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15/11/2007
Montserrat
Montserrat se trouve entre Antigua-et-Barbuda (est, 50 km), la Guadeloupe (sud-est, 70 km), et Saint-Christopher & Nevis (nord-ouest, 50 km). Découverte par Christophe Colomb (1493), cette île tient son nom du massif de Montserrat, situé près de Barcelone. En 1632, des Irlandais s'installent sur l'île qui passe sous domination anglaise. D'une superficie de 103 km² (5000 hab.), celle-ci ne fut pas épargnée par les catastrophes naturelles. En septembre 1989, elle était dévastée par l'ouragan Hugo (10 morts et 330 millions de dollars de dégâts). Puis en 1995 et 1997, l'éruption du volcan de la Soufrière détruisait entièrement la capitale Plymouth, l'aéroport, et la partie sud de l'île. Une partie de la population est évacuée. Brades, au nord, est désormais la capitale de facto. Un nouvel aéroport a été construit à Gerald's, ville située au nord, et fut inauguré en 2005. Si le drapeau montre une figure féminine (Erin, symbole de la liberté pour l'Irlande) embrassant une croix et jouant de la harpe, c'est pour 2 raisons. L'île fut longtemps considérée comme un refuge pour le catholicisme, à une époque où la réforme protestante battait son plein (la croix symbolise la foi catholique) et les Irlandais arrivés en 1632, débarquaient de l'île de Saint-Kitts-et-Nevis, fuyant également le sentiment anti-catholique (la harpe est un symbole irlandais). Les armoiries furent adoptées le 10 avril 1909 et le drapeau le 25 janvier 1999. Comme Anguilla, Turk et Caïcos, et les Iles Vièrges britanniques, Montserrat est un département britannique d'Outre-mer. Une curiosité : Montserrat et Anguilla ont pour monnaie officielle le dollar des caraïbes de l'est, alors que les deux autres utilisent le dollar américain. J. N

21:31 Publié dans Drapeau | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entité politique dépendante, montserrat, union jack, blue ensign, anguilla, royaume-uni, christophe colomb, territoire britannique d'outre-mer
Mon meilleur ennemi
Après la tuerie des Jeux Olympiques de 1972 (One day in september, 99 - Oscar du meilleur documentaire) et Idi Amin Dada (The last king of Scotland, 06), Kevin MacDonald s'attaque au cas Klaus Barbie. Chef de la Gestapo à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale, surnommé "le boucher de Lyon", Barbie fut notamment responsable de la mort de Jean Moulin. Grâce à des connexions, il fuit après la fin des hostilités et part pour l'Amérique du Sud. En 1983, la Bolivie l'expulse en France. Il est jugé en 1987 pour crimes de guerre et est condamné à la prison à perpétuité. Il décède d'un cancer en 1991, à l'âge de 77 ans. Ce documentaire intelligent ne relate pas une chronologie des atrocités effectuées par le tortionnaire nazi mais montre plutôt par quels moyens et pourquoi ce dernier a pu fuir l'Europe et se réfugier en Bolivie. Pour les mêmes personnes qui ont gagné la guerre, Klaus Barbie était précieux. Agent redoutable de repression anti-communiste, il alllait aider la CIA dans la mise en place de régimes politiques dictatoriaux en Amérique du Sud (et notamment l'exécution de Che Guevara). Barbie est finalement capturé dans les années 80 et ramené en France pour être jugé.
La partie du procès est un peu courte dans le documentaire mais l'essentiel est dit, pourquoi le condamner si longtemps après ? pourquoi lui et pas d'autres ? Loin des abrutis fans du Front National que l'on a vu dans le film réclamer la libération de Klaus Barbie (on voit même un interviewé cracher implicitement sur le génocide des Juifs), le message du réalisateur est le suivant : c'est le même "establishment politique" jugeant Barbie en 1987, qui lui avait permis de fuir l'Europe en toute impunité à la fin du Second conflit mondial. C'est l'hypocrisie des hommes politiques qui y est stigmatisée et plus particulièrement les agissements de la CIA, soucieuse d'utiliser les services de Barbie dans sa lutte idéologique contre l'URSS (la Guerre Froide succède à la Seconde Guerre Mondiale). Si le film suscite des polémiques concernant la véracité de certains faits énoncés et la tonalité de son message, cela n'a rien de surprenant. Un documentaire politique ne peut être totalement objectif. J N
Mon meilleur ennemi (Kevin MacDonald, UK/France, 2007, 90 min)
- Présenté - Festival de Toronto 2007.
16:00 Publié dans Documentaire, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kevin macdonald, klaus barbie, mon meilleur ennemi, seconde guerre mondiale

