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14/11/2016

Doctor Strange

mads mikkelsen,chiwetel ejiofor,marvel,doctor strange,dormammu,benedict cumberbatch,tilda swinton,rachel mcadamsAprès les loosers Ant-Man (2015) et Deadpool (2016), Marvel renoue ici avec un super-héros millionnaire. Car c'est ce qu'était Stephen Strange, neurochirurgien brillant, avant de ne plus pouvoir exercer son métier suite à un grave accident de voiture. Afin de retrouver l'usage de ses mains, il entreprend un voyage au Tibet où il rencontre l'Ancien. Celui-ci (ou celle-ci, méconnaissable Tilda Swinton) l'initie aux pouvoirs mystiques et lui apprend que le danger Dormammu guette. On est tenté de dire que le scénario habituel (nos super-héros contre une entité désirant détruire le monde) est devenu franchement redondant. Mais comment le faire lorsqu'on sait que le bien contre le mal est la pierre angulaire de tout l'univers B.D de Marvel ? A la différence du dernier opus en date, soit X-Men contre les ambitions dévastatrices d'Apocalypse, la direction d'acteurs est excellente, notamment le principal intéressé - Benedict Cumberbatch - dans une version plus nerveuse que Sherlock Holmes. On retiendra essentiellement un bon dosage entre humour et gravité et un spectacle visuel époustouflant qui n'est pas sans rappeler Inception de Christopher Nolan. Ca n'en fait pas un Marvel novateur mais tout de même un Marvel au dessus de la moyenne, solide et divertissant. J. N, N. A

Doctor Strange (Scott Derrickson, USA, 2016, 115 min)

Cast : Benedict Cumberbatch, Rachel McAdams, Tilda Swinton, Chiwetel Ejiofor, Mads Mikkelsen, Benedict Wong, Michael Stuhlbarg.

25/05/2016

X-Men : Apocalypse

james macavoy,jennifer lawrence,nicolas hoult,oscar isaac,rose byrne,evan peters,sophie turner,olivia munn,x-men : apocalypse,x-men,marvel,hugh jackman,michael fassbenderC'est bien connu, dans les trilogies à trois volets (1), le troisième épisode fait souvent moins bien que les deux précédents, ou du moins que le second (la trilogie Batman de Christopher Nolan en a fait les frais). X-Men: Apocalypse ne fait pas exception à la règle. La raison est simple : après un X-Men First Class encourageant (2011) et un X-Men : Days of Future Past (2013) brillant de par son scénario très sombre et la densification de l'intrigue (on jongle entre les années 1960 et le futur proche), il était difficile de placer haut la barre.

Pire, cette aventure placée dans les années 1980 (en pleine Guerre fraîche) se limite à un scénario ultra-classique, soit sauver la planète des velléités de destruction d'un méchant, comme dans Avengers 2 récemment. Né il y a 5000 ans en Egypte ancienne, Apocalypse est l'un des plus anciens mutants connus. Laissé pour mort, il est recueilli par un chef de bandits qui l'a baptisé En Sabah Nur ("le Premier"),  et lui a enseigné sa philosophie, lui affirmant que sa mission était de conquérir le monde. Il parcourt le monde durant des milliers d'années, dressant les nations les unes contre les autres, et les asservissant. Au XXIème siècle, sa mission reste intacte. Sur son chemin : le professeur Xavier et ses surdoués.

La suite on la connaît. Monde au bord du précipice (à coups de destructions spectaculaires) avant que le dénouement ne soit heureux. Au milieu de tout ça, nous aurons même droit à une incompréhensible apparition éphémère d'un Wolverine au bout du rouleau (sans doute un cadeau pour Hugh Jackman recordman des apparitions en tant que tel et annoncé sur le départ). Par ailleurs, l'apparition de nouveaux super-héros (Archangel, Cyclope, Diablo, Psylocke) ne sauve pas la mise, loin de là. Bref, avec ce volet décevant, blockbuster classique, la franchise refait du surplace. J. N.

X-Men : Apocalypse (Bryan Singer, 2016, USA, 145 min)

Cast : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Nicolas Hoult, Oscar Isaac, rose Byrne, Evan Peters, Sophie Turner, Josh Helman, Hugh Jackman, Olivia Munn.

 

(1) Nous considérons ici que les trois derniers X-Men (2011, 2013, 2016) constituent une trilogie en soi en raison de l'écart temporel avec les trois précédents (2000, 2003, 2006). Il ne s'agit toutefois pas de reboot.

29/02/2016

Oscars 2016

download.jpgDiCaprio (enfin) consacré

La performance était tellement époustouflante que l'acteur californien partait grand favori. Après 3 nominations pour la catégorie, celui qui se fit connaître par le grand public via cette horreur que fut Titanic (1998), après avoir été révélé par Basketball Diaries (1995) remporte l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation d'un trappeur en quête de vengeance.

Sa période "minet" sera marquée par des films moyens ou franchement mauvais (Total Eclipse, 1995 ; Romeo + Juliet et Marvin's Room, 1996 ; The man in the iron mask, 1998 ; The Beach, 2000), avant qu'elle ne prenne une tout autre trajectoire durant la décennie 2000. Cette période marque justement les débuts de sa collaboration fructueuse avec Martin Scorsese dont il deviendra l'acteur fétiche, prenant le relais de Robert de Niro.

images (1).jpgA partir de l'éprouvant Gangs of New York (2002), il enchaîne les rôles de personnage torturé dont le plus abouti est celui de flic infiltré dans le nerveux The Departed (2006). Les grands réalisateurs se l'arrachent également : Spielberg (Catch me if you can, 2002), Ridley Scott (Body of Lies, 2008) et Sam Mendes (Revolutionnary Road, 2008). Retrouvant Scorsese pour le schizophrénique Shutter Island (2010), on le retrouve ensuite dans l'étonnant Inception (2010) de Christopher Nolan, chez Clint Eastwood (J. Edgar, 2011) et même chez Tarantino (Django Unchained, 2012). Rien que ça. Sa consécration, à 41 ans, est l'aboutissement logique d'une carrière arrivée à maturité.  J. N.

 

Palmarès de la 88ème cérémonie des Oscars, tenue le dimanche 28 février 2016 à Hollywood :

 

Meilleur film : Spotlight (ensemble des producteurs).

Meilleur réalisateur : Alejandro Gonzalez Innaritu (The Revenant).

Meilleur acteur : Leonardo Dicaprio (The Revenant).

Meilleur acteur dans un second rôle : Mark Rylance (Bridge of spies).

Meilleure actrice : Brie Larson (Room).

Meilleure actrice dans un second rôle : Alicia Vikander (The Danish girl).

Meilleur scénario original : Spotlight (Josh Singer, Tom McCarthy).

Meilleure photographie : The Revenant (Emmanuel Lubezki)

Meilleur scénario adapté : The Big Short (Charles Randolph, Adam McKay).

Meilleure montage : Mad Max: Fury.

Meilleur montage sonore : Mad Max: Fury.

Meilleur mixage de son : Mad Max: Fury.

Meilleur film étranger : Saul Fia (Laszlo Nemes / Hongrie).

Meilleurs effets visuels : Ex Machina.

Meilleure musique originale : Ennio Morricone (The Hateful eight).

Meilleur chanson : Writing's on the Wall (Spectre 007).

Meilleur documentaire : Amy (Asif Kapadia).

Meilleurs costumes : Mad Max: Fury.

Meilleurs maquillages : Mad Max: Fury.

Meilleurs décors : Mad Max: Fury.

23/02/2016

Deadpool

MV5BMjQyODg5Njc4N15BMl5BanBnXkFtZTgwMzExMjE3NzE@._V1_UY268_CR1,0,182,268_AL_.jpgUn film de super-héros marvel qui nous change du classique habituel, on attendait ça depuis un bail. Point de romantisme gnangnan (Spider-Man en est l'archétype parfait) ou de discours grandiloquents (Thor dans Avengers 2 nous a littéralement fait pleurer) mais des scènes de combat bien démonstratives et des dialogues cul (très) crus. Ajoutez à cela des références cinématographiques exquises (qui ne sont pas sans rappeler celles du fameux Sawyer dans la série Lost) et vous aurez une idée de l'univers de Deadpool, l'un des personnages les plus atypiques de Marvel.

images (1).jpgComplexe à l'instar de Punisher ou Wolverine, le "mi-héros mi-vilain" est sentimental, vulgaire, blagueur, violent, grossier, excentrique... C'est beaucoup de choses qui font cet écorché vif. Apprenant qu'il souffre d'un cancer en phase terminale, Wade Wilson autorise les scientifiques de l'organisation secrète canadienne Weapon X (créatrice de Wolverine) à l'utiliser pour reproduire le pouvoir de guérison de Logan. L'intervention est un succès mais utilisé en fait comme cobaye, Wilson est laissé pour mort. Parvenant à s'évader, il n'a plus qu'un objectif : se venger de ses anciens tortionnaires.

images.jpgIl est très rare qu'une production respecte à ce point l'univers graphique du personnage en question. Pour son premier long-métrage, Tim Miller réussit l'exploit de briser les codes du genre. Tout aussi trépidant (mais lorgnant plutôt sur l'autodérision), Ant-man fut également une réussite il y a un peu moins d'un an. En attendant les prochains opus dédiés à des personnages (Doctor Strange, novembre 2016 ; Gambit, 2017), force est de constater qu'il règne actuellement un vent de fraîcheur à Marvel Studios.

Deadpool (Tim Miller, 2016, USA, 118 min)

Cast : Ryan Reynolds, Ed Skrein, Brianna Hildebrand, Stefan Kapicic, Morena Baccarin.

02/05/2015

Avengers: Age of Ultron

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... et on recommence. Iron Man, Thor, Captain America, Hawkeye, et Black Widow (les mêmes qu'en 2012) reprennent donc le boulot. On notera au passage que le personnage de Hawkeye (Jeremy Renner), largement sous-exploité lors du premier acte, fait cette fois-ci jeu égal avec ses coéquipiers. War Machine (Don Cheadle), vu dans la saga Iron Man, reste égal à lui-même tandis que Falcon (Anthony Mackie), qui se joint à Captain America dans Captain America: The Winter Soldier (2013), fait une apparition rapide mais qui annonce la future constitution des Nouveaux Vengeurs dont il n'a d'ailleurs jamais fait partie dans les comics (2). En effet, en partenariat au départ avec Captain America, "il a accepté de rejoindre les Vengeurs mais bien vite, il a eu l'impression que les plus puissants héros de la Terre ne l'avaient choisi que pour remplir leur quota de super-héros noirs, et il a démissionné" (3).

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Trois nouveaux caractères font leur première apparition, ou presque. Quicksilver (Vif-Argent) est déjà actif dans X-Men: Days of Future Past (2013), dans les années 60. Par la suite, lui et sa sœur jumelle Wanda Maximoff (aka Scarlet Witch ; La sorcière rouge) rejoindront la Confrérie des mauvais mutants, en lutte contre les X-Men et dirigée par Magneto, qui n'est autre que leur père (mais ils ne le savent pas). Se retirant de la Confrérie et rejoignant les "bons", ils intégreront à leur tour les Vengeurs. Voilà donc un exemple de personnages à cheval sur plusieurs organisations de super-héros. Le problème ici est que X-Men est produit par 20th Century Fox et Avengers par Marvel Studios. Deux acteurs ont donc incarné Quicksilver. Evan Peters (X-Men) et Aaron Taylor-Johnson. Ce dernier meurt dans le film mais pas dans la bd. Cela s'explique probablement par le fait que le personnage de Quicksilver continuera à être exploité dans la saga des X-Men. Quant à Scarlet Witch (Elizabeth Olsen), elle deviendra par la suite un élément incontournable des Vengeurs, pour le meilleur comme pour le pire... Esquissée dans le film, sa romance avec le cyborg Vision (Paul Bettany) débouchera sur un mariage.

Last but not least, dans le film, les pouvoirs des Maximoff sont obtenus par manipulation scientifique alors que dans les comics, ils sont génétiques. La raison est que c'est 20th Century Fox qui détient les droits de la "mutanité". Etrange... Tous les autres super-héros du film n'ont, en effet, pas de pouvoirs réels. Ceux du Faucon ont été supprimés.

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Si le ton est légèrement plus grandiloquent que dans le premier acte et le style désormais récurrent, on retiendra quand même qu' Avengers: Age of Ultron est un sacré feu d'artifice. Divertissante et spectaculaire, la sage est toujours aussi efficace. Avec tous ces nouveaux personnages ainsi que les nouveaux vus dans X-Men: Days of Future Past, l'univers Marvel a encore de très beaux jours devant lui. Pour les fans, la fête se poursuit en 2015. Après l'excellente série Daredevil, sortie le 10 avril dernier (4), Ant-Man sortira en juin et Fantastic Four (reboot du précédent) en août. Deadpool entrera en scène dès février 2016. Captain Amrica: Civil War (mai 2016) nous en dira plus sur le futur des Vengeurs. Enfin, X-Men: Apocalypse sortira également en mai 2016. Avec plusieurs milliers de super-héros et super-vilains, Marvel a de quoi faire pour les siècles prochains.  J. N.

 

 Avengers: Age of Ultron (Joss Whedon, USA, 2015, 141 min)

Cast : Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, James Spader, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Don Cheadle, Samuel L. Jackson, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Anthony Mackie.

 

(1) Voir notre très long article sur Avengers dans la note suivante : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2012/07/12/the-avengers.html 

(2) Fondés en novembre 2004 (The New Avengers n° 1), les New Avengers comprenaient au départ Captain America, Iron Man, The Sentry, Dr Strange et Spider-Woman. 

(3) Cf. L'Encyclopédie Marvel, Semic, Marvel, 2007, p. 98.

(4) Produite par Netflix (House of Cards, Orange is the New Black).

27/11/2014

Radio Free Albemuth

Radio_Free_Albemuth_FilmPoster.jpeg.jpegUn film qui ne devait pas voir le jour, comme le livre dont il est adapté

 

Réalisée en 2010, cette adaptation d'un des romans phares de Philip K. Dick ne fut disponible que cette année-là. Le matériau d'origine avait également peiné pour voir le jour. Preuve encore une fois de la complexité d'une oeuvre quasiment inadaptable sur grand écran.

 

dick 16.jpgMaître incontesté de la science-fiction subversive, précurseur du cyberpunk, inventeur des mondes parallèles et premier à questionner la réalité et sa perception, Philip K. Dick devait à la base écrire une suite à son roman Flow My Tears, the Policeman Said ("Coulez mes larmes, dit le policier"), dans lequel il racontait l'histoire de Jason Taverner et sa descente aux enfers dans un monde parallèle où l'Amérique est une dictature (paru en 1974, le livre remporte le Prix John Wood Campbell Memorial).

dick 2.jpgChangement de titre

Cette suite, intitulée Valisystem A, fut réalisée en douze jours (accro à de nombreuses substances dont le speed, Dick "écrivait vite") mais après une longue reflexion de quatre ans (1). Mais l'oeuvre ne fut pas acceptée par l'éditeur de Dick. Plutôt que de le retravailler, ce dernier préféra l'offrir à son ami Tim Powers (également auteur de SF).

En 1985, soit après la mort de Philip K. Dick, Tim Powers et Paul Williams (fondateur de la Philip K. Dick Society et exécuteur testamentaire de Dick) récupérèrent le manuscrit et permirent sa publication après avoir modifié le titre. Valisystem A devenait Radio Free Albemuth

En effet, délaissant Valisystem A, Dick avait rédigé VALIS, premier volet d'une autre de ses oeuvres phares, LA TRILOGIE DIVINE, dans laquelle il développait les mêmes thématiques. Et VALIS (SIVA en français) est l'acronyme de Vast Active Living Intelligence System. The Divine Invasion (1981) et The Transmigration of Timothy Archer (1982) prendront la suite de Siva (1980).

200px-Radio_free_albemuth.jpgContre un monde totalitaire

Dick poursuit donc dans Radio Free Albemuth sa reflexion centrée autour de la crainte de l'émergence d'un Etat américain policier, id est totalitaire. Alors que l'Amérique est dirigée d'une main de fer par Ferris F. Fremont (qui renvoie à l'ancien président US Richard Nixon), Phil Dick (l'autobiographie décalée est bel et bien présente) s'inquiète pour son ami Nicholas Brady qui dans son sommeil reçoit des message subliminaux d'une entité extraterrestre lui enjoignant de se rebeller contre le système...

A noter que le personnage de Fremont pourrait également renvoyer au sénateur américain Joseph McCarthy (1908-1957), et sa fameuse "chasse aux sorcières" (Maccarthysme, terreur rouge), période correspondant au climax de la lutte idéologique entre les Etats-Unis et l'URSS et durant laquelle tout le monde aux Etats-Unis est suspect potentiel de collusion avec "l'ennemi communiste".

Plaidoyer antitotalitaire, confusion entre le réel et l'irréel, délires mystiques, paranoïa portée au paroxysme... Tout est réuni ici pour faire de ce récit une oeuvre abondante, extrêmement complexe et impossible à catégoriser. Radio Free Albemuth est "l'ultime jeu de miroirs qui interdit à tout commentateur honnête de prétendre distinguer une image claire dans l'ensemble de cette oeuvre tout entière consacrée à la description des simulacres (...) " (2).

téléchargement.jpgL'adaptation en soi 

Présenté au Sedona Film Festival en février 2010, Radio Free Albemuth ne fut distribué que tardivement en dvd. Cela est dû au fait que le film n'a pas bien été reçu par les critiques (22% de critiques positives sur le site Rotten Tomatoes ; 33% chez Metacritic). L'achat des droits de distribution s'est donc fait (longtemps) attendre. Film indépendant, Radio Free Albemuth est également à petit budget. Peinant à restituer avec conviction l'univers dystopique de Philip K. Dick (mais qui en serait véritablement capable ?), il souffre également d'une direction d'acteurs assez pauvre. On cite bien entendu les deux principaux protagonistes et habitués des séries TV, Jonathan Scarfe et Shea Whigham. Ce dernier, brillant chez HBO (Boardwalk Empire, True Detective), peine à voir en Philip K. Dick même si la ressemblance physique est frappante. 

Au final, Radio Free Albemuth est fort logiquement une nouvelle adaptation ratée de Philip K. Dick, venant s'ajouter à 12 autres (dont la plupart sont également des flops). Reste à voir ce que donnera l'adaptation en série de The Man in the High Castle (actuellement en tournage et produite par Amazon), autre oeuvre phare, lauréate en 1963 du Prix Hugo.

Enfin, pour de plus amples informations sur le long-métrage Radio Free Albemuth, il conviendra de consulter le blog qui lui dédié : http://radiofreealbemuth.com/blog/ 

J. N

 

Radio Free Albemuth (John Alan Simon, 2010, USA, 111 min).

Cast : Shea Whigham, Jonathan Scarfe, Katheryn Winnick, Alanis Morissette, Hanna Hall.

 

(1) Cf. la préface d'Emmanuel Jouanne dans Radio Libre Albemuth (Gallimard, Folio Science-Fiction, 2005), p. 10.

(2) Ibid, p. 11.

28/05/2014

X-Men: Days of Future Past

MV5BMTA2MDU0MjUxNDNeQTJeQWpwZ15BbWU4MDEwOTAwNTAx._V1_SX214_AL_.jpgAprès un premier volet fort prometteur (X-Men: First Class, 2011), nous attendions la suite avec impatience et n'avons pas été déçu. Auteur d'une première sage décevante (les deux premiers opus, en 2000 et 2003), Bryan Singer, lui-même au reboot après que Matthew Vaughn se soit chargé du premier jet, a rectifié le tir et concocté le meilleur X-Men. Cette nouvelle saga a déjà fait oublier la précédente. Pour faire simple, c'est la première fois que le dosage entre noirceur (très profonde cette fois-ci) et divertissement constitue une réussite totale. L'autre prouesse est d'avoir réussi à combiner intelligemment les différentes temporalités, puisque dans ce deuxième opus, Wolverine est envoyé dans le passé pour altérer le futur, c'est-à-dire empêcher d'une part le docteur Bolivar Trask de mettre sur pied son programme de Sentinelles, ces super-robots effrayants et capables de détecter les gênes mutants, et d'autre part, empêcher Mystique d'assassiner celui-ci, le résultat étant identique quant à l'avenir des mutants et du reste de l'humanité.

téléchargement.jpgScènes d'action virtuoses et touches d'humour (sans tomber dans l'excessif) viennent compléter le tout. Quant aux aficionados de l'univers bd, ils seront ravis de retrouver de nouveaux super-héros. Aux classiques Wolverine, Mystique, Magneto, Storm, Iceman et Beast, nous retrouvons Quicksilver, campé par Evan Peters (le psychopate dans la série American Horror Story), Colossus, Blink (personnage modifié), Sunspot, Warpath, Bishop (Omar Sy!), Havok, Toad... Rien que ça et pour du pur bonheur, sans oublier la présence de Peter Dinklage, le complexe Tyrion Lannister de Game of Thrones. Nous attendons donc la suite de ce récit intelligent et ambitieux. X-Men: Apocalypse est prévu pour le printemps 2016.  J. N.

 

images.jpgX-Men: Days of Future Past (Bryan Singer, USA, 2015, 132 min).   Avec James McAvoy, Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, Ian McKellen, Patrick Stewartn Michael Fassbender, Halle Berry, Nicholas Hoult, Ellen Page, Peter Dinklage, Omar Sy, Shawn Ashmore, Evan Peters, Josh Helman, Daniel Cudmore, Adan Canto, Booboo Stewart, Bingbing Fan.

16/02/2014

American Hustle

david o. russell,christian bale,jennifer lawrence,amy adams,bradley cooper,jeremy renner,michael pena,jack hustonOn prend les mêmes et on recommence. Spécialiste es nominations aux Oscars, David O. Russell revient seulement un an après Silver Linings Playbook pour une nouvelle comédie décalée et rempile avec ses acteurs fétiches, soit les paires Bradley Cooper/Jennifer Lawrence (tous deux présents dans le précédent opus) et Christian Bale/Amy Adams (présents dans Fighter (2010) (1)). Ce quatuor impérial va se retrouver au centre d'une des plus grandes arnaques survenues aux Etats-Unis, l'affaire Abscam (dont s'inspire l'histoire). Dans la même lignée mais plus sobre que le délirant Wolf of Wall Street de Martin Scorsese, ce film de débauche fonctionne grâce à un mélange réussi entre sérieux et comique, et un récit éclaté, en dépit d'un manque de rythme récurrent. Avec ses personnages hauts en couleurs (nous sommes dans les seventies), campés par d'immenses acteurs, et une mise en scène irréprochable, O'Russell a en fait concocté un "film à oscars" (10 nominations). Il cumule d'ailleurs 25 nominations sur ces trois derniers opus et a réussi ici la prouesse (record) de faire nommer deux fois de suite ses acteurs dans chaque catégorie d'interprétation. Reste à savoir si Christian Bale (méconnaissable mais brillant de bout en bout) remportera l'oscar du meilleur acteur. Choix douloureux car il sera difficile de trancher entre lui, Matthew MacConaughey (Dallas Buyers Club (2)), et Leonardo DiCaprio (The Wolf of Wall Street). Jihad Naoufal

 

American Hustle (David O. Russell, USA, 2013, 138 min)

Avec Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jeremy Renner, Jennifer Lawrence, Jack Huston, Robert De Niro, Saïd Taghmaoui.

- 10 nominations - Oscars 2014 *

- Meilleur film (comédie ou musical) - Golden Globes 2014

- Meilleur acteur (Christian Bale) - Golden Globes 2014

- Meilleure actrice (Amy Adams) - Golden Globes 2014

- Meilleure actrice dans un second rôle (Jennifer Lawrence) - Golden Globes 2014

-Production de l'année (Judy Becker) - Hollywood Film Festival 2013

 

* Cérémonie le 2 mars prochain.

(1) Voir notre commentaire sur ce film : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2011/02/14/the.html

(2) Voir notre commentaire sur ce film : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2014/01/31/dallas-buyers-club-5286363.html

15/02/2014

Dallas Buyers Club

dallas buyers club,matthew mcconaughey,sida,jared leto,jennifer garner,jean-marc vallée,denis o'hare,steve zahnPériode faste pour McConaughey. Le natif du Texas, acteur confirmé depuis longtemps (1), enchaîne les rôles depuis deux ans et tout azimut : films intimistes ou d'envergure, personnages contrastés... L'acteur prouve qu'il n'est plus désormais cantonné à un seul registre. Il faut dire que son physique de séducteur en faisait un rôle-type pour les comédies, romantiques (The Wedding Planner, 2001; How to loose a guy in 10 days, 2003 ; Failure to Launch, 2006 ; Ghosts of Girlfriends Past, 2009) ou pas (Ed TV, 1999 ; Tropic Thunder, 2008 ; Bernie, 2011). Entretemps, il aura tout de même tourné pour des grands réalisateurs (notamment Steven Spielberg) et campé un avocat à trois reprises. C'est justement depuis The Lincoln Lawyer (2011) qu'il décide de jouer des personnages plus complexes. 2012 marque l'apogée de sa carrière. Il campe un psychopathe dans le dérangeant Killer Joe de William Friedkin, un gigolo chez Steven Soderbergh (Magic Mike), un écorché de la vie dans Mud, un homosexuel dans Paperboy, et fait même une apparition courte mais remarquée dans le dernier Scorsese. Il tourne même pour la télé, étant à l'affiche de la nouvelle série noire de HBO, True Detective. Fin 2014, il tournera dans Intersellar de Christopher Nolan (Memento, Batman, Inception).

Dans Dallas Buyers Club, il est Ron Woodrof, un homme de rodéo, à la vie dissolue, qui découvre qu'il est atteint du virus du sida (McConaughey dû perdre 22 kilos pour ce rôle). Découvrant les failles du système de santé américain, il part en guerre contre celui-ci (en l’occurrence, la FDA), afin de rendre à tous les séropositifs et à lui-même une dignité que le système capitaliste américain ne veut pas leur accorder. Le film est une biographie classique, racontant de manière linéaire et sans fioritures (absence total de romantisme) le combat d'un homme qui aura fait avancer la cause des malades atteints du sida. Sa force réside dans la dimension humaniste du récit, et surtout dans la performance fracassante des deux principaux protagonistes, McConaughey mais aussi Jared Leto (qui se fait de plus en plus rare) dans le rôle d'un transexuel (2). Quant au premier cité, il vient de remporter le Golden Globe du meilleur acteur (3) et pourrait remporter en mars l'Oscar pour la même catégorie (4). On l'espère pour lui en tout cas. Jihad Naoufal

 

Dallas Buyers Club (Jean-Marc Vallée, USA, 2013, 117 min)

Avec Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner, Denis O'hare, Steve Zahn

 

- 6 nominations - Oscars 2014 *

- Meilleur acteur (Matthew McConaughey) pour un drame - Golden Globe 2014

- Meilleur acteur dans un second rôle (Jared Leto) pour un drame - Golden Globe 2014

-  Meilleur acteur (Matthew McConaughey) - Golden Camera (All) 2014

Meilleur acteur (Matthew McConaughey) - Gotham Awards 2014

Meilleur acteur (Matthew McConaughey) - Hollywood Film Festival 2013

Meilleur acteur dans un second rôle (Jared Leto) - Hollywood Film Festival 2013

Meilleur acteur dans un second rôle (Jared Leto) - New York Film Critics Circle Awards 2014

.....................

 

* Cérémonie le 2 mars 2014

(1) A time to Kill (1996) le fait connaître du grand public.

(2) Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle.

(3) Voir les récompenses des Golden Globe dans notre blog : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/12/14/temp-6355212a825f719ac0fa3ded19e0ac71-5246593.html

(4) Il sera en balance avec Leonardo DiCaprio (The Wolf of Wall Street), Christian Bale (American Hustle), Bruce Dern (Nebraska), et Chiwetel Ejiofor (12 years of Slave).

04/02/2014

Hommage à Philip Seymour Hoffman

Philip_Seymour_Hoffman_2011.jpgL'acteur américain est décédé dimanche 2 février à l'âge de 46 ans dans son appartement de Manhattan. D'après la police locale, la mort aurait été causée par une overdose d'héroïne (1). Après James Gandolfini (juin 2013) et Paul Walker (novembre 2013), Hollywood perd tragiquement un troisième acteur en moins d'un an.

Issu du monde du théâtre (il est diplômé de la Tish School of the Arts de l'Université de New-York), il tourne dans quelques films indépendants et est remarqué pour la première fois dans Scent of a woman (Martin Brest, 1992). Souvent cantonné aux rôles de seconds couteaux, il se fait à nouveau remarquer dans le culte Boogie Nights (1996) de Paul Thomas Anderson qui en fera son acteur fétiche. Hoffman apparaîtra dans cinq des six films réalisés par l'un des cinéastes les plus talentueux de la nouvelle vague américaine, et remportera en 2012 le prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise pour son rôle dans The Master (2), où il incarnait un leader charismatique, sorte de clin d'oeil à l'apogée du scientologue Ron Hubbard. Entretemps, l'année 2005 avait déjà constitué un tournant dans sa carrière. Il remporte l'ocar du meilleur acteur (et également un Golden Globe dans la même catégorie) pour son interprétation de l'écrivain Truman Capote dans Capote de Bennett Miller.

téléchargement.jpgLa force de l'acteur fut de ne jamais se cantonner à un seul registre, capable de jouer les obsédés sexuels (Happiness, 1998 ; Magnolia, 1999), un looser (25th Hour, 2002), un curé (Doubt, 2008) (3), une éminence grise (The Ides of March, 2011)... Son eclectisme lui vaudra d'ailleurs de tourner aussi dans des films indépendants que de cotoyer les grands réalisateurs comme Sidney Lumet (Before the devils knows you're dead, 2007) (4), et d'apparaître dans des grosses productions. Dans Mission Impossible III (2006), il incarnera avec conviction l'ennemi juré de l'agent Ethan Hunt. Nous l'aurions bien vu d'ailleurs interpréter le rôle tant convoité du mauvais dans un James Bond. Il est apparu tout récemment dans A most wanted man d'Anton Corbijn et nous le verrons en novembre prochain dans le premier volet de la troisième partie de Hunger Games (The Hunger Games: Mockingjay - Part 1). La suite par contre, tournée en ce moment-même, se fera sans lui. Hollywood vient de perdre un très grand acteur. J. N

 

(1) http://nypost.com/2014/02/02/philip-seymour-hoffman-found-dead-in-his-apartment/

(2) Voir notre commentaire : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/01/06/the-master.html

(3) Voir notre commentaire : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2009/02/24/doubt.html

(4) Voir notre commentaire : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2007/10/07/07h58.html

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