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22/06/2014
Le syndrome du scaphandrier
"Chasseur de rêves", David Sarella, fonctionnaire de son Etat, s'enfonce dans son sommeil afin de rapporter des objets d'arts vendus ensuite à des collectionneurs sans scrupules. Ce monde parallèle, jalonné d'aventures dangereuses lui permet de s'évader de son univers aseptisé. Devenu accro à cette réalité parallèle, en viendrait-il à la confondre avec le "monde réel" ? Malgré l'avertissement de ses supérieurs et des psychologues, et en dépit d'une santé qui ne fait que décroître, il ne peut s'empêcher de plonger et replonger dans cette zone... Si Christopher Priest est le pendant britannique du génie Philip K. Dick et de ses mondes parallèles, Serge Brussolo l'est assurément côté français, du moins à travers ce roman sombre. En effet, outre l'exploration de ce qu'est la réalité, Brussolo articule son récit autour d'un principal protagoniste en marge de la société, au bord de la rupture, et survivant tant bien que mal dans un monde de plus en plus déshumanisé. L'atmosphère lugubre est également permanente et l'histoire - comme chez Philip K. Dick - se termine sur une touche de désespoir. On pourra reprocher au récit d'être linéaire, plutôt prévisible, et somme toute, assez court. Mais il n'en demeure pas moins une exploration incisive sur le monde des rêves, thème développé il y a quelques années dans le vertigineux anime japonais Paprika (2006), et dans le nom moins étourdissant Inception (2010) de Christopher Nolan. J. N
Serge Brussolo, Le syndrome du scaphandrier, FOLIO SF, 2005, 192 p.
Publié pour la première fois en 1992.
17:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science-fiction, serge brussolo, le syndrome du scaphandrier, mondes parallèles, réalité, monde virtuel, monde des rêves
21/06/2014
Brésil
L'organisateur actuel de la Coupe du monde de football, gigantesque fédération (un peu plus de 8 millions de km² de superficie ; 201 millions d'habitants) adopta officiellement son drapeau le 19 novembre 1889. On doit celui-ci aux philosophes positivistes (1) Raimundo Teixeira Mendes et Miguel Lemos. Ils chargèrent le peintre Décio Villares (1851-1931) d'effectuer le design. Villares étudia en France et en Italie (et fut également influencé par le positivisme) avant de retourner au Brésil en 1881. Il n'y aurait pas de description officielle des couleurs. Toutefois, celles-ci sont communément admises comme vert (verde-bandeira), jaune-or (amarelo-ouro), et bleu ciel (azul celeste). Sur la bande blanche est écrite en vert la devise nationale du pays Ordem e Progresso (Ordre et Progrès : deux notions positivistes).
La couleur bleue représente le ciel de Rio de Janiero, ville principale du pays et capitale entre 1763 et 1960. Le vert renvoie à la forêt amazonienne et le jaune aux richesses minières. Le globe comprend la constellation de la Croix du sud, symbolisant la chrétienneté et l'hémisphère sud. Les étoiles, au nombre de 27, représentent les 26 Etats fédérés ainsi que le District fédéral (Distrito Federal, avec pour capitale Brasilia). Chaque étoile renvoie distinctement à un Etat (contrairement par exemple au drapeau des Etats-Unis). Une autre explication attribue attribue le vert à la Deuxième maison de Brangança (qui gouverna le Brésil de 1815 à 1889, et le jaune aux Habsbourg d'Autriche (qui gouvernèrent le Brésil entre 1580 et 1640, lors de l'Union ibérique entre l'Espagne et le Portugal).
Le drapeau fut modifié en 1968 et 1992, avec l'ajout d'étoiles (qui s'explique par le redécoupage administratif du territoire). J N
(1) Le positivisme, que l'ont doit au philosophe français Auguste Comte (1798-1857), est un courant philosophique qui considère que l'analyse et la connaissance des fais vérifiés par l'expérience peuvent seuls expliquer les phénomènes du monde. Cette philosophie inspirera l'empirisme.
12:51 Publié dans Drapeau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brésil, drapeau du brésil, ordem e progresso, miguel lemos, croix du sud, constellation de la croix du sud, raimundo, ordre et progrès teixeira mendes
19/06/2014
Le berceau du chat
Journaliste à ses heures, Jonas effectue des recherches sur un des pères de la bombe atomique, le Dr. Hoenikker. Sa quête le mène sur l'île de San Lorenzo, dans les Caraïbes. Il y rencontre "Papa" Manzano, qui tient cette sorte de république bananière d'une main de maître, faisant exécuter toute personne coupable du délit le plus banal, Bokonon, un prophète hors-la loi prêchant une religion bizarroïde (clin d’œil à la scientologie de Ron Hubbard ?), et surtout les enfants de Hoenikker, qui détiendraient a priori la dernière invention de leur génial de père, la glace-9, pouvant solidifier tout liquide...
Roman apocalyptique, Le berceau du chat est surtout une satire acerbe de notre monde. Comme William Golding (mais d'une manière différente) et son fameux Sa majesté des mouches, Vonnegut met en exergue toutes les tares d'une humanité en déliquescence, à travers ce microcosme social formé sur une île coupée du monde. Au thème du nucléaire (l'auteur prit part à la Seconde Guerre mondiale et fut fait prisonnier par l'armée allemande), s'ajoutent ceux des avancées technologiques et de la religion, le tout concourant à la stupidité humaine. Très apprécié de Haruki Murakami, Kurt Voneggut est considéré comme l'un des auteurs les plus influents du XXème siècle. Ses romans Slaughterhouse 5 or The Children's Crusade (1969) et Breakfast of Champions or Good Bye Blue Monday (1973) sont cultes. Celui-ci est également un tour de force. J. N
Kurt Vonnegut Jr, Le berceau du chat, J'ai Lu, 1974, 254 p.
Publié pour la première fois en 1963 sous le titre original Cat's Craddle.
16:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science-fiction, kurt vonnegut, cat's craddle, le berceau du chat, apocalypse, nucléaire, bombe atomique, bokonon, hoenikker, religion

