan (ouest) et les lacs Huro et Erié (est). Il est également bordé au sud par les Etats de l'Indiana et de l'Ohio (voir carte ci-dessous). Berceau du secteur automomobile américain, le Michigan connait son âge d'or industriel au début du XXème siècle, grâce notamment à Ford (implanté dans la région de Detriot). Il subit de plein fouet la crise économique des années 1980 et est en récession économique régulièrement depuis (la ville de Detroit fait faillite au début des années 2010 et le chomâge est un des plus élevés par Etat américain).

De tradition progressiste (il est le premier - et longtemps le seul - Etat à abolir la peine de mort, en 1846), le Michigan a toutefois également eu ses affaires sordides de ségrégation raciale dont deux célèbres survenues à Detroit : des émeutes en 1943 (34 morts) et la Rébellion de 1967 (ou "émeute de la 12ème rue"), événement durant lequel des policiers blancs terorrisent les clients noirs (3 morts) du motel Algiers (scandale demeuré impuni et porté à l'écran en 2017 par la réalisatrice Kathryn Bigelow).

michigan,grands lacs,etats-unis,drapeau bleu des etats-unis,drapeau du michigan,drapeau michigan,detroit,kathryn bigelow,wapiti,élan,pygargue,pygargue à tête blancheA l'instar des nombreux drapeaux d'Etats des Etats-Unis que nous avons nommés "drapeau bleu des Etats-Unis", celui-ci est fortement chargé au centre mais ne comporte ni la date de l'adhésion à l'Union, généralement placée au dessous du sceau (Wisconsin, Delaware), ni le nom de l'Etat, placé au dessus (Oregon), au dessous (Kansas) ou à l'intérieur du sceau (Kentucky). Les armoiries comprennent au centre un bouclier bleu ciel. On y voit le soleil se lever au-dessus d'une péninsule et d'un lac. L'homme levant une main et tenant dans l'autre un fusil représente la paix (encore les paradoxes américains) et le droit de défendre l'Etat et la nation. Au dessus du bouclier, un pygargue à tête blanche (rapace vivant en Amérique du Nord) symbolise les Etats-Unis (il figure également sur d'autres drapeaux américains, notamment au centre de celui de Pennsylvanie). Le wapiti et l'élan sont les animaux emblématiques du Michigan.

Trois devises en latin apparaissent : 

- Sur le ruban rouge : E Pluribus Unum ("De plusieurs un").

- Sur le bouclier : Tuebor ("Je défendrai").

- Sur le ruban blanc : Si Quaeris Peinsulam Amoenam Circumspice ("Si tu cherches une péninsule plaisante, regarde autour de toi" - devise officielle de l'Etat).

De proportions 2:3, le drapeau fut officiellement adopté le 1er août 1911. J N

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12/04/2021

Les Fantômes du roi Léopold

adam hochschild,les fantômes du roi léopoldIl est évident que nous avions une idée  - en tant qu'historien de formation -  de la "mise en esclavage" effectuée au Congo (l'actuelle République Démocratique du Congo - ou Congo-Kinshasa) à la fin du XIXème siècle par les autorités bélges. Nous n'imaginions pas, par contre, l'ampleur de cette colonisation hyper repressive dont l'unique objectif était bien évidemment l'enrichissement personnel du roi belge de l'époque, Léopold II (1835-1909), désirant rehauser le statut de puissance de la Belgique à un moment où les autres puissances européennes (notamment britanniques et françaises) faisaient la course à la colonisation de l'Afrique.

Dans ce qui deviendra un best-seller, l'historien, écrivain et reporter américain Adam Hochschild (1942 -  ) décortique les crimes coloniaux commis par la Belgique au Congo, c'est-à-dire la réduction en esclavage (accompagnée de mutilations, sévices en tous genres et exécutions sommaires) d'une large population assignée à exploiter les ressources naturelles, notamment le caoutchouc dont l'expédition à Bruxelles servira à renforcer la puissance économique de la Belgique. Cette politique systématique se met en place dans le territoire actuel de la RDC, annexé à titre personnel par Léopold II et devenant l'"Etat indépendant du Congo" (1885-1908).

En parallèle de ce tableau dressant les horreurs infligées aux autochtones, Hochschild raconte l'histoire de ces (anti)héros qui brisèrent le silence et osèrent dénoncer cette colonisation acceptée en Occident au nom de l'exportation de la civilisation : missionnaires, écrivains, avocats, diplomates dont l'action courageuse entraînera le premier mouvement international de défense des droits de l'homme, prémisse de la fondation de futures associations luttant pour les droits de l'homme.

Vu le statut de l'ouvrage (traduit en plusieurs langues), celui-ci a fort logiquement été examiné par de nombreux historiens et académiciens, certains pointant des raccourcis fallacieux et d'autres des erreurs factuelles. Le principal point de discorde concerne le nombre de morts et il est reproché à l'auteur des approximations démographiques. C'est la question la plus problématique car avancer tel ou tel chiffre mène obligatoirement - lorsqu'il y a massacre d'une population spécifique - à aborder les questions de nettoyage ethnique, crime contre l'humanité et génocide. Dans ce sens, certains reprochent à Hochshild qui avance le chiffre de 10 millions de morts un "tour de passe-passe statistique". C'est le principal bémol de l'ouvrage car il impossible d'estimer le nombre de personnes massacrées vu que l'estimation de la population totale du Congo à l'époque ne met personne d'accord. Quant aux morts, les chiffres avancés vont - selon les auteurs des recherches - de 3 millions à 30 millions.

Pour sa part, Hochshild n'hésite pas à parler de génocide, affirmant qu'il "acquit la conviction que le nombre de morts ayant décimé le Congo au siècle dernier était comparable à celui de l'Holocauste" (p. 17). La comparaison est dangereuse et un peu rapide pour la raison déjà évoquée (l'impossibilité de chiffrer la population de l'époque et le nombre de morts) mais également en ce qui concerne la nature du génocide. Celui-ci est défini comme "un crime consistant en l'élimination concrète intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique, ou encore religieux, en tant que tel". Il faut donc prouver qu'il y avait une intention politique (mais également un système planifié et appliqué de manière systémique) d'éradiquer une population. Or, il semblerait que cette politique léopoldienne - toute effroyable qu'elle fut et à juste titre condamnable - avait pour objectif l'enrichissement et son corrolaire la répression. Dans cette optique, l'historienne britannique Barbara Emerson affirme : "Léopold n'a pas fait un génocide. Il était avant tout avide de richesse".

L'utilisation abusive du terme 'génocide' doit expliquer que le premier sous-titre français de l'ouvrage (l'édition de 1998), "Un holocauste oublié", ait été modifié en 2007 en une déclaration moins "radicale" ("La terreur coloniale").

Il n'en reste pas moins que génocide ou pas, l'ouvrage jette une lueur crue et lucide sur les atrocités commises par les colonisateurs belges (et autres) en Afrique, au nom de valeurs civilisationnelles, inspirées des Lumières... A lire absolument. J N

Adam Hochshild, Les Fantômes du roi Léopold. La terreur coloniale dans l'Etat du Congo 1884-1908, Paris, Editions Tallandier, Texto, 2019 (2007), 618 p. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Claude Elsen et Frank Straschitz.

10/04/2021

Wu-Tang: An American Saga

hulu,hip-hop,wu-tang,wu-tang clan,bobby diggs,rza,robert diggs,new york,épidémie de crack,wu-tang: an american sagaFallait bien une fiction sur notre groupe de Hip Hop préféré, le Wu Tang Clan, considéré par le site About.com comme "le meilleur groupe de hip-hop de tous les temps" ou par le magazine musical britannique New Musical Express (NME) comme le groupe musical "le plus influent de ces dix dernières années".  Créé à New York en 1992, le groupe comprendra jusqu'à 10 membres (Ol' Dirty Bastard décèdera en 2004), tous originaires de Brooklyn et Staten Island. A l'origine de la formation de ce collectif, un homme (qui en deviendra également le producteur), Robert Diggs aka RZA. C'est lui qui choisira le nom du groupe, s'inspirant d'un film d'arts martiaux hongkongais de 1983 (Shaolin vs Wu Tang).

En pleine épidémie de crack à New York, "Bobby" Digs, DJ à ses heures, aspire à un avenir meilleur. Persévérant et visionnaire, il se bat sans relache afin de faire son trou dans le milieu difficile du hip hop newyorkais et va réussir à réunir une bande de lascars partagés entre la musique et le crime, et mettre en orbite la plus improbable "success story" musicale de tous les temps. Sans clichés, fan-service et autres ficelles narratives, le récit sur fond de constat social afro-américain désolant raconte lucidement la sortie du fond du sac de bonhommes voués à demeurer dans la misère socio-économique. Créateur de la déroutante The Handmaid's Tale, Hulu affectionne les drames sociaux (A Teacher, Mrs America, High Fidelity). Celui-ci en est un. Nous attendons avec impatience une saison 2 annoncée depuis janvier 2020. J N

Wu-Tang: An American Saga

(Saison 1 diffusée en sept-oct 2019)

Production : Hulu

Créateurs : RZA, Alex Tse

Cast : Ashton Sanders, Shameik Moore, Siddiq Saunderson, Julian Elijah Martinez, Marcus Callender, Erika Alexander, Zolee Griggs.

07/04/2021

After Truth

After Truth.jpgOu "après la vérité". Un documentaire sur les fake news vu il y a quelques mois et paru sur HBO en mars 2020. Nous avons l'habitude, dans notre enseignement de la spécialité en Première (Histoire-Géographie-Géopolitique-Science Politique) d'accompagner notre propos d'une affiche de film ou documentaire (vu bien entendu). Le chapitre "L'information à l'heure d'Internet" (Thème 4 - S'informer : un regard critique sur les sources et modes de communication) est très propice à cette pratique vu qu'il aborde dans sa section sur internet la question des lanceurs d'alerte, thème devenu à la mode à Hollywood, et le problème de la généralisation sur le web du complotisme et des fake news.

Abordant ce troisème thème, nous disions que "l'absence de contrôle et la rapidité de diffusion des informations sur les réseaux sociaux sont propices à la généralisation des fake news (information manipulée ou créée de toutes pièces, généralement avec un objectif de nuisance). Elles portent très généralement sur des sujets polémiques (politique, finance, immigration, guerre, terrorisme), touchent des millions d’internautes et sèment parfois le doute dans l’opinion publique. Tout individu maîtrisant les réseaux sociaux peut être à l’origine de fausses informations. Certains Etats en diffusent également à des fins propagandistes. La capacité des fausses nouvelles à induire en erreur entraîne une perception erronée de la vérité et, conséquemment, des jugements erronés relativement à des événements, actions et situations". L'adjonction de l'affiche du film avait pour but de faire le lien avec le paragraphe suivant : 

"Face à la multiplication de fausses informations et à l’heure de la « post-vérité », des outils de décodage ont fait leur apparition. Le fact checking (procédure qui consiste à vérifier la fiabilité d’une information) s’est généralisé à partir d’initiatives journalistiques".

fake news,complotisme,médias,post-vérité,after truth,HBOL'idée était de faire comprendre que nous sommes actuellement dans ce phénomène sociopolitique de "post-vérité", définie dans le manuel scolaire de manière simplifiée comme une "situation dans laquelle il est donné plus d'importance aux émotions et aux opinions qu'à la réalité des faits". Apparu selon certaines sources au début des années 2000 et selon d'autres dès 1992, ce néologisme désigne "une culture politique au sein de laquelle les leaders politiques orientent les débats vers l'émotion en usant abondamment d'éléments de langage et en ignorant (ou en faisant mine d'ignorer) les faits et la nécessité d'y soumettre leur argumentation, ceci à des fins électorales".

fake news,complotisme,médias,post-vérité,after truth,HBOLe problème aujourd'hui est que cette tendance ("être dans la post-vérité") touche un large éventail de personnes alors que les réseaux sociaux (la partie de la leçon sur internet concerne précisément ces réseaux sociaux) encourage cela en raison de leur large dimension émotionnelle en ce qui concerne la diffusion d'informations (un post est souvent accompagné d'un émoji...). Bref, on espère que cette leçon aura fait réflechir nos élèves. Il est certain par ailleurs qu'il est impératif de lutter contre ce phénomène mais à l'heure où le lien social est affaibli un peu partout et sachant que les humains dans leur majorité n'ont jamais été performants en matière de discernement et de recul, la tendance ne devrait pas faiblir. Quant au documentaire, centré sur ce qu'il se passe aux Etats-Unis, il examine certaines théories du complot locales et des affaires célèbres de fake news (comme le Pizzagate), rappelant (propos de notre leçon également) que fake news et complotisme ne sont pas récents mais sont considérablement amplifiés par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.  J N

After Truth: Disinformation and the Cost of Fake News (Andrew Rossi, USA, 2020, 95 min)

06/04/2021

Sot

download.jpg"Le sot a un grand avantage sur l'homme d'esprit : il est toujours content de lui-même"

      Napoléon 1er (1769-1821)

05/04/2021

Alita

alita,robert rodriguezC'est un article envoyé par R. qui nous a fait découvrir cette adaptation d'un manga. Comme souvent, on en découvre sur le tard en dépit du fait qu'on soit de grands aficionados des manga/anime. L'article (et il y en a une floppée dans ce genre évidemment) listait les meilleures adaptations en live-action film (ici, un mélange entre prises de vues réelles et animation 3D) de mangas. L'article en question n'en citait que 5 (pour une liste exhaustive, consulter la liste de Sens Critique) dont celui-ci que nous nous sommes empressés d'aller regarder.

Il s'agit de l'adaptation du langa culte Gunnm, déjà adapté en film animé en sous le même nom en 1993 (Hiroshi Fukutomi). Oeuvre dystopique, le récit se situe en 2563, 300 ans après que la Terre ait connu une catastrophe appelée "l'effondrement", suite à une guerre contre Mars, et plus précisément dans la ville d'Iron City, haut lieu de la criminalité en tout genre. Elle sert de décharge géante à la ville céleste de Zalem (1), le graal que tout le monde voudrait rejoindre. C'est dans la décharge d'objets métalliques que le docteur Dyson Ido (Daisuke Ido dans l'oeuvre originale) trouve un cyborg quasiment détruit. Le ramenant à la vie, il le nomme Alita, du nom de sa fille défunte (Gally dans le manga). Elle est amnésique mais se découvre rapidement une force surhumaine et veut en savoir plus sur son origine. C'est là où elle rencontre Hugo - un revendeur de pièces biomécaniques - et surtout le malfaisant Vector, maître du jeu ultrapopulaire et non moins violent, le Motorball.

On a pu lire que l'accueil du film a été mitigé et c'est un peu normal vu l'histoire un peu fourre-tout. On regrettera la dimension un peu trop manichéenne des personnages mais aussi le côté bien-pensant made in USA. Comme souvent dans les adaptations américaines de manga, les effets visuels l'emportent largement sur un scénario conventionnel et ô combien de fois déjà vu (Ghost in the Shell en 2017 en est le parfait exemple). On retiendra par contre et surtout une fable de science-fiction réussie, l'idée de lutte perpetuelle entre la mécanique agressive et dévastatrice de cette jeune fille attendrissante et son esprit humaniste et altruiste. Au-delà du blockbuster (que nous n'apprécions guère), nous estimons qu'Alita: Battle Angel est un film de post-cyber punk plutôt réussi malgré ses défauts.  J N

Alita: Battle Angel (Robert Rodriguez, 2019, 122 min)

Cast : Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Conne

- Meilleurs effets visuels - Satellite Awards 2019

- Meilleure performance animée (Rosa Salazar) - Hollywood Critics Association 2020

- Meilleurs effets visuels - Hawaii Film Critics Society 2020

- Meilleurs effets viseuls - Florida Film Critics Circle Awards 2019

 

(1) Thématique qu'on retrouve déjà dans l'oeuvre culte de Kurt Vonnegut, Le pianiste déchaîné (1952), où après une Troisième Guerre mondiale, l'humanité n'en mène pas large. La cité post-industrielle d'Ilium est divisée en deux parties distinctes par un fleuve. D'une part, la caste supérieure (fonctionnaires, administrateurs et ingénieurs) et d'autre part la populace travaillant dans les Corps de Reconstruction et de Récupération.