Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/09/2006

Après Sarajevo

medium_18668074.jpgRares sont les films qui traitent de l'après-guerre. Si le cinéma regorge de très bons films qui portent une refléxion sur la guerre elle-même (Vietnam, seconde guerre mondiale, Balkans...), on ne trouve pas par contre de nombreux long-métrages qui oeuvrent avec acuité à traiter ce thème compliqué. Si on remonte dans le temps, on se souvient de l'excellent Allemagne année zéro (1947) de Roberto Rossellini.

Grbavica ou "Sarajevo, mon amour" (titre français du film), s'attache donc à dépeindre une société en convalescence et en lente reconstruction psychologique (après la guerre de Bosnie, 1990-1996), à travers la relation d'une mère (Esma) et de sa fille (Sara). Comme la plupart de ses camarades, Sara n'a pas de père, mort au combat ("shahid"). Ce constat rappelle tragiquement que la société bosniaque a perdu beaucoup de ses hommes durant la guerre, le massacre de Srebrenica en 1996 a fait entre 8000 et 12000 victimes (hommes, enfants et vieillards), ce qui est considéré comme le plus grand massacre depuis le second conflit mondial.   La mère de Sara travaille dur pour subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa fille : couture le jour, serveuse la nuit dans une discothèque, pension versée par une association caritative... Dans le Sarajevo d'après-guerre, difficile de sourire lorsque la crise économique sévit, l'hiver est rude... Les visages sont aigris, la solidarité n'est pas de mise et les rapports humains sont très loin d'être amicaux... Sans entrer dans le mélodrame, le récit est poignant et nous porte à refléchir : n'importe qui peut se retrouver dans ce type de situation.

Pour son premier long-métrage, Jasmilla Zbanic a obtenu la récompense suprême au Festival de Venise 2006 : le Lion d'or.

GRBAVICA  (Jasmilla Zbanic, Bosnie, 2006, 90 mins).   Avec Mirjana Karanovic (Esma), Luna Mijovic (Sara), Leon Pucev (Pelda), Kenan Catic (Samir), Jasna Ornela Berry (Sabina).

Les commentaires sont fermés.