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14/11/2016

Boulevard des banquises

banquise.jpgRomancière en mal de job, Sarah accepte tant bien que mal de réaliser le guide touristique de Gottherdäl, une île perdue - mais non moins habitée - dans l'océan arctique. Au fur et à mesure de ces pérégrinations dans ce lieu qui semble en dehors du temps, elle découvre qu'un lourd secret hante les habitants de l'île, et surtout, elle sombre irrémédiablement dans la folie.

A l'instar du Syndrome du scaphandrier, l'atmosphère est glauque et oppressante. La force du récit est moins dans l'écriture qui est linéaire (ça se lit vite même si c'est lent jusqu'au deux tiers) que dans la description très démonstrative des faits qu'on croirait presque y être (comme par exemple la description de la lingerie sado-maso). Idem pour notre vrai-fausse héroïne. On est tellement plongé dans sa démence qu'on en vient à s’apitoyer sur son sort et à vouloir lui trouver une solution. Il paraît que ce n'est pas le meilleur des Brussolo. On n'a pas d'avis là-dessus puisque c'est uniquement son second roman qu'on lit, et qu'importe, on a pris beaucoup de plaisir à être plongé dans ce décor fantasmagorique, typique du Philippe K. Dick de la littérature SF française. J. N

Serge Brussolo, Boulevard des banquises, FOLIO SF, 2005 (1990), 252 p.

01/05/2016

The Expanse

MV5BMTYxNzgxODgyNl5BMl5BanBnXkFtZTgwMzE2MTQ1NzE@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_.jpgIl faut reconnaître que la chaîne spécialisée en science-fiction - SyFy -  ne nous a rien proposé de franchement transcendant ces dernières années. Plusieurs raisons expliquent cette tendance. Tout d'abord, qu'il s'agisse de grand ou de petit écran, l'adaptation de la science-fiction littéraire (space opera ou autre) n'a jamais rien donné de très consistant (n'est pas Stanley Kubrick ou Ridley Scott qui veut). Ensuite, SyFy est adressé à une large audience. Par conséquent, le "fan service" l'emporte largement sur la reflexion. Enfin, difficile d'innover après le brillant Battlestar Galactica (2004-2009).

the expanse,syfy,science-fiction,james s. a. corey,daniel abraham,ty frankDifficile d'innover tout court tant la thématique a été traitée. Et s'il s'agit de science-fiction complexe (des auteurs comme Philip K. Dick, Philip José Farmer ou Christopher Priest), l'oeuvre initiale sera dénaturée car elle vise à la base un public trop restreint. Ces dernières années, SyFy a multiplié les ratages : Defiance (2013-2015) : adaptation simultanée d'un jeux vidéo ou lorsque les extraterrestres occupent la terre pour en prendre les ressources.... ; Helix (2014-2015) : crainte de la propagation d'un virus ; Z nation (2014 -  ) : monde post-apocalyptique envahi par des zombies... Autant de thèmes éculés qui expliquent que les deux premières furent annulées en 2015 et que la troisième, plagiat de The Walking dead, n'a pas été encensée par la critique.

the expanse,syfy,science-fiction,james s. a. corey,daniel abraham,ty frankC'est là où The Expanse apporte un vent de fraîcheur. C'est une adaptation de la série de romans éponyme (comprenant 5 tomes et dont la saison 1 de la série adapte les trois premiers), écrite par James S. A. Corey, pseudonyme rassemblant les auteurs américains Daniel Abraham et Ty Frank.

the expanse,syfy,science-fiction,james s. a. corey,daniel abraham,ty frankEn ce XXIIIème siècle, le système solaire est entièrement colonisé. Tandis que l'ONU - surpuissant - contrôle la Terre et que Mars est désormais une puissance militaire indépendante, les habitants de la Ceinture d'Astéroïdes, non contents de manquer d'eau et d'air, sont également surexploités par les Terriens. L'équilibre entre ces trois entités est précaire, manquant de se briser à tout moment... 

the expanse,syfy,science-fiction,james s. a. corey,daniel abraham,ty frankCe qui semble être au départ un space opera classique est en fait bien plus que cela. Transposition futuriste des relations internationales actuelles (où terrorisme, persistance des conflits et attitude arrogante des Etats constituent désormais la pierre angulaire de notre système), reflexion sur le monde de demain (tarissement des ressources naturelles) accompagnent cette bataille des planètes. L'intrigue est complexe, le scénario réaliste (des protagonistes qui disparaissent les uns après les autres), et surtout, l'univers est très sombre. Ca en vaut le détour.  J. N

 

THE EXPANSE

Saison 1 (10 épisodes ; 23 novembre 2015 - 2 février 2016)

Chaîne : SyFy

Création : Mark Fergus, Hawk Ostby.

28/08/2015

Le glamour

510Rt7Ch9gL._SX301_BO1,204,203,200_.jpgGrièvement blessé par un attentat à la voiture piégée, Richard Grey se fait soigner dans une clinique britannique. Son ancienne petite amie (ou amante, c'est selon) finit par le retrouver. Hélas, Richard n'a absolument aucun souvenir d'elle. Progressivement, la mémoire lui revient, ce qui permet à Susan d'aborder avec lui une faculté qu'elle possède : le glamour, ou l'art de se rendre invisible... A l'instar de ses autres romans, notamment le vertigineux La séparation, Christopher Priest, maître britannique incontesté des mondes parallèles, poursuit son exploration de la réalité et de sa perception. Moins incisif que le précédent ouvrage cité, Le glamour n'en est pas moins déroutant et demeure un des romans les plus complexes de l'auteur. Celui-ci, histoire de brouiller les pistes et de susciter en nous une remise en cause permanente de ce que nous sommes et de notre perception de tout ce qui nous entoure, a articulé son récit autour de la narration de six protagonistes différents. Un tour de force. J. N.

 

Christopher Priest, Le glamour, FOLIO SF, 2012, 412 p.

Publié pour la première fois en 1984 sous le titre original The Glamour.

 

26/08/2015

Les langages de Pao

téléchargement.jpgAlors que la planète Pao, un peu trop pacifiste et guère préparée à une confrontation militaire, se fait envahir par la civilisation des Brumbos, la seule solution qui lui permettrait de se débarrasser des colons serait de remodeler la structure de son langage. En effet, la langue paonaise, particulière à bien des égards, ne permet pas à ces adeptes d'être pourvus de sentiments comme l'abnégation, la résistance, le stoïcisme...etc. "La langue consistait en noms, en postpositions suffixées et en indicateurs temporels ; il n'y avait ni verbes, ni adjectifs, ni formes comparatives définies, telles que bon et meilleur. Il n'existait pas de mots comme "prestige", "intégrité", "individualité", "honneur", ou "justice", car l'idée que le Paonais moyen se faisait de lui-même - à supposer qu'il se considérât comme une personnalité distincte - était celle d'un bouchon flottant sur un océan de vagues innombrables, soulevé, attiré, bousculé par des forces incompréhensibles (...)".

Dans ce roman des débuts de Jack Vance (1916-2013), "Grand Master" de science-fiction et figure de proue de la SF américaine "à l'ancienne" (l'écriture est linéaire, la psychologie des personnages peu développée), nous soulignerons au-delà du thème - récurrent chez Vance - de la rencontre des civilisations, une réflexion incisive sur les fonctions du langage, résumée dans le paragraphe suivant : 

"Aucune langue n'est neutre. Toutes contribuent à donner une impulsion à l'esprit des masses, certaines avec plus de vigueur que d'autres. (...) Nous ne connaissons pas de langue "neutre"  ; aucune n'est supérieure à une autre, même s'il arrive qu'un langage X soit mieux adapté à un contexte lambda qu'un langage Y. Si nous allons plus loin, nous remarquons que tout idiome induit dans l'esprit des masses un certain point de vue sur le monde. Quelle est la véritable image du monde ? Existe-t-il un langage qui l'exprime ? Premièrement, nous n'avons aucune raison de croire que la véritable image du monde, si tant est qu'elle existe, puisse être un outil très utile ou efficace. Deuxièmement, aucun standard ne nous permet de la définir. La Vérité est contenue dans l'opinion préconçue de celui qui cherche à la définir. Toute organisation d'idées, quelle qu'elle soit, présuppose un jugement sur le monde".

J. N

 

Jack Vance, Les langages de Pao, Gallimard, Folio SF, 2002, 262 p.

Paru pour la première fois en 1958 sous le titre original The languages of Pao.

20/01/2015

Le temps des changements

le temps des changements,robert silverbergDans un monde qui semble être néo-retro, et plus précisément sur la planète Borthan, toute manifestation d'individualité est strictement interdite. Il est en effet proscrit de dire "Je". Pour Kinal Darrival, les choses ne sont pas figées et le temps des changements est à venir. Dans sa quête de soi, il rencontre Schweiz, un marchand venu de la Terre et fort logiquement adepte d'autres coutumes et d'une autre conception du monde. Avec Schweiz, Kinal va découvrir la drogue (clin d’œil de l'auteur à toutes sortes de substances hallucinogènes : LSD, peyotl, amphétamines...etc), subissant une "liquéfaction générale de la réalité, un effondrement des murs, une rupture des contraintes" (...). Mais surtout, cet état second va lui permettre d'ouvrir son esprit, casser les tabous, prélude à "sa" révolution. 

Réquisitoire contre la dictature de la pensée et des traditions, oeuvre introspective (1) mais également messianique, Le temps des changements est un autre tour de force parmi les très nombreux chefs-d'oeuvre de Robert Silverberg, et demeure largement d'actualité plus de quarante ans après sa publication. J. N

 

Robert Silverberg, Le temps des changements, Le Livre de Poche, 2013, 254 p.

Publié pour la première fois en 1971 sous le titre original A Time of Changes.

- Prix Nebula - 1971.

(1) Quête de l'identité comme dans Le livre des crânes (1972) mais également introspection concernant le judaïsme, qui apparaît également en filigrane dans L'oreille interne (1972).

22/06/2014

Le syndrome du scaphandrier

serge brussolo,le syndrome du scaphandrier,mondes parallèles,réalité,monde virtuel,monde des rêves"Chasseur de rêves", David Sarella, fonctionnaire de son Etat, s'enfonce dans son sommeil afin de rapporter des objets d'arts vendus ensuite à des collectionneurs sans scrupules. Ce monde parallèle, jalonné d'aventures dangereuses lui permet de s'évader de son univers aseptisé. Devenu accro à cette réalité parallèle, en viendrait-il à la confondre avec le "monde réel" ? Malgré l'avertissement de ses supérieurs et des psychologues, et en dépit d'une santé qui ne fait que décroître, il ne peut s'empêcher de plonger et replonger dans cette zone... Si Christopher Priest est le pendant britannique du génie Philip K. Dick et de ses mondes parallèles, Serge Brussolo l'est assurément côté français, du moins à travers ce roman sombre. En effet, outre l'exploration de ce qu'est la réalité, Brussolo articule son récit autour d'un principal protagoniste en marge de la société, au bord de la rupture, et survivant tant bien que mal dans un monde de plus en plus déshumanisé. L'atmosphère lugubre est également permanente et l'histoire - comme chez Philip K. Dick - se termine sur une touche de désespoir. On pourra reprocher au récit d'être linéaire, plutôt prévisible, et somme toute, assez court. Mais il n'en demeure pas moins une exploration incisive sur le monde des rêves, thème développé il y a quelques années dans le vertigineux anime japonais Paprika (2006), et dans le nom moins étourdissant Inception (2010) de Christopher Nolan.  J. N

Serge Brussolo, Le syndrome du scaphandrier, FOLIO SF, 2005, 192 p.

Publié pour la première fois en 1992.

  

19/06/2014

Le berceau du chat

kurt vonnegut,science-fiction,cat's craddle,le berceau du chat,apocalypse,nucléaire,bombe atomique,bokonon,hoenikker,religionJournaliste à ses heures, Jonas effectue des recherches sur un des pères de la bombe atomique, le Dr. Hoenikker. Sa quête le mène sur l'île de San Lorenzo, dans les Caraïbes. Il y rencontre "Papa" Manzano, qui tient cette sorte de république bananière d'une main de maître, faisant exécuter toute personne coupable du délit le plus banal, Bokonon, un prophète hors-la loi prêchant une religion bizarroïde (clin d’œil à la scientologie de Ron Hubbard ?), et surtout les enfants de Hoenikker, qui détiendraient a priori la dernière invention de leur génial de père, la glace-9, pouvant solidifier tout liquide...

Roman apocalyptique, Le berceau du chat est surtout une satire acerbe de notre monde. Comme William Golding (mais d'une manière différente) et son fameux Sa majesté des mouches, Vonnegut met en exergue toutes les tares d'une humanité en déliquescence, à travers ce microcosme social formé sur une île coupée du monde. Au thème du nucléaire (l'auteur prit part à la Seconde Guerre mondiale et fut fait prisonnier par l'armée allemande), s'ajoutent ceux des avancées technologiques et de la religion, le tout concourant à la stupidité humaine. Très apprécié de Haruki Murakami, Kurt Voneggut est considéré comme l'un des auteurs les plus influents du XXème siècle. Ses romans Slaughterhouse 5 or The Children's Crusade (1969) et Breakfast of Champions or Good Bye Blue Monday (1973) sont cultes. Celui-ci est également un tour de force.  J. N

 

Kurt Vonnegut Jr, Le berceau du chat, J'ai Lu, 1974, 254 p.

Publié pour la première fois en 1963 sous le titre original Cat's Craddle.

31/05/2014

Simulacron 3

simulacron 3,daniel f. galouyeSi le cyberpunk est associé à William Gibson et son célèbre Neuromancien, considéré comme modèle-type du genre, il conviendrait toutefois d'honorer l'auteur de ce roman culte qui bien avant Gibson (dont l'oeuvre fut écrite en 1980) avait déjà développé ici le thème de la cyber-réalité dans un monde sombre. En effet, tout ce qui caractérise le cyberpunk (futur proche, technologies avancées, intelligence artificielle, grandes firmes cupides, anti-héros, pessimisme) se trouve ici. Alors que l'inventeur de Simulacron 3, un simulateur d'environnement total vient de décéder dans des circonstances étranges, son assistant, Douglas Hall, prend la relève et s'aperçoit assez vite que les projets de la REACO, la puissante firme qui détient le projet ne sont pas aussi nobles que ne voudrait le faire croire l'ambitieux président de celle-ci, Horace P. Siskin, 

Le terme "cyberpunk" fut utilisé pour la première fois par Gardner R. Dozois. Dans un article publié le 30 décembre 1984 dans le Washington Post et intitulé "SF in the eighties", il qualifiait l'oeuvre de Gibson et d'autres auteurs (notamment Bruce Sterling) de cyberpunk. Précédemment, le terme fut employé pour la première fois en novembre 1983 par l'auteur américain Bruce Bethke comme titre d'une de ses nouvelles.

simulacron 3,daniel f. galouye,cyber-punk,monde virtuel,mondes parallèles,science-fictionDu coup, les auteurs des années 60, abordant ce même thème mais indirectement et sans le nommer, furent considérés comme les inspirateurs du genre cyberpunk. On citera parmi eux Philip K. Dick bien entendu, dont les fameux mondes parallèles auront inspiré plus d'un auteur. Daniel F. Galouye se situe dans cette vague des années 60. Sa courte carrière (il décède à l'âge de 46 ans), le fait d'une part qu'il ne fut pas exclusivement auteur de science-fiction (il était également reporter) et d'autre part qu'il habitait à la Nouvelle-Orléans (ayant du coup moins de visibilité que d'autres écrivains basés à New-York ou en Californie) expliquent vraisemblablement une faible notoriété. Ce qui n'empêcha pas cette oeuvre d'être adaptée, en mini-série télévisée (Le monde sur le fil) par Rainer Werner Fassbender en 1973, et en film (The Thirteenth Floor) par Josef Rusnak en 1999. Il publia au total cinq romans dont les mémorables Simulacron 3, et Le monde aveugle (1961). Considéré culte a posteriori, Simulacron 3, précurseur du genre, est assurément à redécouvrir. J. N

Daniel F. Galouye, Simulacron 3, FOLIO SF, 2010, 261 p.

Publié pour la première fois en 1964 sous le titre original Simulacron 3.

17/05/2014

Les ailes de la nuit

41QpSSb4S9L._SY300_.jpgIl est loin le temps où la civilisation humaine fût à son apogée, passant à une vitesse vertigineuse d'un premier cycle durant lequel l'homme commençait à maîtriser son environnement et accumuler des informations, à un second, marqué par les avancées dans les sciences et la technologie, et in fine la conquête de l'espace. Colonisés par les galactiques, au bord de l'extinction, les humains ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Les habitants de la planète H362 - que les humains ont finis par esclavagiser - les avaient pourtant mis en garde d'un probable retour de bâton... De ce glorieux passé, subsiste la Guilde des Guetteurs, chargée de surveiller le ciel en cas de nouvelle invasion. Résigné, le vieux guetteur n'en poursuit pas moins son long périple, en espérant de meilleurs lendemains.

Si l'on en croit le philosophe anglais Thomas Hobbes et sa vision de l'état de nature, l'homme est un loup pour l'homme. S'inspirant de ce dernier à la fin du XXème siècle, Kenneth Waltz, chef de file du courant néo-réaliste dans les théories des relations internationales, affirmera que "la guerre existe car rien ne l'empêche" (1) et que la violence entre les États est une réalité incontournable de la scène internationale. Faisant écho au film culte Le jour où la terre s'arrêta (2) (tant pis pour les humains s'ils n'écoutent pas les mises en garde), ce roman phare de Robert Silverberg est une allégorie on ne peut plus claire de notre monde actuel. C'est ainsi que les villes de Jorslem, Atin, Roum, Perris renvoient à Jérusalem, Athènes, Rome, et Paris... Et lorsque l'auteur affirme que "nos ancêtres sont passés directement de la sauvagerie au contact galactique" (p. 105), il est impossible de ne pas établir un parallèle avec cette citation attribuée à Oscar Wilde, affirmant que "les Etats-Unis sont le seul Etat passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation". Triste mais sans être dénue d'un message d'espoir, ce récit aura pour "sorte" de suite quelques années plus tard Les profondeurs de la terre, plaidoyer pour la tolérance et renversement du choc des civilisations, thème présent dans les deux livres et thèse popularisée (et controversée) par Samuel Huntington (4). Plus de quarante ans plus tard, à l'ère des nouvelles technologies et de leur possible dérive, ce récit brillant est toujours d'actualité.  J. N

 

Robert Silverberg, Les ailes de la nuit, J'ai Lu, 2008, 213 p.

Publié pour la première fois en 1968 sous le titre original Nightwings.

- Prix Apollo - 1976

- Prix Hugo du meilleur roman court - 1969

 

(1) WALTZ (Kenneth), Theory of International Politics, 1979.

(2) The day the earth stood still (1951), réalisé par Robert Wise.

(3) HUNTINGTON (Samuel P.), The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, 1996.

 

19/12/2013

Les amants étrangers

philip josé farmer,les amants étrangers,science-fiction,érotismeEn 3050, dans un monde devenu quasiment totalitaire, l'Amérique du Nord est dirigée par le Clergétat, gouvernement central ultra-religieux, omnipotent et régissant la vie des citoyens de manière irrévocable. Ceux qui ne suivent pas strictement la ligne du "Parti" sont éliminés pour "irréalité". C'est donc logiquement que la sexualité et l'alcool sont strictement prohibés. Hal Yarrow, spécialiste en linguistique, est requis pour partir étudier la langue du peuple Siddo sur la planète Ozagen. C'est une aubaine pour divorcer et se délester d'une vie conjugale plus que terne. Car les seuls motifs légaux de divorce sont l'adultère (puni de mort), la stérilité, et les voyages interstellaires... Ozagen se trouve en effet à plusieurs années lumières de la Terre. Sur cette planète où les règles sociales sont différentes, sa rencontre avec la sensuelle Jeanette changera son destin à jamais...

Grand auteur américain de science-fiction (prix Hugo et prix Grand Master de science-fiction), Philip José Farmer (1918-2009) est le premier à aborder (dans ce roman justement) le thème de l'érotisme et des tabous qu'il engendre dans un univers (le nôtre) largement imprégné, hélas, par le conservatisme religieux. Dans le genre dystopie, on retrouve ici une atmosphère similaire à 1984 de George Orwell, aux Monades urbaines de Robert Silverberg, ou encore à Radio libre Albemuth de Philip K. Dick. Mais il s'agit surtout d'un réquisitoire subtil contre le fanatisme religieux, et d'un plaidoyer pour un monde tolérant, libéré son obscurantisme, et où les tabous sexuels ne devraient plus exister. Une oeuvre brillante. Jihad Naoufal

Philip José Farmer, Les amants étrangers, Gallimard, Folio SF, 2007, 272 p.

Paru pour la première fois en 1961 sous le titre original The Lovers.