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18/04/2021

Lost in La Mancha

terry gilliam,lost in la manchaLes documentaires constituant un making-off d'un long-métrage ne se comptent pas. Celui-ci - une fois n'est pas coutume - relate le ratage monumental d'une production. L'occasion pour nous de revenir sur Terry Gilliam (1940 - ), un réalisateur que nous apprécions particulièrement mais qui a été considéré en 2009 comme le réalisateur le plus malchanceux du monde du cinéma, suite au décès de Heath Ledger durant le tournage de The Imaginarium of Doctor Parnassus (le "joker" le plus célèbre en était l'acteur principal).

terry gilliam,lost in la manchaC'est qu'entretemps, le réalisateur décalé n'en était pas à son premier déboire. Allégories sombres et dystopiques d'une société en déliquescence, surréalistes et déjantés à souhait, ces films ne sont pas toujours évidents à tourner. En 1987, le tournage de The Adventures of Baron Munchhausen est en dépassement de budget et le film est un échec commercial. Les années 1990 sont par contre une grande réussite, avec The Fisher King (1990, Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise), 12 monkeys (1995, en compétition officielle au Festival de Berlin) et Fear and Loathing in Las Vegas (1998, en compétition officielle au Festival de Cannes). La suite beaucou moins. Alternance vers le grand public, The Brothers Grimm (2002) est un échec critique et commercial (et sa sortie est plusieurs fois retardée), tout comme l'intimiste et glauque Tideland (2005). Après Parnassus, succès critique mais à nouveau échec commercial, Gilliam réalise The Zero Theorem (2013, mention spéciale à Venise), oeuvre de science-fiction mélangeant questionnement métaphysique et dystopie cyberpunk. Le tournage du également être reporté pour que Gilliam puisse se consacrer à la promotion du film précédent et relancer l'initiative Don Quichotte.

the man who killed don quixote,don quichotte,terry gilliam,lost in la mancha,keith fulton,louis pepe,dystopie,zero theorem,the fisher king,the imaginarium of doctor parnassus,heath ledgerC'est justement ce projet qu'aborde le documentaire. Les aventures de Don Quichotte étaient depuis longtemps un sujet cher à Terry Gilliam qui lança le projet en 1999 mais les premiers tournages sont catastrophiques : Jean Rochefort (l'acteur principal) tombe malade (ce qui reporte le tournage à plusieurs reprises), lieu de tournage innaproprié (une base aérienne militaire à proximité notamment), tempête détruisant les décors...etc. C'est sur cette première période de tournage raté (1996-2000), que revient donc ce documentaire qui est diffusé en 2002. Suivront d'autres tentatives qui aboutiront in fine à la réalisation de The Man Who Killed Don Quixote en 2018 (3 prix Goyas "techniques"). Au moment de sa sortie, Lost in La Mancha était donc un documentaire sur un film qui n'a jamais existé, chronique d'un désastre annoncé. Original. J N

Lost in La Mancha (Keith Fulton, Louis Pepe, USA/UK, 2002, 93 min)

the man who killed don quixote,don quichotte,terry gilliam,lost in la mancha,keith fulton,louis pepe,dystopie,zero theorem,the fisher king,the imaginarium of doctor parnassus,heath ledgerFilmographie de Terry Gilliam

- 2018 : The Man who Killed Don Quixote

- 2013 : Zero Theorem

- 2009 : The Imaginarium of Doctor Parnassus

- 2005 : Tideland

- 2005 : The Brothers Grimm

- 1998 : Fear and Loathing in Las Vegas

- 1995 : Twelve Monkeys

- 1991 : The Fisher King

- 1987 : The Adventures of Baron Munchausen

- 1985 : Brazil

- 1981 : Time Bandits

- 1977 : Jabberwocky

- 1975 : Monty Python and the Holy Grail

21/11/2020

Raised by Wolves

raised by wolvesIl faut reconnaître qu'on ne s'attendait pas à grand chose d'une série de science-fiction liée à Ridley Scott (producteur exécutif et réalisateur des épisodes 1 et 2 tandis que son fils Luke a réalisé les épisodes 3, 4 et 10), vu que le réalisateur des cultes Alien et Blade Runner est sur le déclin depuis un bon moment déjà (vu ses 82 ans, c'est compréhensible) et que ses derniers opus SF n'étaient pas spécialement incisifs (Prometheus (2012), Alien: Covenant (2017). Mais au final, nous avons été agréablement surpris par cette série diffusée par le nouveau service de vidéo à la demande, affilié à HBO, HBO Max (il va bien falloir tenir la concurrence face à Netflix, Amazon, Apple+ et les autres).

XXIIème siècle. Tandis que la Terre a été détruite par la Grande guerre, deux androïdes - Mother and Father - élèvent des enfants sur la planète Kepler-22-b. Mais la colonie humaine débarque et son fanatisme religieux mortifère n'annonce rien de reluisant... Dans cette atmosphère minimaliste et aseptisée (des classiques de la SF), arride et hostile, l'angle d'attaque est osé mais plutôt réussi : soit la confrontation entre la dystopie humaine et l'utopie cybernétique. On retrouve ici la patte de Ridley "Blade Runner" Scott, où ces deux machines sont finalement plus attachantes que les envahisseurs humanoïdes, incapables de s'extirper de cet "opium des peuples" (ce qui explique peut-être que la psychologie des personnages est peu travaillée). La vision de l'avenir est sombre, fascinante et brutale, et nous y adhérons pleinement.

Petit bémol : après avoir couvert beaucoup de terrain durant les premiers épisodes, le scénario s'essoufle vers la fin. C'est dommage. Mais cela n'empêche pas ce récit complexe et cérébral d'apporter un vent de fraîcheur à l'univers de la science-fiction. Malgré ses imperfections, la série vaut largement le détour et nous attendons la suite avec curiosité. J N

 

Raised by Wolves

(10 épisodes diffusiés du 3 septembre au 1er octobre 2020)

Production : HBO Max

Création : Aaron Guzilowski

Cast : Travis Fimmel, Amanda Collin, Abubakar Salim, Winta McGrath, Niamh Algar, Jordan Loughran.

06/11/2020

SoltyRei

solty rei,anime,japon,dystopie,soltyrei,solty,roy revant,monde post-apocalyptiqueFutur proche. Monde (presque)post-apocalyptique. Après qu'un gigantesque cataclysme ait décimé de nombreuses vies douze ans auparavant, de nombreux humains vivent désormais avec des "Resemble", des prothèses remplaçant des parties du corps humain et qui se sont généralisées depuis le Blast. Dans ce contexte délétère, Roy Revant, un chasseur de primes bourru rencontre Solty. Lui est à la recherche de sa fille disparue lors du Blast, elle c'est Solty, prénom que lui a attribué lui-même vu qu'elle est amnésique et ne se souvient même pas de ses origines.

solty rei,anime,japon,dystopie,soltyrei,solty,roy revant,monde post-apocalyptiqueAlors que la série progresse lentement (peut-être même un peu trop), à coup d'épisodes indépendants traitant d'une enquête spécifique, on découvre progressivement les éléments faisant de ce récit une fable sociale non loin d'une dystopie à la Blade Runner : un ordinateur central, le R.U.C (Reestablishment Universe Committee), qui gère les activités journalières de la cité et qui possède une milice privée (ainsi que des mechas), une aurore polaire recouvrant la ville et dégageant des ondes électromagnétiques, Hilda, une sorte de vaisseau gigantesque constituant une arme de destruction massive, les "Proceed", nom donné aux jeunes filles génétiquement modifiées, une ville basse avec des citoyens non enregistrés...etc.

solty rei,anime,japon,dystopie,soltyrei,solty,roy revant,monde post-apocalyptiqueC'est probablement cette dimension "sociofuturiste" qu'on relèvera ici car le reste est somme toute assez classique (mais solide). Un personnage torturé et violent mais qui s'humanise doucement mais surement au contact de cette jeune fille innocente, et au fur et à mesure que le récit s'assombrit après des débuts un brin légers. Innocente? Pas tout à fait car Solty est en fait "Resemble" à 100% et possède une force surhumaine... On les aime bien ces personnages féminins atypiques made in anime, synonymes de douceur et de destruction léthale à la fois, à l'instar de Lucy (sans le côté schizophrénique) dans la déroutante Elfen Lied.

J. N

 

SoltyRei

(24 épisodes de 24 min)

Diffusion : octobre 2005 - mars 2006

Studio : Gonzo

Réalisateur : Yoshimasa Hiraike

Scénariste : Noboru Kimura

13/01/2019

Le canal ophite

space opera,science-fiction,john varley,dystopie,le canal ophiteVoilà belle lurette que les humains ne vivent plus sur Terre. Chassés par des envahisseurs dont on ne sait quasiment rien, ils sont disséminés un peu partout dans le système solaire, notamment sur la lune. Depuis plus de quatre siècles, le Canal Ophite (un rayon laser dont nul ne connait la source) fournit aux humains des informations technologiques inestimables, leur permettant de survivre. Mais voilà qu'un jour, ceux qui envoient les fameux messages demandent rétribution, faute de quoi des sanctions terribles suivront... Sur Aquarius 14, Lilo, biologiste brillante, est sur le point d'être exécutée pour avoir mené des expériences interdites. Mais le gouvernement a besoin d'elle pour une mission de haute importance. C'est ainsi qu'elle sera clonée à de multiples reprises et tentera de briser l'énigme du Canal Ophite.

Avec celui-ci, John Varley (lauréat, entre autres, des prix Hugo, Nebula, Locus et Apollo) inaugurait sa série des Huit mondes (suivront Gens de la lune, Le système Valentine et Blues pour Irontown). La réflexion est intéressante et n'est pas sans rappeler Les enfants d'Icare d'Arthur C. Clarke, soit l'humanité à la merci d'extra-terrestres dont on ne connaît pas les réelles intentions... Réflexion de même sur l'eugénisme, l'avenir de l'humanité...etc. Si l'intrigue est complexe et la narration décousue par moments, le livre se lit quand même avec plaisir et d'une traite. La complexité des personnages ajoute au plaisir. Le degré d'imagination de Varley fait de ce croisement subtil entre space opera et dystopie une référence en matière de science-fiction. Reste désormais à lire le reste de la "tétralogie" des Huit mondes

John Varley, Le Canal Ophite, Folio SF, 2004, 343 p.

Publié pour la première fois en 1977 sous le titre original The Ophiuchi Hotline.

25/07/2018

Le bal des schizos

philip k. dick,le bal des schizos,dystopie,we can build youUne fois le roman terminé, la première constatation est que le titre n'a (presque) rien à voir avec le contenu. Ça arrive souvent, surtout chez Philip K. Dick (vu la bizarrerie de certains de ses titres de romans) mais là c'est vraiment trompeur. Là où on s'attendait à un trip de schizophrénie, il s'agissait en fait de quelque chose d'ostensiblement différent. Dans une Amérique dystopique (une fois n'est pas coutume), toute manifestation chez les humains de dépression ou de trouble mental est scrutée par les autorités et vaut à la personne en question d'être internée dans un centre rigoureusement contrôlé par le Bureau Fédéral de Santé Mentale. Le principal protagoniste, Louis Rosen, personnage en rupture de ban (c'est souvent le cas chez Philip K. Dick), voit son monde basculer le jour où il rencontre Pris, schizophrène qui vient d'être libérée par le système. Avec son père, celle-ci fabrique des automates plus vrais que nature. Après Edwin Stanton, héros de la guerre de Sécession, ces derniers s'attaquent ni plus ni moins à Abraham Lincoln. Alors qu'il semble y avoir une absence totale de sentiments chez Pris, les automates en question semblent plus humains que les humains eux-mêmes. C'est là où le titre en anglais prend tout son sens : "We can build you" (difficile en effet d'effectuer ici une traduction littérale - "nous vous façonnons" ?). Étrange monde où d'une part, les humains sont déshumanisés et les robots humanisés... C'est autour de ce thème que s'articule l'histoire (et où le titre en français n'a donc pas de sens). Un thème à deux volets qui prolonge une oeuvre comme Blade Runner (1968) et préfigure une autre, Radio Libre Albemuth (1985)J. N

Philip K. Dick, Le bal des schizos, Paris, J'ai lu, 2014, 283 p.

Paru pour la première fois en 1972 sous le titre original We can build you.