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16/07/2014

24: Live Another Day

24: live another day,24,kiefer sutherland,mary lynn rajskub,yvonne strahovski,tate donovan,kim raver,william devane,gbenga akinnagbe,michelle fairley,stephen fryPour les invétérés de la série phare de FOX, le "retour de Jack" était attendu avec impatience, d'autant plus que l'attente fut longue. Stoppé en 2010 après une saison 8 franchement affligeante, 24 a mis quatre ans pour être "rebooté". Si la mise en scène et le jeu des acteurs (y compris les répliques que tout le monde connaît désormais par cœur) n'ont logiquement pas changé, la nouveauté de cette saison à 12 épisodes est tout simplement une légère modification de l'intrigue. Certes, FOX continue de surfer sur l'actualité, en mettant en avant la thématique des drones d'une part (la saison 8 constituait un écho au programme nucléaire iranien), et en remettant sur la table les mêmes ennemis habituels de l'Amérique (Arabes, Russes, Chinois) d'autre part. La différence ici est que les innombrables enchevêtrement d'intrigues et ramifications ont été mis de côté. En gros, elles sont plus vraisemblables (le même procédé a été utilisé pour relancer la franchise James Bond). Soit des Anglais fanatisés à l'islam possédant un programme capable de pénétrer n'importe quel système de défense militaire et désirant se venger des Etats-Unis, "Etat terroriste". Une fois ce programme récupéré par Jack Bauer, va entrer dans la danse la connexion sino-russe (il n'est pas clair s'il s'agit ici d'agents étatiques ou transnationaux), toujours intéressée par nuire aux intérêts US (la Chine et la Russie sont opposés aux Etats-Unis concernant la crise en Syrie). Finalement, si elle n'a rien de réellement novateur, cette neuvième saga apporte toutefois un peu de fraîcheur à une série qui n'en finissait plus de s'embourber depuis le milieu des années 2000. On regrettera au passage le titre affreux, qui n'est pas sans rappeler celui d'un ancien et immonde James Bond avec Pierce Brosnan (Die another day, 2002), et une fin prévisible. J. N

 

24: Live Another Day (FOX / 2014 / 12 épisodes de 42 mins / 6 mai - 15 juillet)

Créateurs : Robert Cochran, Joel Surnow.

Cast : Kiefer Sutherland, Mary Lynn Rajskub, Yvonne Strahovski, Tate Donovan, William Devane, Kim Raver, Gbenga Akinnagbe, Michelle Fairley, Stephen Fry.

11/06/2014

TURN

turn,amc,jamie bell,culper ring,Etats-Unis,Amérique,espionnage,daniel henshall,michael gaston,heather lind,craig silversteinBattle for America


Ce nouveau drame signé AMC tombe à point nommé. L'excellente chaîne câblée (que nous classons en n° 2 au niveau des séries, après l’indétrônable HBO) est orpheline du cultissime Breaking Bad (terminus en 2013 après cinq saisons déroutantes) (1) et de ses deux autres séries phares, The Walking Dead et Mad Men, qui ne reprendront respectivement qu'en octobre prochain et en 2015 (2). Elle a par ailleurs perdu l'an passé Low Winter Sun (stoppée après une saison), et The Killing (stoppée puis "reprise" par Netflix pour une 4ème et ultime saison). Quant aux prochaines Knifeman et Galyntine, elles ne sont prévues que pour 2015 (3).

turn,amc,jamie bell,culper ring,etats-unis,amérique,espionnage,daniel henshall,michael gaston,heather lind,craig silversteinPar conséquent, que demander de mieux qu'une série historique sur la Guerre d'indépendance des Etats-Unis (1776-1883), avec ses personnages complexes et ses nœuds d'intrigue ? L'histoire débute à Setauket, une commune de Long Island (État de New-York), en 1776, à un moment où la Guerre d'indépendance entre Américains et troupes britanniques fait rage. Abraham Woodhull et ses compagnies vivent de plus en plus mal ce qui est vu comme du colonialisme britannique pur et dur. Ces protagonistes  seront à l'origine de la création en 1778 du Culper Ring, un réseau d'espionnage sanctionné par Georges Washington en personne et chargé de récolter des informations sur les activités des troupes britanniques qui à ce moment-là occupent la ville de New-York.

turn,amc,jamie bell,culper ring,etats-unis,amérique,espionnage,daniel henshall,michael gaston,heather lind,craig silversteinAprès que les deux premiers épisodes aient installés l'atmosphère et les principaux protagonistes, l'histoire se développe tranquillement, avec ses enchevêtrements d'intrigues, accompagnés comme souvent de coups de théâtres. Point de héros ici et encore moins de bons et de mauvais, mais simplement des êtres cherchant chacun sa place dans un monde en renouvellement. Décors et costumes soignés participent d'un réalisme remarquable et à l'instar de Gangs of New York (Martin Scorsese, 2002), cette série dépeint avec acuité la brutalité avec laquelle s'est construite cette Amérique moderne.

turn,amc,jamie bell,culper ring,etats-unis,amérique,espionnage,daniel henshall,michael gaston,heather lind,craig silversteinA l'instar de HBO, les séries d'AMC (Breaking bad, Hell on Wheels, The Walking Dead...etc) sont lentes. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Vu la lenteur de l'articulation du scénario (une première saison qui pourrait être intitulée "Aux origines du premier cercle d'espions américain"), la série devrait s'étaler sur plusieurs saisons. On attend la suite avec impatience.  Jihad Naoufal

 

TURN (AMC / 2014 / 10 épisodes de 42 min / 6 avril - 8 juin)

Créateurs : Craig Silverstein.

Cast : Jamie Bell, Daniel Henshall, Seth Numrich, Samuel Roukin, Heather Lind, Burn Gorman, JJ Field, Michael Gaston.

 

(1) Le spin-off Better Call Saul débutera en novembre 2014.

(2) La saison 4 de Hell on Wheels débutera pour sa part le 2 août prochain.

(3) A noter que vient de débuter le drame Halt and Catch Fire (1 épisode diffusé).

07/04/2014

Black Sails

MV5BNTY5NzE1NjQ4M15BMl5BanBnXkFtZTcwODQ5Mzg0OQ@@._V1_SX214_.jpgou la permanence du thème de la piraterie...

La dernière série en date de la chaîne Starz (Spartacus, Magic City, Boss, Da Vinci's Demons) relate les aventures du capitaine Flint et de sa bande de flibustiers vingt ans avant L’Ile au trésor, le roman culte de Robert Louis Stevenson, durant l'âge d'or de la piraterie (grosso modo entre 1650 et 1730). Si Flint est un personnage fictif, il côtoie toutefois des personnages ayant réellement existé comme le ténébreux Charles Vane, Anne Bony, et John Rackham, tous pirates de leur métier. On retrouve également comme protagoniste essentiel le futur John Silver de Stevenson qui n'est encore que moussaillon ici. Il convient de comprendre cette série à travers plusieurs paramètres. Explication.

 

220px-Pirate.jpgUne thématique populaire

Thème populaire, la piraterie est logiquement déclinée en série (les fans de piraterie et de narration longue et lente seront ravis), après qu'elle l'ait été dans un nombre incalculables de longs-métrages, les derniers en date étant la saga Pirates of the Caribbean (1) de Gore Verbinski (3 films réalisés entre 2003 et 2007). L'île au trésor a par ailleurs eu droit à toutes sortes d'adaptations : plus d'une dizaine de longs-métrages, une série animée japonaise au titre éponyme (1978), une vingtaine de bandes dessinées dont l'excellente Long John Silver (2), des jeux vidéos...etc, ce qui en dit long sur l'impact de ce roman qui n'en finit pas d'influencer l'imaginaire collectif. Par ailleurs, la piraterie moderne, très présente du côté de la Corne de l'Afrique, a eu droit en 2013 à deux excellents films (3).

téléchargement.jpgMade in Starz

Principale concurrente des chaînes HBO et Showtime (4), Starz reprend les mêmes structures façonnant ses séries précédentes : ses héros immoraux, le côté démonstratif, sa fine reconstitution historique (ici, l'ambiance régnant dans l'univers de la navigation, dans Spartacus, celle des gladiateurs, dans Da Vinci's Demons, celle de la République florentine), un héros espiègle (John Silver effarant de ressemblance psychologique avec le personnage campant Léonard de Vinci), et surtout cette tonalité à la fois légère et grave, marque de fabrique de Starz (Magic City, Da Vinci's Demons), qui est en fait un croisement entre celles justement de HBO et Showtime. Le mélange entre réalité et fiction est d'ailleurs de mise dans Black Sails et Da Vinci's Demons (5). Comme quoi, les séries d'une même chaîne possèdent les mêmes "patterns". 

images (1).jpgNouvelle vague de séries

Black Sails s'inscrit dans cette nouvelle vague de séries américaines. Celles-ci constituant encore et toujours un business qui fonctionne à plein régime, leur renouvellement s'avère nécessaire, faute de devoir répéter des thématiques éculées qui engendreraient nécessairement une perte d'audience, synonyme de manque à gagner. Cette nouvelle vague se décline en fait en quatre catégories :

- des séries traitant de thèmes précis déjà traités au cinéma : c'est ainsi que Masters of Sex (Showtime) reprend la thématique du film Kinsey (2005), The Following (Fox) (6), celle de Seven (1995), la future Salem (WGN, diffusion à partir du 21 avril prochain) (7), celle de The Crucible (1996). Les exemples sont nombreux et même la britannique BBC s'y met, Peaky Blinders (8) reprenant dans un contexte différent la thématique développée dans Gangs of New York (2002).

- des séries déclinant carrément un film en série, en préservant ou pas le titre original : Mob City (TNT) (9) développe ce qui a été esquissé dans Gangster Squad (2012), alors que FX déclinera à partir du 15 avril prochain Fargo, le film culte des frères Coen, en préservant le même titre (10), que CBS adaptera à partir du 24 avril la comédie Bad Teacher (2011) (11), et que SyFy vient de commander une adaptation de 12 Monkeys (1995) (12). Quant à Stargate, la déclinaison en série a déjà été effectuée il y a bien longtemps (1997-2007).

- des préquels : comme Bates Motel (A & E) (13), autrement dit "aux origines de Psycho", ou Black Sails, qui rentre donc dans cette catégorie.

- des adaptations de séries européennes (signe d'une panne d'idées chez les américains ?) : The Killing (AMC, 2011-2014), adaptation de la série danoise Forbrydelsen (2007-2012), et The Bridge (FX, 2013), adaptation de la série suédo-danoise Bron (2011-2013).

téléchargement (1).jpgBlack Sails en question

Difficile de se faire une opinion tranchée. Première constatation : si la série avait pour ambition de renouveler le genre, c'est chose ratée. Le mélange action/aventure et histoires de personnages à moralité floue n'a rien d'innovant et constitue depuis belle lurette la pierre angulaire de très nombreuses séries (notamment chez HBO et AMC). Pour une série subversive et traitant le thème des écumeurs de mer, se pencher sur la série Vikings (History) sera bien plus instructif. Solide de par ses décors (belle reconstitution de la ville de Nassau, plaque tournante de la piraterie), son casting, et ses dialogues, elle est finalement classique de par sa structure : narration (trop) lente (il ne se passe pas grand chose encore) conjuguée à des scènes de castagne. Dans cette optique, les combats maritimes sont forts réalistes. La dimension la plus intéressante en fait est le traitement des relations entre les très nombreux protagonistes, ou comment coopérer dans un monde où les intérêts sont égoïstes et où chacun veut sa part du gâteau, et d'autre part de la mise en place d'une expédition maritime dont les contours sont bien plus complexes qu'on ne l'aurait cru. Il faudra toutefois attendre la saison 2 pour se faire une opinion plus prononcée car 8 épisodes (mot d'ordre chez Starz), c'est court, et point d'addiction pour le moment.   Jihad Naoufal.

 

Black Sails (Starz / 25 janvier - 15 mars 2014 / 8 épisodes de 60 minutes)

Créateurs : Robert Levine, Jonathan E. Steinberg.

Avec Toby Sephens, Luke Arnold, Hannah New, Zach McGowan, Toby Schmitz, Mark Ryan, Hakeem Kae-Kazim, Tom Hopper, Clara Paget.

 

(1) Qui a elle-même eu droit à deux parodies pornographiques... : Pirates (2005) et sa suite Pirates II: Stagnetti's Revenge (2008), plus gros budget de l'histoire de la pornographie.

(2) http://www.dargaud.com/long-john-silver 

(3) http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/12/04/captain-philips-kapringen-5238026.html

(4) Ce sont d'ailleurs les trois chaînes cablées américaines qui montrent une nudité explicite.

(5) Les bandes sons de ces deux séries sont à créditer au même Bear McReary, compositeur spécialisé es series.

(6) http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/03/29/the-following.html

(7) http://www.imdb.com/title/tt2963254/?ref_=fn_al_tt_1

(8) http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/11/10/peaky-blinders-5217909.html

(9) http://eklektik.hautetfort.com/archive/2014/02/05/mob-city-5290725.html

(10) http://www.imdb.com/title/tt2802850/?ref_=ttep_ep_tt

(11) http://itstvnews.com/2014/02/14/la-comedie-bad-teacher-et-la-suite-de-unforgettable-en-avril-sur-cbs/

(12) http://itstvnews.com/2014/04/05/syfy-commande-ladaptation-de-larmee-des-12-singes/

(13) http://eklektik.hautetfort.com/archive/2014/02/15/bates-motel-5298941.html

25/03/2014

Intelligence

MV5BOTk4OTM0NDI0NV5BMl5BanBnXkFtZTgwOTY4NjQ3MDE@._V1_SX214_.jpgLa perspective de voir Josh Holloway tenir le rôle principal d'une série axée sur le thème de la cybernétique était alléchante à la base. D'autant plus que le fameux Sawyer (et son inoubliable panoplie de surnoms balancés à chaque dialogue) de la série Lost (2004-2010) n'était plus apparu dans un rôle d'envergure depuis cette dernière. Le problème est qu'on se trouve chez CBS, où décors et personnages sont toujours on ne peut plus proprets, témoin les avocats de The Good Wife ou les détectives de The Mentalist. On reprend donc ici les mêmes patterns pour une série (trop) conventionnelle. Gabriel Vaughn (Holloway) campe un agent high-tech, travaillant pour le "cyber-command" et muni d'une puce électronique implantée dans son cerveau et lui permettant d'avoir accès à l'intégralité du réseau (internet, téléphonie, satellite...). Comme il est le seul du genre à posséder cette capacité, on lui colle comme ange gardien un agent du secret service. Comme dans Person of Interest (toujours chez CBS), cette agente (Meghan Ory) est un peu trop infaillible. Et comme il s'agit ici de lutte contre le terrorisme, on reprend les mêmes ennemis de l'Amérique, vus tellement de fois dans la série 24, soit les chinois (épisodes 1 et 3) et les arabes (épisodes 2 et 4). Et lorsqu'il y a léger changement, il s'agit des barons de la drogue mexicains (ep 5), des activités illicites du complexe militaro-industriel US (ep 6), ou encore d'armes bactériologiques (ep 7 - thème traité ô combien de fois dans Fringe).... Bien pensante et très carrée, la série conviendra parfaitement à l'américain moyen. Pour nous, elle est trop prétentieuse et pas assez "intelligente" pour emporter l'adhésion. Jihad Naoufal

 

Intelligence (CBS / 7 janvier-31 mars 2014 / 13 épisodes de 43 min)

Créateur : Michael Seitzman.

Avec Josh Holloway, Meghan Ory, John Billingsley, Marg Helgenberger, Lance Riddick.

18/02/2014

Bates Motel

bates motel,vera farmiga,alfred hichcock,freddie highmore,max thieriot,nestor carbonell,mike vogel,a & eCurieuse que cette histoire à l'ambiance délétère, produite par A & E (The Beast, The Glades) et diffusée au printemps 2013. C'est une sorte de préquel à Psycho (1960), le film le plus culte d'Alfred Hitchcock, puisqu'elle explore la relation entre Norman Bates (Freddie Highmore), futur tueur en série, et sa mère Norma (Vera Farmiga). Malgré trois suites (1) et un remake (2), il semblerait que l'engouement pour le film qui influença toutes les productions futures liées au thème de la schizophrénie (3) ne s'est toujours pas tari. Première constatation - regrettable à notre sens -, l'action se déroule actuellement alors qu'elle aurait du être située à l'époque du film, c'est-à-dire les années 50. Problème de financement ? Besoins scénaristiques ? Quoi qu'il en soit, cela entraîne un manque criant d'authenticité. Deuxième constat : la série est franchement trop lente. Dans un sens, cela est logique. Si les premiers épisodes ont pour objectif d'installer l'atmosphère lugubre et d'introduire la psychologie des personnages principaux, la suite se doit d'être égale, afin de ne pas créer de déséquilibre au niveau de la trame. Par ailleurs le personnage de Norman Bates (un ado de 17 ans, timoré) ne peut se transformer rapidement. C'est en fait l'adjonction de cette lenteur au fait que nous connaissons la suite (Bates deviendra un serial killer) qui fait que nous n'adhérons pas vraiment. Il reste toutefois deux choses à retenir de cette version light d'American Horror Story : une relation mère-fils complexe, à la limite de l'inceste, bien traitée, et la performance sidérante de Vera Farmiga (The Departed). Est-ce suffisant pour avoir envie de continuer ? Pas à notre sens. La série a quand même enregistré un taux d'audience assez élevé, vu qu'elle a été renouvelée pour un seconde saison qui sera diffusée à partir du 3 mars prochain. Jihad Naoufal

BATES MOTEL

(A & E / 2013 / saison 1 / 10 épisodes de 43 min)

Créateur : Anthony Cipriano

Avec Freddie Highmore, Vera Farmiga, Max Thieriot, Nestor Carbonell, Nicola Peltz, Mike Vogel, Olivia Cooke

 

- 1 nomination (Vera Farmiga - Meilleur actrice) - Primetime Emmy Awards 2013

 

(1) Psycho II (Richard Franklin, 1983), Psycho III (Anthony Perkins, 1986), Psycho IV: The Beginning (Mick Garris, 1990).

(2) Portant le même titre et réalisé par Gus Van Sant en 1998.

(3) Voir la liste des productions liées à ce thème sur le lien suivant : 

http://www.imdb.com/list/0W7FQKnTiGQ/

 

17/02/2014

Mob City

mob city,tnt,frank darabont,john bernthal,milo ventimiglia,neal mcdonough,alexa davalos,gregory itzin,jeffrey demunn,robert knepper,edward burns,jeremy lukeProduite l'an passé et diffusée en décembre par la chaîne câblée TNT (Falling Skies), Mob City plonge dans le Los Angeles mafieux des années 40 et revient sur l'entreprise du célèbre commissaire de police William Parker qui mit en place une "special task force" afin de nettoyer une police locale gangrenée par la corruption, et faire tomber l'empire du redoutable caïd local Mickey Cohen. Soit un remake "allongé" du long-métrage Gangster Squad (2012). La différence est que ce film, médiocre, comprenant surtout des scènes de fusillade spectaculaires et fort peu de dialogues constructifs, n'avait pas vraiment de scénario. Mob City justement en avait un, grâce à un Frank Darabont (créateur de la série) dont les talents aussi bien de réalisateur (The Shawshank Redemption, 1994 ; The Mist, 2007) que de scénariste (The Walking Dead saisons 1 et 2) ne sont plus à prouver.

mob city,tnt,frank darabont,john bernthal,milo ventimiglia,neal mcdonough,alexa davalos,gregory itzin,jeffrey demunn,robert knepper,edward burns,jeremy lukeLente, la trame examine les relations entre la pègre et les forces de l'ordre et stigmatise à quel point la ligne qui sépare le légal et l'illégal peut être ténue. La perspective d'une nouvelle série liée aux gangsters US n'était pas particulièrement alléchante au départ, tant le thème fut traité, à la télé comme sur grand écran. Mais si la côte est (New-York, Chicago, Atlantic City, New Jersey) fut (trop) souvent privilégiée, son penchant à l'ouest a été largement sous-exploité pour la période en question (années 1920-1940). D'où un premier intérêt. Mais c'est surtout deux autres caractéristiques essentielles qui font de Mob City une bonne série : un scénario ultra-solide où les sous-intrigues font jeu égal avec l'intrigue principale, et un casting brillant, soit John Bernthal (The Walking Dead), qui n'en finit plus de monter (photo ci-dessous), Milo Ventimiglia (Heroes), Neal McDonough (Band of Brothers), Robert Knepper (Prison Break), Gregory Itzin (24), et Edward Burns (dans le rôle de Bugsy Siegel).

mob city,tnt,frank darabont,john bernthal,milo ventimiglia,neal mcdonough,alexa davalos,gregory itzin,jeffrey demunn,robert knepper,edward burns,jeremy lukeHélas, cette adaptation du livre de John Buntin, L.A Noir: The struggle for the Soul of America's Most Seductive City, ne sera pas reconduite pour une deuxième saison. La première raison est certainement un taux d'audience insuffisant (1). La seconde serait un litige entre les producteurs et Darabont (la série a coûté cher). Ce dernier s'était déjà brouillé avec la production de The Walking Dead, ce qui l'avait évincé de la troisième saison. C'est dommage car même si elle ne possède pas l'envergure des bijoux de HBO, The Sopranos et Boardwalk Empire (difficile d'égaler ces deux-là), Mob City est une réussite. Jihad Naoufal

 

MOB CITY (TNT / 4-18 décembre 2013 / 6 épisodes de 43 min)

Créateur : Frank Darabont 

Avec John Berntal, Milo Ventimiglia, Neal McDonough, Alexa Davalos, Gregory Itzin, Jeffrey DeMunn, Robert Knepper, Edward Burns, Jeremy Luke.

 

(1) http://itstvnews.com/2013/12/06/audiences-us-mob-city-decoit/

13/01/2014

Golden Globes 2014

golden globes,golden globes 2014Considérés comme l'antichambre des Oscars (rayon cinéma), les Golden Globes 2014 ont consacré American Hustle et Dallas Buyers Club. Côté séries, Breaking Bad est enfin récompensé.

 

golden globes,golden globes 2014La comédie musicale de David O. Russell, et son casting haut de gamme (Jennifer Lawrence, Jeremy Renner, Amy Adams, Christian Bale...) repart avec 3 récompenses (sur 7 nominations). La nouvelle star Jennifer Lawrence remporte le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle, elle qui avait déjà remporté l'an passé celui de la meilleure actrice pour son rôle dans Silver Linings Playbook, réalisé par.... David O. Russell. Réalisateur à suivre, celui-ci avait également été récompensé en 2011 pour Fighter, ce dernier remportant, catégorie acteurs, 2 golden globes et 2 oscars.

Le nouveau film de Steve McQueen, 12 years a slave, est le "perdant" de cette édition, ne repartant qu'avec une seule récompense (sur 7 possibles), mais pas des moindres puisqu'il s'agit de celle du meilleur film dramatique. Multipliant dernièrement les excellentes prestations (Killer Joe, Magic Mike, Mud), Matthew McConaughey et son sympathique accent texan repart avec le trophée du meilleur acteur dans un film dramatique (Dallas Buyers Club). Il est actuellement à l'affiche dans la nouvelle série policière de HBO, True Detective. Performance identique pour Leonardo DiCaprio dans le délirant The Wolf of Wall Street. Au coude à coude, les deux acteurs s'en sortent puisque le film de Scorsese a été placé dans la catégorie 'Film musical ou comique'. Par contre, pour les prochains oscars, il n'y aura qu'un seul vainqueur...

golden globes,golden globes 2014Côté séries TV, nous avons enfin eu le plaisir de voir la déjà culte Breaking Bad primée. Nommé pour la quatrième fois consécutive pour le Golden Globe du meilleur acteur dans une série dramatique, Bryan Cranston repart avec cette récompense pour son interprétation époustouflante du désormais célèbre Walter White. La série créée par Vince Gilligan est également consacrée meilleure série dramatique devant Masters of sex (Showtime), Downton Abbey (ITV1), The Good Wife (CBS), et House of Cards (Netflix). Cette dernière est la première série "hors-TV" à remporter un Golden Globe (Meilleure actrice pour Robin Wright), après avoir été la première de même à être primée aux Emmy Awards (3 récompenses l'an passé).  J. N.

 

Palmarès de la 71ème cérémonie des Golden Globe, tenue le dimanche 14 janvier : 

CINEMA

Meilleur film dramatique : Twelve years a slave (Steve McQueen).

Meilleur réalisateur : Alfonson Cuaron (Gravity).

Meilleure actrice dans un film dramatique : Cate Blanchett (Blue Jasmine).

Meilleur acteur dans un film dramatique : Matthew McConaughey (Dallas Buyers Club).

Meilleur film comique ou musical : American Hustle (David O. Russell).

Meilleure actrice - comédie/musical : Amy Adams (American Hustle).

Meilleur acteur - comédie/musical : Leonardo DiCaprio (The wolf of Wall Street).

Meilleure actrice dans un second rôle : Jennifer Lawrence (American Hustle).

Meilleur acteur dans un second rôle : Jared Leto (Dallas Buyers Club).

Meilleur scénario : Her (Spike Jonze).

Meilleur film etranger : La Grande Bellezza (Paolo Sorrentino / Italie).

Meilleure musique : Alex Ebert (All is lost).

Meilleure chanson : Ordinary Love (U2 - Mandela: Long walk to freedom).

Meilleure film d'animation : Frozen (Chris Buck, Jennifer Lee).

TELEVISION

Meilleure mini-série ou meilleur mini-film : Behind the Candelabra (HBO).

Meilleure série télévisée dramatique : Breaking Bad (AMC).

Meilleure série musicale : Brooklyn Nine-Nine (Fox).

Meilleure actrice dans une sérié télévisée dramatique : Robin Wright (House of Cards).

Meilleur acteur dans une série télévisée dramatique : Bryan Cranston (Breaking Bad).

Meilleure actrice dans une série musicale ou comique : Amy Poehler (Parks and Recreation).

Meilleur acteur dans une série musicale ou comique : Andy Samberg (Brookyn Nine-Nine).

Meilleure actrice dans une mini-série : Elisabeth Moss (Top of the Lake).

Meilleur acteur dans une mini-série : Michael Douglas (Behind the Candelabra).

Meilleur acteur dans un second rôle (série, mini-série ou TV) : Jon Voight (Ray Donovan).

Meilleure actrice dans un second rôle (série, mini-série ou TV) : Jacqueline Bisset (Dancing on the Edge).

13/12/2013

Top of the Lake

top of the lake,jane campion,elisabeth moss,peter mullan,helen hunt,david wenham,jacqueline joeA Laketop, bled lacustre paumé du sud de la Nouvelle-Zélande, une fille de douze ans, enceinte, disparaît. L'enquetrice Robin Griffin (Elisabeth Moss) est chargée de l'affaire. Au fur et à mesure que son enquête avance (ou piétine, c'est selon), elle va découvrir tous les secrets que recelle une petite ville pas si tranquille qu'on le croît, mais va également devoir composer avec Matt Mitcham (époustouflant Robert Mullan), père de la jeune fille et redoutable caïd local, GJ (non moins brillante Holly Hunter), gourou d'un groupe New Age), et une police locale corrompue jusqu'à la trame...

top of the lake,jane campion,elisabeth moss,peter mullan,helen hunt,david wenham,jacqueline joePremier constat, il faut apprécier l'univers de Jane Campion pour s'accrocher. On retrouve notamment la même atmosphère que dans In the cut (2003). De plus en plus rare au cinéma (3 films tournés depuis 1999), la réalisatrice oscarisée (The Piano, 1993 - meilleur scénario), s'attaque à son tour à la série TV, prisée de plus en plus par les grands réalisateurs (David Fincher, Martin Scorsese). Ensuite, cette histoire ressemble tellement à la série The Killing (AMC) que le déja-vu est confondant : univers glauque, viols, disparition de jeunes filles, corruption, drogue, flic obsessionnel...etc, sans omettre bien entendu un scénario lent, devenu la marque de fabrique de nombreuses séries, après le succès de la chaîne HBO (1) qui répandit cette mode. La question qui se posait dès lors est la suivante : valait-il la peine de regarder intégralement Top of the Lake ? Oui pour quelques raisons. Si l'histoire et la structure n'ont rien d'innovant (difficile de faire du neuf dans l'univers des séries TV), les contextes sont différents. Grande ville (Seattle) dans The Killing où est effectuée une dichotomie monde de la politique/bas fonds, petite ville dans Top of the Lake où le contraste ne concerne pas deux sociétés mais oppose la lie de l'humanité (violeurs, trafiquants de drogue, consanguins, politiciens véreux) à des paysages fascinants (voir ci-dessus la photographie représentant les lieux du tournage). Enfin, si la question de la condition de la femme n'est pas nouvelle (traitée dans The Killing mais également dans The Bridge (FX, 2013)), elle est abordée ici dans un pays que l'on ne connaît franchement pas et où l'on ne s'attend pas nécessairement à un traitement pareil accordé aux femmes. La Nouvelle-Zélande est en effet classée 6ème dans le classement des pays selon la place de la femme (2), mais est également considérée comme un exemple de démocratie, classée 8ème selon la liberté de presse (3), et 1ère dans le classement décroissant des Etats au niveau de la corruption (4). Jihad Naoufal

Top of the Lake

(BBC Two, Sundance Channel, UKTV, 2013, saison 1, 7 épisodes de 45 min)

Créée par Jane Campion et Gerard Lee.

Avec Elizabeth Moss, Peter Mullan, Thomas M. Wright, Helen Hunt, David Wenham, Jacqueline Joe.

 

- Meilleure photographie (épisode 1) - Emmy Awards 2013

- 1 nomination (Meilleure mini-série) - Golden Globes 2014*

- 1 nomination (Meilleure actrice dans une mini-série - Elisabeth Moss) - Golden Globes 2014

 

* Cérémonie le 14 janvier 2014.

(1) Notamment The Sopranos (1999-2007), Six Feet Under (2001-2005), The Wire (2002-2008), Deadwood (2004-2006)...etc (la liste est longue).

(2) http://www3.weforum.org/docs/WEF_GenderGap_Report_2012.pdf

(3) http://fr.rsf.org/spip.php?page=classement&id_rubrique=1054

(4) http://www.transparency.org/cpi2013/results

06/12/2013

Les meilleures séries 2013 selon Time

MV5BMTUzNzY3NjA4NF5BMl5BanBnXkFtZTcwNTA5MTY2Ng@@._V1_SX214_.jpgLe magazine américain Time vient de publier son top 10 des dix meilleures séries TV américaines pour l'année 2013. Souvent et à très juste titre acclamée pour ses nombreuses séries de qualité, la chaîne HBO est représentée en TOP 1 par Enlightened (que nous n'avons pas encore vu) (1). Suivent en 2ème position la série déja culte Breaking Bad (5ème et dernière saison en 2013) de AMC, et Orange is the new black, une autre production étonnante du réseau Netflix (2). En 4ème position, pointe Games of Thrones (toujours HBO) qu'on ne présente plus et dont on attend avec impatience la diffusion de la saison 4 (premier épisode le 14 mars 2014).

La liste prend en compte bien entendu des séries en cours en 2013 (ou terminées cette année là). Nous avons manqué pour notre part 4 titres (mis à part Enlightened, Rectify, Bob's Burgers, et Orphan Black). Si Mad Men (2014 marquera la 7ème et dernière saison) affiche toujours une étonnante égalité au niveau de la qualité du scénario, nous nous étonnons de retrouver en 5ème position The Good Wife, que nous apprécions certes mais qui demeure à notre sens trop "conventionnelle". A ce jeu là, peut-être aurait-il fallu ajouter Sons of Anarchy (FX), toujours aussi solide et qui devrait être reconduite pour une 7ème saison (3). Toujours chez FX, The Bridge, adaptation de la série suédo-danoise Bron (Tunnel en est également l'adaptation franco-britannique), aurait (toujours à notre sens) mérité de figurer dans un TOP 10 américain, rien que pour le constat social qu'il dresse (4). FX est toutefois représenté ici par The Americans (5). Last but not least, il est tout de même très étonnant de ne pas retrouver en lieu et place de Orange is the new black, House of Cards, la série politique de David Fincher (6), pourtant louée tout au long de cette année par un très large éventail de critiques, aux Etats-Unis, mais également en Europe.

2014 sera également une année intéressante. Sont attendus les reprises de nombreuses séries phares (Game of Thrones, Mad Men, la partie 2 de la 4ème saison de The Walking Dead), mais également des nouveautés comme True Detective et The Money (HBO), Intelligence (CBS), Black Sails et Outlander (Starz), Fargo et Salem (FX). J. N.

 

TOP 10 selon Time (7)

1.Enlightened (HBO)

2.Breaking Bad (AMC)

3.Orange is the new black (Netflix)

4.Games of Thrones (HBO)

5.The Good Wife (CBS)

6.Bob's Burgers (Fox)

7.Rectify (Sundance)

8.The Americans (FX)

9.Mad Men (AMC)

10.Orphan Black (BBC America)

 

(1) Golden Globe pour Laura Dern (meilleure actrice dans une série comique), 2 nominations aux Emmy Awards 2013.

(2) Producteur de House of Cards et Hemlock Grove.

(3) http://www.critictoo.com/news/fx-commande-encore-plus-de-sons-of-anarchy/

(4) Voir notre commentaire sur cette série : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/10/10/series-us-fins-et-nouveautes-2-5193314.html

(5) Voir notre commentaire sur cette série : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/10/10/series-us-fins-et-nouveautes-2-5193314.html

(6) Voir notre commentaire sur cette série : 

http://eklektik.hautetfort.com/archive/2013/04/06/house-of-cards.html

(7) Voir l'article : 

http://entertainment.time.com/2013/12/04/arts-and-enterta...

02/12/2013

Peaky Blinders

steven knight,annabelle wallis,peaky blinders,bbc,sam neill,cillian murphyBirmingham, 1919. Alors qu'anciens combattants du premier conflit mondial, révolutionnaires de gauche et criminels en tout genre cohabitent tant bien que mal dans ce monde d'après-guerre, l'agent de la police royale britannique, Chester Campbell (Sam Neill), ancien fossoyeur de l'IRA, est dépêché de Belfast pour mettre la main sur un convoi d'armes volé. L'omnipotence du gang des "Peaky Blinders" (1), dirigé par le redoutable Thomas Shelby (Cillian Murphy) attire logiquement son attention... A première vue, cette série semblait être le pendant britannique de Boardwalk Empire (HBO, en cours), de par les personnages qu'elle dépeint (monde de la mafia/police locale) ainsi qu'une belle photographie. Mais la différence ici, non négligeable, est que les personnages sont traités de manière plus chirurgicale, gardant toujours près d'eux le spectateur. Peaky Blinders est en fait une sorte de déclinaison en série de Gangs of New-York (2). Si elle est avant tout la saga d'une famille de mafieux, on retrouve en toile de fond les débuts de la révolte en Irlande, et un constat social peu reluisant (ville grouillante, pauvreté, corruption...etc). Ces trois dimensions forment une intrigue brillamment ficelée, agréée d'une superbe bande-son (Nick Cave, The White Stripes). On se délectera par ailleurs de la découverte de l'actrice Annabelle Wallis, aussi belle que bouleversante, et dont le rôle incarné rappelle étrangement celui joué par la française Mélanie Laurent dans Inglorious Basterds (2009) de Quentin Tarantino.

Après Luther (BBC One, 2010) et Sherlock (BBC One, 2010) (3), la télé anglaise prouve à nouveau qu'elle est capable de nous proposer des shows détonants, non loin d'égaler les séries américaines d'envergure. Cette première saison fut diffusée du 12 septembre au 17 octobre et devrait logiquement être reconduite pour une deuxième saison.  Jihad Naoufal

 

Peaky Blinders

(BBC Two, 2013, saison 1, 6 épisodes)

Créateur : Steven Knight

Casting : Cillian Murphy, Sam Neill, Paul Anderson, Joe Cole, Sophie Rundle, Annabelle Wallis, Iddo Goldberg.

 

(1) Appelés ainsi en raison des rasoirs qu'ils gardaient dissimulés dans la visière ("peak) de leur casquette.

(2) Réalisé en 2002 par Martin Scorsese.

(3) La saison 3 de Sherlock reprendra en janvier 2014. Cf. http://itstvnews.com/2013/11/29/triple-news-sherlock-saison-3-le-1er-janvier-sur-bbc-one-recherches-yahoo-glee/