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14/07/2018

La démondialisation

mondialisation,démondialisation,jacques sapir,économie,libre-échangeÉconomiste français de renommée internationale, Jacques Sapir décortique ici le fonctionnement de la mondialisation économique - processus irréversible depuis la fin de la guerre froide (ou ce qu'on appelle la troisième mondialisation), en s'attardant plus spécifiquement sur la mondialisation marchande et la mondialisation financière. Si la démondialisation est dans son acception large un concept mettant en avant une autre forme de mondialisation économique (à l'instar du mouvement altermondialiste) et stigmatisant les effets néfastes du libre-échange et de la dérégulation des finances, les définitions diffèrent toutefois. Pour Jacques Sapir, il s'agit de mettre en place une protection commerciale ou du protectionnisme, se traduisant par un retour aux barrières douanières, ce qui permettrait d'atténuer la concurrence au niveau mondial, celle-ci ne profitant qu'aux pays les plus riches. Si l'analyse est très technique, elle n'en demeure pas moins accessible à un large public. Les défenseurs ardents de la mondialisation ont clamé à cors et à cris que celle-ci profiterait à l'ensemble de la planète; il n'en a rien été en fait. Démontrant cela, cet ouvrage indispensable nous permet de comprendre les abérrations des théories néolibérales et du libre-échange.

Jacques Sapir, La démondialisation, Paris, Seuil, 2011, 272 p.

11/07/2018

Ubik

41JsuE65Z2L._SX303_BO1,204,203,200_.jpg"Ubik est un vertige contagieux. On lit Ubik, et on devient bizarre. Le réel se dissout, l'imaginaire se répand partout, le monde se fait cosa mentale, c'est éprouvant et c'est ineffaçable. [...] Il serait pâlot de préciser que c'est un chef-d'oeuvre."

Evelyne Pieiller, Le Magazine littéraire

S'il faut lire un seul roman de Philip K. Dick (que nous avons lu à la plage), c'est bien celui-là... Sans doute, tout a été déjà dit... Dick y dépeint une société en dépérissement accéléré, victime de son ultra-consumérisme et dominée par une technologie omniprésente. Paranoïa permanente, bataille entre télépathes, mondes parallèles, réalité vs illusion, dose de mysticisme... Tous les thèmes chers à l'auteur se retrouvent dans ce roman cultissime. En 2005, le magazine américain Time le classait parmi les 100 romans les mieux écrits en anglais depuis 1923. Complexe, prenant (voire absorbant), déroutant, c'est un roman dont on ne sort indemne, si on s'intéresse à cette SF très personnelle. Le critique de Time, Lev Grossman a affirmé à propos du livre que c'est "une histoire d'horreur existentielle profondément troublante, un cauchemar dont vous ne serez jamais sûr de vous être réveillé".

Philip K. Dick, Ubik, Paris, 10/18, 2014, 285 p.

(publié pour la première fois en 1969)

25/06/2018

Les pantins cosmiques

51IJC7ZZjHL._SX306_BO1,204,203,200_.jpgEn vacances avec sa femme, Ted Barton se rend à Millgate, la petite ville où il a grandi jusqu'à l'âge de 9 ans. Stupeur quand ils se rendent sur les lieux. Tout a changé : noms des commerces et des rues, emplacement des bâtiments...etc. Le pire pour Ted est que personne ne se souvient de son existence à Millgate. Laissant sa femme dans un hôtel d'une ville voisine, il tente de percer le mystère de Millgate à l'aide de William Christopher, un riverain âgé et qui comme Ted semble se souvenir de l'ancienne Millgate...

CosmicPuppets(1stEd).jpgPublié pour la première fois en 1957 par Ace books (la plus ancienne maison d'édition de Science-fiction et Fantasy, fondée en 1952), ce roman correspond à la première période d'écriture de Philip K. Dick et par conséquent "ne restera pas dans les annales". En effet, le récit court, linéaire et finalement peu prenant, se lit très vite et ressemble plus à un essai. On comprend d'après l'histoire (où l'épilogue n'a, bien entendu, aucune importance) que le récit préfigure le thème (réalité / illusion ; mondes parallèles) qui fera la notoriété de celui qui ne vécut pas assez longtemps pour réaliser à quel point son oeuvre est considérée cultissime.  J. N

Philip K. Dick, Les pantins cosmiques, Paris, J'ai Lu, 2013 (1984), 188 p.

Paru pour la première fois en 1957 sous le titre original The Cosmic Puppets.

23/05/2018

Introduction à Antonio Gramsci

antonio gramsci,introduction à antonio gramsci"Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans"

Michele Isgro, procureur fasciste, lors de la condamnation de Gramsci, le 4 juin 1928.

Fondateur en 1921 du Parti communiste italien, Antonio Gramsci (1891-1937) n'a pas produit de théorie propre mais ses réflexions (écrites en code durant ses années passées en prison) ont été des sources d'influence (encore d'actualité) pour la théorie politique et économique, pour la philosophique et inspirèrent de même l'approche néo-marxiste des relations internationales.

On lui doit notamment le concept d'"hégémonie culturelle". Gramsci s'était posé une question essentielle : pourquoi n'y-a-t-il pas de révolution communiste en Europe occidentale (comme en Russie) ? Ce fait signifie qu'il y a un défaut dans l'analyse marxiste et pour répondre à cela, Gramsci utilise le concept d'"hégémonie culturelle". Sa conception de la puissance est inspirée de celle de Machiavel : un mélange de coercition et de consentement. Pour comprendre comment l'ordre traditionnel (capitaliste) s'est maintenu, les penseurs marxistes se sont exclusivement concentrés sur les capacités et pratiques coercitives de l'Etat (décrit par Engels comme une machine d'oppression d'une classe par une autre). Ce serait donc la peur de la coercition qui a maintenu les classes exploitées dans une situation d'oppression et qui les a empêchés de se révolter.

Selon Gramsci, la coercition a certes joué un rôle mais le consentement également. Celui-ci est créé et recréé par l'hégémonie de la couche sociale dominante. C'est cette hégémonie qui permet aux valeurs des classes dominantes de se répandre et se greffer au sein des couches sociales dominées. Cela se fait à travers les institutions de la société civile (médias, Eglise...etc.).

Gramsci utilisa le terme "bloc historique" pour décrire les relations réciproques et se renforçant mutuellement, entre la sphère socio-économique (base) et les pratiques politique et culturelle (superstructure) qui forment ensemble un ordre. C'est l'interaction entre les relations économiques et la politique et les idées qui est importante.

En prison - où il décèdera - Gramsci avait écrit en code. Ses écrits sont donc fragmentaires et sujets à différentes interprétations. C'est ainsi qu'il est bien de le lire directement (lire par exemple "Guerre de mouvement et guerre de position - Textes choisis et présentés par Ramzig Keucheyan - La Fabrique, 2011) mais de lire également cet ouvrage où les deux auteurs nous expliquent en 5 chapitres (de manière très claire et accessible) les concepts-clé que cet auteur culte a développés. Un ouvrage précieux. J. N

George Hoare, Nathan Sperber, Introduction à Antonio Gramsci, Paris, La Découverte, Repères, 2013, 125 p.

15/05/2018

Je suis vivant et vous êtes morts

je suis vivant et vous êtes morts,emmanuel carrère,philip k. dick"L'écriture d'Emmanuel Carrère est extraordinairement hypnotique tout en paraissant simple. Il possède cet art de rendre intéressant, vital, symbolique chaque destin qu'il décide de raconter."       Le Figaro

Nous avons finalement attendu de lire 25 romans (et nombreuses nouvelles) de Philip K. Dick, notre auteur fétiche, avant de s'attaquer à cette biographie de l'auteur décédé en 1984 réalisée par Emmanuel Carrère. Ce dernier dont nous apprécions énormément le style d'écriture - que nous avons découvert dans Limonov - mêle intimement biographie romancée de la vie de Philip K. Dick (Carrère réussit intelligemment à découper la vie de Philip K. Dick en périodes spécifiques) et l'oeuvre de ce dernier, commentée abondamment. Parmi les œuvres abordées, citons celles-ci : Ubik, Le maître du haut château, Le dieu venu du Centaure, Au bout du labyrinthe, Substance mort, Glissement de temps sur Mars, Les clans de la lune alphane (rien que ça). Un tour de force brillamment réussi. J. N, N. A.

Emmanuel Carrère, Je suis vivant et vous êtes morts, Eidtions du Seuil, Points, 2015 (1993), 411 p.

05/05/2018

De la résistance à la guerre civile en Grèce

de la résistance à la guerre civile en grèce. 1941-1946,joëlle fontaine,grèce,communisme,seconde guerre mondialeDiplômée de Sciences Po, agrégée, et spécialiste de la Résistance grecque (Seconde guerre mondiale), Joëlle Fontaine, fait bien de retracer les jalonnements politiques survenues en Grèce durant la période 1941-1946, période méconnue du grand public. Elle y explique comment la Résistance grecque (1), l'une des plus actives et efficaces de l'Europe occupée par les nazis, fut systématiquement court-circuitée par les Anglais (on ne percevra plus jamais Winston Churchill de la même manière) en pleine résistance à l'occupant allemand, avant d'être définitivement massacrée vers la fin de la guerre par ces mêmes Anglais travaillant main dans la main avec les collaborateurs.

Cette période, racontée de manière on ne peut plus claire et s'appuyant sur une documentation très solide, est le prélude de la guerre civile qui dura du 12 février 1946 au 16 octobre 1949 et qui opposa le Parti communiste de Grèce (appuyé par l'URSS et la Yougoslavie) au Royaume de Grèce (2), soutenu fort logiquement par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, désireux coûte que coûte d'éradiquer la "menace communiste" dans un contexte de début de Guerre froide et du bipolarité du monde (3).

Comprendre l'état politique et économique de la Grèce d'aujourd'hui mais également la période de la dictature des colonels (1967-1974) passe nécessairement par appréhender cette période critique qui annonce que la Grèce sera maintenue "dans le statut de pays dominé qui est le sien depuis sa création, avec la complicité de ses gouvernements successifs" (p. 360). Un ouvrage précieux.

Extraits  

"On ne peut comprendre ce qu'est la Grèce actuelle en ignorant toutes ces années de guerre et de dictature qui ont laissé des traces profondes. Elles expliquent en partie le maintien jusqu'à aujourd'hui d'une armée surdimensionnée par rapport à ce petit pays. Elles ont retardé la modernisation des structures économiques et sociales qui s'est faite dans la plupart des pays européens après la guerre. Elles ont au contraire permis le maintien en place d'élites parasites, complices de la domination des grandes puissances, entretenant la corruption et le clientélisme à l'origine du gonflement de la fonction publique. [...]

La tutelle financière et politique actuellement imposée à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, le scandale déclenché en novembre 2011 par la timide tentative du premier ministre grec pour consulter le peuple et "l'invitation" humiliante à y renoncer qui s'en est suivie - tout cela rappelle que la Grèce ne dispose que d'une souveraineté très limitée, comme elle en a fait maintes fois la douloureuse expérience au cours de son histoire." 

J. N

 

Joëlle Fontaine, De la résistance à la guerre civile en Grèce. 1941-1946, Paris, La Fabrique, 2012, 373 p.

 

(1) Le Front de libération nationale (ELAM) et sa branche armée, l'Armée populaire de libération nationale grecque (ELAS) constituaient le principal mouvement de résistance à l'occupation nazie. Ils étaient contrôlés par le Parti communiste de Grèce (KKE).

(2) La Grèce fut politiquement un Royaume durant trois périodes : 1832-1924, 1935-1941 et 1944-1973. Le retour en Grèce du roi Georges II en septembre 1946 est assuré par les Anglais.

(3) C'est le 5 mars 1946 que Winston Churchill popularise l'expression "rideau de fer", désignant une Europe divisée en deux blocs politiques et idéologiques antagonistes.

04/04/2018

Le syndrome de Vichy

vichy,le syndrome de vichy,henry rousso,résistancialisme,négationnisme,régime de vichy,france,collaboration,pétain,mémoire,historienS’il est un ouvrage traitant des mémoires de la Seconde guerre mondiale en France (thème enseigné au lycée en classe de Terminale), c’est bien celui-ci. Inventeur des néologismes négationinisme et résistancialisme, Henry Rousso, spécialiste de la Seconde guerre mondiale et directeur de recherche au CNRS, retrace minutieusement l’histoire de la mémoire d’une époque troublée, celle s’étalant de 1940 à 1944 et marquée par l’occupation allemande et le régime de Vichy. Quatre années que certains voudraient voir rayées de l’histoire de France. A lire absolument pour qui veut comprendre avec précision et objectivité les mémoires plurielles et contradictoires d’une période qui n’a pas finis de faire débat.  J. N

Extraits

« La mémoire est un vécu, en perpétuelle évolution, tandis que l’histoire – celle des historiens – est une reconstruction savante et abstraite, plus encline à délimiter un savoir constitutif et durable. La mémoire est plurielle en ce sens qu’elle émane des groupes sociaux, partis, Eglises, communautés régionales, linguistiques ou autres. De ce point de vue, la mémoire dite « collective » est à première vue une chimère, car somme imparfaite de mémoires éclatées et hétérogènes. L’histoire en revanche a une vocation plus universelle, sinon plus œcuménique. Malgré les conflits, elle est une propédeutique de la citoyenneté. La mémoire, parfois, est du registre du sacré, de la foi ; l’histoire est critique et laïque. La première est sujette au refoulement, tandis que, toujours a priori, rien n’est étranger au territoire de l’historien ».

[…]

« Les Français semblent refouler cette guerre civile, aidés en cela par l’établissement d’un mythe dominant : le résistancialisme. Le terme, forgé à la libération par les adversaires de l’épuration, a ici une autre acception. Il désigne un processus qui a cherché : primo la marginalisation de ce que fut la régime de Vichy et la minoration systématique de son emprise sur la société française, y compris dans ses aspects les plus négatifs ; secundo, la construction d’un objet de mémoire, la « Résistance », dépassant de très loin la somme algébrique des minorités agissantes que furent les résistants, objet qui se célèbre et s’incarne dans des lieux et surtout au sein de groupes idéologiques, tels les gaullistes et les communistes ; tertio, l’assimilation de cette « Résistance » à l’ensemble de la nation, caractéristique notamment du résistancialisme gaullien ».

[…]

« Le résistancialisme gaullien » […] se définit moins comme une glorification de la Résistance (et certainement pas des résistants), que comme la célébration d’un peuple en résistance que symbolise l’homme du 18 juin, sans l’intermédiaire ni des partis, ni des mouvements, ni d’autres figures de la clandestinité. [Cette vision] tente de se superposer à la réalité autrement plus complexe et composite de l’Occupation. »

 

Henry Rousso, Le syndrome de Vichy. De 1944 à nos jours, Editions du Seuil, Points, 2016 (1990), 417 p.

Publié pour la première fois en 1987.

01/04/2018

Limonov

41IHoHynnEL._SX300_BO1,204,203,200_.jpgC'est un personnage complexe, fascinant et polymorphe dont l'écrivain et réalisateur français Emmanuel Carrère dresse une biographie romancée. Truand à Kharkov (Ukraine), poète à Moscou, SDF puis domestique d'un milliardaire à New York (années 1970), écrivain et journaliste à Paris (années 1980), dissident puis prisonnier politique en ex-URSS, Limonov fonde en Russie le Parti national-bolchevique (1993), à l'heure où les idéologies politiques se cherchent un nouveau souffle (l'URSS n'est plus et la guerre froide est terminée) et viennent même à se mélanger. On parle à cette époque d'alliance "rouge-brun". En 2012, Edouard Limonov, personnage haut en couleurs, tente même - en vain - de se présenter à l'élection présidentielle russe de 2012.

Auparavant, il est en Bosnie-Herzégovine lors de la guerre civile (1992-1995). Les images vidéo le montrent discutant avec Radovan Karadzic (dont les troupes serbes font le siège de Sarajevo) puis tirant une rafale de kalachnikov en direction de la ville-martyr qui subit plus de trois mois de siège militaire. Après cet épisode, l'écrivain sulfureux n'est plus édité en France et tombe dans l'oubli. C'est justement le livre de Carrère - lauréat du Prix Renaudot en 2011 - qui refait parler de Limonov, le réhabilitant relativement (certains de ces romans sont réédités en France).

Au-delà d'un récit sur la trajectoire trouble d'un personnage hors du commun, détestable et attachant à la fois, ce roman est beaucoup de choses. D'après Emmanuel Carrère, la vie de Limonov "symbolise bien les rebondissements de la seconde partie du XXème siècle". En effet, hormis un essai sur la Russie du XXème siècle, le récit fournit des clés de compréhension sur le basculement du monde sociopolitique à la fin du XXème siècle. Nous avons été littéralement transportés par cette histoire passionnante de bout en bout et fort instructive.  J. N, N. A.

Emmanuel Carrère, Limonov, FOLIO, 2013 (édité pour la première fois en 2011), 489 p.

10/01/2018

Tout sur Mein Kampf

téléchargement.jpgLorsque la "bible des nazis", ouvrage écrit par Adolf Hitler, le plus grand criminel de tous les temps, tombait le 1er janvier 2016 dans le domaine public, une polémique éclatait en France en ce qui concerne l'impact de cette décision. Entre les "pour" et "contre" une diffusion gratuite et donc largement accessible, Claude Quétel (historien, directeur de recherche au CNRS et ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen) a préféré dépasser ce débat (qui à notre sens n'a pas lieu d'être) et proposer une réflexion en 10 questions (voir ci-dessous) sur la genèse et l'influence du discours haineux d'Hitler, permettant au lecteur de saisir ce qu'il représente essentiellement. Bien lui en a pris. Dans un style limpide (comme l'affirme d'ailleurs la quatrième de couverture) qui n'enlève rien au côté rigoureux et académique, il permet aussi bien aux spécialistes qu'aux néophytes de bien comprendre toutes les dimensions d'un livre bien trop fantasmé et souvent pris pour ce qu'il n'est pas. A lire absolument pour ceux qui veulent comprendre à la fois le contexte sociopolitique de l'époque, le parcours ante-IIIème Reich de Hitler et ce que "vaut" véritablement ce livre abject.  J. N

Claude Quétel, Tout sur Mein Kampf, Paris, Perrin, 2017, 278 p.

 

1. Qui était Hitler avant Mein Kampf ?

2. Comment Mein Kampf est-il né ?

3. Que dit Mein Kampf ?

4. Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIe Reich ?

5. Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ?

6. Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ?

7. La France a-t-elle ignoré Mein Kampf ?

8. Quels autres pays ont publié Mein Kampf ?

9. Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ?

10. Qu'est devenu Mein Kampf jusqu'à nos jours ?

06/01/2018

Dans la dèche au Royaume enchanté

téléchargement.jpgDans un monde futuriste, la société Bitchum a créé une technique rendant les humains virutellement immortels grâce à un système de sauvegarde régulière du cerveau (comme pour un disque dur) greffé ensuite sur la personne défunte. Alors que tout le monde est connecté par son esprit à un réseau central (sorte de matrice), le système monétaire n'existe plus, remplacé par un système de réputation et de popularité... L'histoire débute avec Julius qui travaille à Disney World et qui se fait assassiner. Ses soupçons se portent immédiatement sur Debra, une concurrente.

Considéré par le magazine Forbes comme une des personnalités les plus influentes du web, le blogueur Cory Doctorow (qui milite également pour des lois moins contraignantes concernant les droits d'auteur sur internet (1)) propose pour son premier roman un croisement entre polar, reflexion sur les réseaux sociaux et leur impact sur la société (2), et cyberpunk, où l'immersion de l'humanité dans un gigantesque système électronique (3) n'est pas sans rappeler des oeuvres comme Le passeur (1993) de Lois Lowry, Neuromancien (1980) de William Gibson, Ubik (1969) de Philip K. Dick ou encore Simulacron 3 (1964) de Daniel F. Galouye. Plus un tour de force qu'un chef-d'oeuvre, ce roman croise donc et subtilement plusieurs tendances de la science-fiction moderne couplées au roman noir, et a valu à son auteur le prix Locus du meilleur premier roman. Stimulante, l'oeuvre - assez courte - se lit d'une traite. J. N

Cory Doctorow, Dans la dèche au Royaume Enchanté, Folio SF, 2008, 230 p.

Paru pour la première fois en 2003 sous le titre original Down and Out in the Magic Kingdom.

- Prix Locus du meilleur premier roman - 2003

- Nomination au Prix Nebula - 2004

 

(1) Son roman est téléchargeable gratuitement.

(2) On peut considérer que le thème est avant-gardiste vu la date de parution du roman (2003).

(3) ou ce qu'un internaute a appelé dans son commentaire sur Amazon "une "pannexion" de l'humanité dans un internet ubiquitaire".