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18/05/2014

Espagne : l'Atletico champion!

ee124783c1af2737fc31d936655eaf7247175931.jpgL'exploit est assez rare pour ne pas être mentionné. L'Atletico de Madrid vient de remporter la Liga espagnole, au nez et à la barbe du FC Barcelone et du Real Madrid. Les deux cadors aux budgets astronomiques se partageaient les lauriers depuis 2004...

 

1f0d16e0-d941-11e3-904d-23d99af158b8_000_DV1723151.jpgUne finale Barca - Atletico

Pour notre plus grand bonheur, la Liga ne s'est pas jouée cette saison entre le FC Barcelone et le Real Madrid. Et nous attendions cela depuis 2004 et la victoire finale d'un FC Valence, coiffant sur la fin de saison un Real Madrid en déliquescence. Depuis, les deux machines à gagner s'étaient partagées 9 titres de champion d'Espagne (6 pour le Barca, 3 pour le Real). Cette saison, les Colchonneros ont ébranlé la hiérarchie. La patte de Diego Simeone n'y est pas étrangère. Le coach argentin a su insuffler à cette équipe un esprit de combativité et une rigueur tactique et défensive époustouflants, conjugués à des individualités solides. En renouveau depuis l'arrivée de Simeone (une Ligue Europa en 2012, une Coupe d'Espagne en 2013), Diego Costa et compagnie ont atteint le Graal cette année : remporter la Liga, exploit d'autant plus retentissant que le papier, l'Atletico présentait un effectif bien moins pléthorique que celui des deux autres équipes mentionnées.

Hasard du calendrier, la dernière journée de Liga présentait une affiche Barcelone - Atletico en guise de finale (cela n'est arrivé que deux fois, en 1946 et en 1952...) puisque 3 points séparaient les madrilènes (89 points) du Barca (86). Une victoire des Catalans était donc nécessaire pour être sacrés. En effet, en Espagne, lorsque deux équipes possèdent le même nombre de points, le classement se joue à la différence de buts particulière, c'est-à-dire au niveau de la confrontation entre les deux équipes. Or, le match aller s'était soldé par un 0-0. Et même si cela se jouait à la simple différence de buts, le Barca aurait fini devant son adversaire (+67 contre + 51).

atletico-2.jpgDans un stade plein à craquer (97.000 spectateurs), les choses ont mal débuté pour l'Atletico. Si son double rideau défensif lui permettait de contenir son adversaire, il perdait coup sur coup Diego Costa (17e, cuisse) et Arda Turan (22e, hanche), blessés, soit le buteur maison (27 buts en 35 matchs), et le dynamiseur du côté droit de l'attaque. Forts de leur domination, les Catalans trouvaient la faille grâce à une action limpide. Une ouverture lumineuse de Fabregas permettait à Messi de remiser de la poitrine pour Alex Sanchez qui marquait un but venu d'ailleurs (missile dans un angle impossible, 34e). Sans véritable solution, ayant perdu deux pointes de vitesse devant, l'Atletico retournait au vestiaire la tête au fond du trou. Mais il semble que le discours à la mi-temps du magicien Simeone ait galvanisé ses troupes. De retour des vestiaires, l'Atletico s'en remettait comme souvent cette saison à son point fort : les coups de pieds arrêtés. Sur un corner du capitaine Gabi, le défenseur uruguayen Godin Leal, profitant d'un marquage laxiste, envoyait au fond des filets une tête croisée imparable (49e). Sur ses 11 derniers buts, l'Atletico venait d'en marquer 6 sur corner... Il suffisait dès lors de bien défendre et de tenir le choc, ce que les madrilènes savent brillamment faire cette saison (meilleure défense avec seulement 26 buts encaissés en 38 matchs). Finalement, le Barca y a cru pendant 15 minutes. L'Atletico y a cru jusqu'au bout...

Barcelone : Pinto - Dani Alves, Piqué, Mascherano, Adriano - Fabregas (Xavi, 77e), Busquets (Song, 57e), Iniesta (cap.) - Alexis Sanchez, Messi, Pedro (Neymar, 62e).

Atletico Madrid : Courtois - Juanfran, Godin Leal, Miranda, Luis Filipe - Arda Turan (Raul Garcia, 22e), Gabi (cap.), Tiago, Koke - Diego Costa (Adrian Lopez, 17e) (Sosa, 72e)), David Villa.

 

1239278-26747983-640-360.jpgSimeone, 17 ans plus tard

Milieu défensif rugueux et provocateur (lors de la coupe du monde 1998, il fit expulser David Backham), un des meilleurs que l'Argentine ait connu (106 sélections, 11 buts), Diego Simeone avait déjà évolué en tant que joueur de l'Atletico, entre 1994 et 1997 puis entre 2002 et 2004. Titulaire indiscutable dans l'entre-jeu, il fut l'un des grands artisans du dernier sacre, obtenu en 1996 (37 matchs, 12 buts). Comme Didier Deschamps avec Marseille (capitaine champion en 1993, entraîneur champion en 2010), Simeone ramène le titre pour l'Atletico 17 ans plus tard. La belle histoire.

Remportant également la Coupe d'Espagne en 1996, il fait ensuite les beaux jours de l'Inter Milan (Coupe de l'UEFA en 1998), et surtout ceux de la Lazio Rome (supercoupe de l'UEFA, 1999 ; triplé Championnat - Coupe - Supercoupe en 2000). En tant que coach, il début dans son pays natal et empoche le championnat d'ouverture 2006 avec Estudiantes, puis celui de clôture 2008 avec River Plate. Arrivé à l'Atletico en décembre 2011, il remporte cette saison la Ligue Europa face à l'Athletic Bilbao de Marcelo Bielsa (3-0) puis la Supercoupe de l'UEFA la même année. En 2013, il bat en finale de Coupe d'Espagne le Real de José Mourinho et est consacré meilleur entraîneur de la Liga. En remportant le titre de champion de Liga, il entre définitivement dans la cour des grands entraîneurs.  J. N.

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