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07/06/2009

Speer & Hitler

www.jpgCe documentaire consacré au personnage d'Albert Speer est très pertinent, notamment de par sa structure : mi-docu, avec des images d'époque, mi-fiction avec l'excellent acteur allemand Sebastian Koch dans le rôle de Speer (Koch joue souvent le rôle de dirigeants nazis, comme dans "Opération Valkyrie" ou "Black Book"). Le film est également parsemé en permanence d'interviews de proches de Speer, d'historiens allemands et de son biographe officiel, Joachim Fest (1). Tout cela apporte très certainement de l'authenticité à ce "film-documentaire", ce que n'aurait probablement pas réalisé par exemple une fiction librement adaptée sur le très controversé Speer. Coupable ? Repenti ? opportuniste ? manipulateur ? méritait-il ses 20 ans de prison ou devait-il être pendu comme la majorité des autres chefs nazis ? Il n'y a pas de vérité définitive et ce documentaire est une excellente piste de reflexion sur un Albert Speer qui plus de 25 ans après sa mort demeure un sujet à débattre. J. N

Speer & Hitler (Heinrich Breloer, Allemagne, 2005, 270 mins).    Avec Sebastian Koch, Tobias Moretti, Dagmar Manzel, Andre Hennicke, Axel Milberg.

- Meilleur acteur (Sebastian Koch) - Bavarian TV Awards 2005.

- Meilleur acteur dans une série télévisée (Sebastian Koch) - German Television Awards 2005.

- Best Biography & History program - Banff Television Festival 2006.

 

(1) Journaliste et historien allemand, Joachim Fest (1926-2006) est un spécialiste mondialement reconnu du IIIème Reich. En 1973, sa biographie consacrée à Adolf Hitler, Le Fuhrer, est traduite en 20 langues. En 2002, il décrit dans Les derniers jours de Hitler les derniers mois de la guerre (la seconde guerre mondiale), la chute de Berlin et le suicide de Hitler dans son Bunker. Ce livre inspirera le long-métrage allemand Der untergang ("La chute"), réalisé par Oliver Hirschbiegel.

30/05/2009

How Hitler lost the war

51cr-VclvfL__SS500_.jpgOu comment Hitler a perdu la guerre. Une question que se sont longtemps posé les historiens et spécialistes. Ce documentaire s'attarde donc sur cette question. Il n'est pas tout à fait récent puisqu'il remonte à 1989. Mais la date est assez éloignée du conflit le plus sanglant du XXème siècle et par conséquent n'enraye en rien la pertinence du documentaire. Celui-ci propose la superposition d'images d'archives à des interviews d'éminents historiens et de vétérans allemands et anglais de la seconde guerre mondiale. Longtemps, les spécialistes ont affirmé sans aucun doute que Hitler a perdu la guerre en raison du débarquement américain en Normandie. Mais était-ce uniquement le cas ? Aujourd'hui, nous nous accordons sur une version plus nuancée. A partir du moment où le IIIème Reich ouvrit le front de l'Est contre l'URSS de Staline (la fameuse opération Barbarossa), la guerre était définitivement perdue. Le prélude de cette défaite, nous affirme ce documentaire efficace (1 heure) se situe dans la conquête de la Biélorussie et de l'Ukraine. Au lieu d'accorder une certaine indépendance à ces 2 pays occupés (ce qui aurait pu en faire des alliés face à l'URSS), le régime nazi a systématiquement appliqué une politique de terreur, les vidant de leurs ressources naturelles et décimant des centaines de milliers d'individus, ce qui a retourné la population locale contre les nazis. Ces derniers avaient d'abord été accueillis chaleureusement. 1ère erreur donc de la part de Hitler puis erreur fatale avec la marche vers Stalingrad. Pour une analyse plus détaillée du cours politico-militaire de la Seconde Guerre mondiale, le brillant De Nuremberg à Nuremberg (1987) retrace magistralement une fresque sombre. J. N

How Hitler lost the war (1989, 67 mins)

10/08/2008

Valse avec Bachir

18947036.jpgLe réalisateur israélien Ari Folman revient dans cette autobiographie sous forme d'animation sur un événement sanglant de la guerre civile au Liban (1975-1990), survenu en 1982. En représailles à l'assassiant de Bachir Gemayel, les milices phalangistes, aidées par l'armée israélienne pénétrèrent dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila et massacrèrent environ 3000 personnes (les chiffres varient selon les estimations, de 1000 à 5000). Présent avec Tsahal au Liban, Folman affirme avoir eu une sorte de traumatisme après le départ de Tsahal. Il a perdu la mémoire et ne se souvient plus de rien. Il part donc questionner ses anciens compagnons de l'armée. Que s'est-il donc réellement passé cette nuit du 16 septembre 1982 ? Et quel est le dégré de responsabilité de l'armée israélienne ? Si les témoignages et archives ont montré que Tsahal a clairement couvert les milices phalangistes qui entrèrent et dévastèrent tout (hommes, femmes, enfants) sur leur passage, cette version n'est pas expréssement stipulée dans le film. La responsabilité de Tsahal est nuancée : si des images en animation de fusées éclairantes lancées par les soldats israéliens reviennent en leitmotiv, les témoignages d'anciens militaires affirment par contre que ces derniers n'étaient au courant de rien. D'aucuns (libanais en l'occurence) s'en plaindront. Mais faut-il vraiment s'en étonner ? Car les témoignages récoltés par Folman sont finalement à l'image de la position officielle israélienne. L'Etat hébreu a toujours nié avoir eu une responsabilité directe dans le massacre de Sabra et Chatila quand bien même les faits prouvent le contraire (d'ailleurs Ariel Sharon, ministre de la défense à l'époque, avait du démissionner en raison du scandale). Et il ne faut pas oublier que le réalisateur est israélien. Valse avec Bachir est un film orienté avant tout vers un public israélien. Mais ce qu'il convient de souligner est que c'est un film très personnel, où le réalisateur cherche avant tout à exorciser ses démons. Sans doute, revenir sur un acte aussi barbare que "Sabra et Chatila" par le biais de l'animation est un pari fort osé. Et l'adjonction à ce schéma d'un twist final plus que poignant (le mot est faible) est une idée brillante. J. N

Valse avec Bachir (Ari Folman, Israël, 2008, 90 mins).     Avec (voix) Ari Folman, Ori Sivan, Ronny Dayag, Shmuel Frenkel.

- En compétition (Palme d'or) - Festival de Cannes 2008.

- 1 nomination (Meilleur film de langue étrangère) - Oscars 2009.

- Meilleur film de langue étrangère - Golden Globe 2009.

- Meilleur film étranger - Césars 2009.

- Meilleure musique (Max Richter) - European Film Awards 2008.

- Meilleur film - Israel Awards 2008.

- 4 nominations - Annie Awards 2009.

- 2 nominations - BAFTA Awards 2009.

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27/05/2008

L'avocat de la terreur

1070526614.jpgPlus qu'une biographie de Jacques Verges, ce documentaire explosif de Barbet Schroder est une histoire du terrorisme international qui épouse une période (années 50-80) particulièrement marquée par les bouillonements idéologiques. Fils d'un père réunionnais et d'une mère vietnamiène, Jacques Vergès est né "colonisé" comme le dira un journaliste dans ce documentaire. Le très controversé avocat français (et fort détesté par certains) est connu pour avoir "défendu des causes indéfendables". Son premier procès médiatisé débute en Algérie, encore colonisée par la France, lorsqu'il prend la défense de Djamilah Bouhired, condamnée à mort mais finalement graciée. Il défendra ensuite le FLN, Carlos, Magdalena Kopp, Anis Naccache... et bien d'autres (pour ne citer que ceux-là : Milosevic, Omar Bongo, Kieu Samphan, Tarek Aziz, Bernard Bonnet...) dont le tortionnaire nazi Klaus Barbie (décédé en prison en 1991). De 1970 à 1978, Verges disparaît et on ne sait toujours pas où il se trouvait : Cambodge ? (il était proche de Pol Pot), Chine ? Vietnam ? URSS ? Liban ? Difficile de savoir. Vergès entretient toujours le mystère. On sait que durant sa disparition, les mouvements palestiniens de libération (FPLP, FDLP) montent en puissance et Verges avait défendu des membres de ces organisations. L'avocat de la terreur est un documentaire-thriller puissant, riche en instructions et déroutant de par les connexions invraisemblables qu'il met en lumière. Minuscule défaut : le docu diverge par moments du sujet principal pour s'égarer dans des détails secondaires (comme par exemple lorsque le cas Wadi Haddad est abordé pendant 20 minutes). Mais l'essentiel est là. Schroeder distille à la fois une double reflexion sur un personnage énigmatique et complexe, et une époque riche en jalonnements politiques et idéologiques, à laquelle il est intimement lié. Un documentaire précieux, fort justement récompensé à la dernière cérémonie des Césars. J. N

L'avocat de la terreur (Barbet Schroeder, France, 2007, 145 mins).

- Sélection officielle - Un certain regard - Festival de Cannes 2007.

- Meilleur documentaire - Césars 2008.

- Meilleur documentaire - Etoiles d'or 2008.

- Présenté - Festival de Londres 2007.

- Présenté - Festival de Toronto 2007.

- Présenté - Festival de San Sebastian 2007.

- Présenté - Festival de Vancouver 2007.

- Présenté - Festival de Rotterdam 2008.

15/11/2007

Mon meilleur ennemi

c9a615a5df519faf91baa5b1d5df17a8.jpgAprès la tuerie des Jeux Olympiques de 1972 (One day in september, 99 - Oscar du meilleur documentaire) et Idi Amin Dada (The last king of Scotland, 06), Kevin MacDonald s'attaque au cas Klaus Barbie. Chef de la Gestapo à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale, surnommé "le boucher de Lyon", Barbie fut notamment responsable de la mort de Jean Moulin. Grâce à des connexions, il fuit après la fin des hostilités et part pour l'Amérique du Sud. En 1983, la Bolivie l'expulse en France. Il est jugé en 1987 pour crimes de guerre et est condamné à la prison à perpétuité. Il décède d'un cancer en 1991, à l'âge de 77 ans. Ce documentaire intelligent ne relate pas une chronologie des atrocités effectuées par le tortionnaire nazi mais montre plutôt par quels moyens et pourquoi ce dernier a pu fuir l'Europe et se réfugier en Bolivie. Pour les mêmes personnes qui ont gagné la guerre, Klaus Barbie était précieux. Agent redoutable de repression anti-communiste, il alllait aider la CIA dans la mise en place de régimes politiques dictatoriaux en Amérique du Sud (et notamment l'exécution de Che Guevara). Barbie est finalement capturé dans les années 80 et ramené en France pour être jugé. La partie du procès est un peu courte dans le documentaire mais l'essentiel est dit, pourquoi le condamner si longtemps après ? pourquoi lui et pas d'autres ? Loin des abrutis fans du Front National que l'on a vu dans le film réclamer la libération de Klaus Barbie (on voit même un interviewé cracher implicitement sur le génocide des Juifs), le message du réalisateur est le suivant : c'est le même "establishment politique" jugeant Barbie en 1987, qui lui avait permis de fuir l'Europe en toute impunité à la fin du Second conflit mondial. C'est l'hypocrisie des hommes politiques qui y est stigmatisée et plus particulièrement les agissements de la CIA, soucieuse d'utiliser les services de Barbie dans sa lutte idéologique contre l'URSS (la Guerre Froide succède à la Seconde Guerre Mondiale). Si le film suscite des polémiques concernant la véracité de certains faits énoncés et la tonalité de son message, cela n'a rien de surprenant. Un documentaire politique ne peut être totalement objectif. J. N

Mon meilleur ennemi (Kevin MacDonald, UK/France, 2007, 90 mins).

- Présenté - Festival de Toronto 2007.

 

16/08/2007

Viva Zapatero !

18456758.jpgCélèbre humoriste italienne, Sabina Guzzanti a vu son show satirique sur l'ex-premier ministre Silvio Berlusconi, censuré par la Rai. Les raisons : indécence, vulgarité, propos insultants. Elle va donc mener enquête, sur un ton mi-sérieux mi-drôle, auprès d'hommes politiques et de représentants des médias. Le sujet : que reste-il de la Démocratie et de la liberté de la presse en Italie ? Et qu'en est-il dans le reste de l'Europe ?

Viva Zapatero! (Sabina Guzzanti, Italie, 2005, 80 mins).    Avec Sabina Guzzanti, Alberto Nerazzini, Rory Bremmer, Danielle Luttazzi, Michael Santoro, Lucia, Annunziata, Enzo Biagi. 

- 1 nomination (Meilleur documentaire) - European Film Awards 2005.
- 1 nomination (Meilleur documentaire) - Italian National Syndicate of Film Journalists 2006.
- 1 nomination (Grand prix du Jury) - Sundance Film Festival 2006.
- Présenté - Festival de Venise 2006.
- Présenté - Festival de Tribeca 2006.

03/04/2007

Itchkéri Kenti

medium_18709583.jpgLorsque l'Union soviétique s'effondre en 1991, la petite République de Tchétchénie (15.500 km², capitale : Grozny) profite du chaos et proclame son indépendance. Entre 1991 et 1994, ce petit pays montagneux bénéficie d'une indépendance de facto, durant laquelle illégalité et banditisme sont de mise. Moscou intervient finalement en décembre 1994, officiellement pour "restaurer l'ordre". S'ensuit une guerre violente entre indépendantistes tchétchènes et troupes russes. Moscou est incapable de remporter cette guerre d'usure (les montagnes tchétchènes sont imprenables) et se voit contrainte de négocier un accord (à Khassaviourt, au Daghestan) en août 1996, arrangé par le général Alexandre Lebed. Les clauses de l'accord sont floues mais une élection a quand même lieu en Tchétchénie en 1997 (supervisiée par l'OSCE). Aslan Maskhadov est élu président. La période 1997-1999 est marquée par le chaos politique, les dissenssions, et les kidnappings d'étrangers. En 1999, sous prétexte que la Tchétchénie est responsable d'attentats survenus dans plusieurs villes de Russie, Moscou intervient une seconde fois, sous la férule de Vladimir Poutine. En 2002, la situation est officiellement normalisée. Un gouvernement tchétchène pro-russe est mis en place. La guerilla continue depuis, contre les troupes russes mais elle est beaucoup moins organisée et coordonnée, en raison notamment du décès des leaders Aslan Maskhdov (mars 2005) et Chamil Bassaïev (juillet 2006).  Un petit résumé rapide pour re-situer cet excellent documentaire filmé durant le premier conflit (1994-1996). L'auteur a monté son documentaire dix ans après l'avoir filmé dans des conditions difficiles. Difficiles car il l'a vécu aux cotés de civils tchétchènes, partageant leur quotidien, leurs douleurs et leurs angoisses. C'est ce qu'il faut retenir. L'auteur a risqué sa vie en réalisant un documentaire essentiel. Pas de discours anti-russe. Juste témoigner du quotidien misérable de gens qui n'ont rien à voir avec la politique. Essentiel mais aussi précieux car c'est le seul jusqu'ici qui a décrit la situation de la population locale, dans une région très fermée au monde extérieur, et surtout aux journalistes. D'autres ont payé un prix très élevé pour avoir mis les pieds en Tchétchénie...  Itchkérie signifie en tchétchène "Tchétchénie". C'était son appelation avant la conquête tsariste au 18ème siècle. Aujourd'hui, les indépendantistes continuent de l'appeler ainsi. "Kent" signifie jeune homme valeureux. "Les fils de l'Itchkérie". J. N

Itchkéri Kenti (Florent Marcie, France, 2006, 145 mins).

25/01/2007

S 21

18372960.jpgCe documentaire coup de poing revient sur une période sombre du Cambodge, celle qui vient après la prise du pouvoir par les Khmers rouges (ils d'emparent de la capitale Phnom Penh en 1975). D'anciens prisonniers, d'une part, et d'anciens tortionnaires d'autre part, témoignent ; les premiers de ce qu'ils vécurent dans les geôles khmères, les seconds, avec un réalisme terrifiant, du traitement inhumain qu'ils administrèrent aux détenus. A vous glacer de terreur... J. N

S 21 - La machine de mort Khmer rouge (Rithy Panh, Thaïlande, 2002, 100 mins).    Avec Vann Nath, Chum Mey, Kim Houy, Prak Khan, Sours Thi, Nhiem Ein, Khieu Ches.

- Prix François Chalais - Festival de Cannes 2003
- Meilleur documentaire - Chicago International Film Festival 2003.
- Prix spécial du Jury (Rithy Panh) - Copenhagen International Film Festival 2003.
- Human Rights Award (Rithy Panh) - Buenos Aires International Festival of Independent Cinema 2004.
- Meilleur documentaire - European Film Awards 2003.
- Humanitarian Award (Rithy Panh) - Hong Kong International Film Festival 2004.
- Prix Albert Londres (Rithy Panh) 2004.
- Prix FIPRESCI (Rithy Panh) - Leipzig DOK Festival 2003.
- Prix Italia 2003.
- Meilleur documentaire - Valladolid International Film Festival 2003.
- Présenté - New York Film Festival 2003.
- Présenté - Toronto International Film Festival 2003.

20:45 Publié dans Documentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : s 21

30/11/2006

Fast Food Nation

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Le dernier opus de Richard Linklater (Tape, School of rock, Before sunrise, Waking life, A scanner darkly), mi-fiction, mi-documentaire est l'adaptation du livre éponyme de Eric Schlosser, vendu à 1.4 million d'exemplaires dans le monde (disponible actuellement en France aux éditions Autrement au prix de 19 euros).

"I'm telling you that there is shit in the meat."

Un directeur marketing de Mickey's Burger (l'équivalent de Burger King, Mac Do, Quick et autres) découvre par l'intermédiaire de son supérieur hiérarchique que la présence de coliformes fécaux dans les burgers est attestée. Sidéré, il va remonter la chaîne jusqu'aux élevages de bovins et les abattoirs, découvrant les pratiques illicites du monde de l'industrie agro-alimentaire... Dans les usines, la chaîne étant trop rapide, les travailleurs n'ont pas le temps de bien "traiter la viande", ce qui fait qu'à tous les coups (tous les jours pratiquement), de la bouse de vache est mélangée à la viande qui sera ensuite mangée par les consommateurs. En gros, nous mangeons de la merde depuis belle lurette. Vous l'avez donc compris, un film qui vous donne envie de ne plus mettre les pieds au Mac Do (et chez les autres aussi). Soit dit en passant, on savait déja que le Fast food c'est de la très mauvaise nourriture non ?

Mais il n'y a pas que ça, le film dénonce également les divers dégâts collatéraux engendrés par l'univers impitoyable des grosses entreprises agroalimentaires : appel à des travailleurs immigrés (méxicains car ils coûtent moins cher que les autochtones), surexploitation de ces gens-là, conditions de travail dégoûtantes (à l'abattoir, on peut facilement perdre un bras ou une jambe). Richard Linklater : "Nous voulions des personnages représentant l'intégralité de l'industrie du fast food : les enfants qui travaillent, les ouvriers qui sont employés dans les usines de conditionnement de la viande, la communauté des ranchs... [...] Nous dénonçons les dégâts occasionnés, à tous les niveaux par les lobbies de l'agroalimentaire, autant sur la santé des gens que sur l'environnement."  Les nombreuses péripéties du film montrent que tout est relié : les travailleurs méxicains sont des immigrés clandestins, ils ne peuvent pas passer la frontière sans l'aide d'un passeur aussi impitoyable que les lobbiyistes des firmes multinationales, celles-ci, pour faire encore plus de bénéfices et supporter la concurrence des autres, achètent toutes les terres possibles, n'hésitant pas à chasser les propriétaires par le biais de procès qu'elles seront sûres de remporter, impossible par ailleurs de les stopper car comme toujours il y a collusion entre elles et les politiques. Dans le même registre que des films comme Traffic et Thank you for smoking, ce "semi-documentaire" stigmatise la bassesse et l'hypocrisie du business-marketing et porte un regard noir (non sans humour) sur l'état de ce qu'est devenu l'humanité. Un monde cupide, où tout est bon pour faire de l'argent. Car tout ceci après tout est le produit de l'esprit des hommes. J. N

 

Fast Food Nation (Richard Linklater, 2006, USA, 105 mins).   Avec Greg Kinnear, Catalina Sandino Moreno, Wilmer Valderrama, Luiz Guzman, Ana  Claudia Talancon, Kris Kristofferson, Bruce Willis, Ashley Johnsson, Ethan Hawk, Patricia Arquette, Avril Lavigne.

 - Festival de Cannes - 2006 - En compétition.

 - Festival de Londres - 2006 - Présenté.

22/10/2006

Women in struggle

medium_poster3.jpgCe documentaire palestinien a été diffusé ce vendredi 20 octobre, à la librairie Ishtar (10 rue du Cardinal Lemoine), à Paris. Le film est centré sur quatre femmes palestiniennes qui furent emprisonnées dans des geôles israëliennes, et sur leur témoignage concernant leurs conditions de détention. Dur... Mais le pire n'est pas la prison, affirment-elles, mais ce qui vient après : la difficulté de se ré-insérer dans la société, de reprendre une vie normale, la lente et dure reconstitution psychologique. Dix ans de prison, c'est long. Dix ans de "pauvreté" et de dénuement infimes, affirme une de ces ex-détenues politiques. Mais aussi, 10 ans jalonnés de torture régulière de la part de leurs tortionnaires. Si le spectateur est marqué par le témoignage concernant  les actes de tortures, que ressentaient donc ces femmes en racontant l'épouvantable expérience qu'elles endurèrent ?

Women in struggle a été projetté lors de nombreux festivals internationaux (Egypte, Qatar, Slovénie, Australie, Norvège, Canada, Belgique, Angleterre, Ecosse...). On notera donc son absence en France, sur grand écran, comme à la télé. La réalisatrice, Buthina Kanaan Khoury, qui était présente à la librairie Ishtar (pour un débat), expliquait que la raison d'une telle absence s'expliquait probablement par une forte pression exercée par le lobby juif sur les instances audiovisuelles et médiatiques. En effet, le film a un parti pris très clair (cela pourrait-il être autrement ?) et ne met pas sur un même pied d'égalité protagonistes palestiniens et israëliens. En gros, il ne serait pas objectif et cela déplaît... J. N

Women in struggle (Buthina Kanaan Khoury, 2005, Palestine, 56 mins).

Site officiel du film : http://www.womeninstruggle.com/