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30/04/2016

Le voyage dans le passé

stefan zweig,le voyage dans le passé... ou l'amour impossible. Louis, un jeune homme pauvre mais désirant s'affranchir de son carcan social, parvient à gagner la confiance de son patron. Ce dernier en fait non seulement son bras droit mais l'invite à demeurer chez lui. Il y rencontre son épouse. Entre eux naîtra un amour passionnel. Mais voilà que son "bienfaiteur" lui propose de partir en mission au Mexique, synonyme de promotion sociale. Ce voyage ne devait initialement durer que deux ans mais voilà que la Première guerre mondiale pointe son nez et séparant les amants - comme dans Clarissa - pour de nombreuses années.

Neuf ans plus tard, cette figure balzacienne, désormais mariée, retourne en Europe dans la ferme conviction de retrouver cet amour inachevé. Ne se sont-ils pas jurés de s'aimer pour l'éternité ? Hélas, loin des yeux, loin du coeur. La distance (neuf années, c'est long) aura tué dans l'oeuf cette passion mort-née. Mais au-delà de ce rendez-vous manqué, un thème cher au réalisateur Wong Kar-Waï, il s'agit de bien plus que cela ici. Pour une analyse plus poussée, nous vous convions à lire la chronique de notre chère N. dans son excellent blog.  J. N.

Stefan Zweig, Le voyage dans le passé, Le Livre de Poche, 2010, 177 p.

Publié pour la première fois en 1929 sous forme fragemntaire puis sous forme complète en 1976 sous le titre original Reise in die Vergangenheit.

25/02/2016

Amok

images.jpgEcrite en 1922, cette nouvelle du brillant Stephan Zweig qu'on ne présente plus, narre à la première personne l'histoire d'un médecin allemand parti pratiquer en Indonésie au début du XXème siècle. Celui-ci rencontre la nuit sur le bateau le menant aux Indes orientales le narrateur à qui il a ce besoin urgent de lui raconter ce qui lui est arrivé. Son obsession maladive pour une femme la détruira et le détruira. C'est l'amok.

Amok "est un mot de la langue malaise qui désigne un accès de folie furieuse meurtière affectant uniquement les sujets masculins de la région concernée, sur un mode soudain et imprévisible, à laquelle les autochtones menacés mettaient ordinairement un terme en abattant le sujet en proie à cette fureur (...). Le terme a été importé en Europe par les Hollandais, premiers colonisateurs de la région indonésienne. (...) Amok est devenu le préfixe d'expressions désignant des comportements furieux et dévastateurs appliqués à des pratiques variées (...) Et der Amokläufer désigne en allemand un sujet captif d'un processus incontrôlable, dangereux pour son environnement, et souvent fatal pour lui-même." (1) Voici donc ce que nous aurons essentiellement appris à travers ce récit incisif et déroutant. Au-delà de ce drame, Zweig parvient à convaincre que "le mal d'amok résume tous les dysfonctionnements et contradictions de la culture occidentale" (2).

 

Stefan Zweig, Amok, Gallimard, Folio Classique, 2013, 142 p.

Publié pour la première fois en 1922 sous le titre original Der Amokläufer.

 

(1) Préface de Jean-Pierre Lefebvre, p. 11-12.

(2) Idem p. 21.

 

20:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amok, stefan zweig

30/08/2015

Un soupçon légitime

61EHfnk8qdL._SX307_BO1,204,203,200_.jpgNous poursuivons notre apprentissage de l'oeuvre de Zweig (nous n'en sommes qu'à quelques nouvelles et un roman). Dans cette nouvelle écrite entre 1935 et 1940 et publiée à titre posthume en 1987 sous le titre original allemand War er es, Stefan Zweig, qui n'a d'égal que lui-même dans l'analyse psychologique des pauvres humains que nous sommes, se penche ici sur les tendances obsessionnelles et les débordements sentimentaux portés au paroxysme. L'action se passe dans la campagne anglaise, à Bath près de Londres (où Zweig s'était exilé un premier temps, fuyant le régime nazi). Ravis d'avoir de nouveaux voisins - un jeune couple, les Limpley - le couple allemand, très heureux jusqu'ici de pouvoir profiter du calme et de l'isolement, va très vite déchanter en raison du côté un peu trop expansif et enthousiaste du mari, John. Voilà qu'ils conseillent à ce dernier d'adopter un chien. Mal leur en a pris. Mis sur un piédestal, ce dernier se transforme en tyran. Et le sentiment d'adulation de la part de John va rapidement virer à l'ignorance totale... Dans ce roman où l'aspect dérangeant va inexorablement monter en crescendo, on ne peut que méditer sur ce thème de la démesure des sentiments, celle-ci pouvant s'immiscer en chacun de nous sans que l'on puisse la contrôler. On regrettera, tout simplement, une analyse psychologique que nous avons trouvé un peu trop tirée par les cheveux. Mais cela n'enlève rien à l'acuité d'une réflexion générale troublante mais juste. Par ailleurs, on notera - le fait est assez rare pour être cité - que le principal protagoniste est un chien et que pour une fois, le récit de Zweig, d'ordinaire très sombre, est parsemé ici d'un ersatz de gaieté, avant bien entendu que la "gravité" ne reprenne le dessus... J. N.

Stefan Zweig, Un soupçon légitime, Le Livre de Poche, 2011, 175 p.

Publié pour la première fois (en allemand et à titre posthume) en 1987.

28/08/2015

Le glamour

510Rt7Ch9gL._SX301_BO1,204,203,200_.jpgGrièvement blessé par un attentat à la voiture piégée, Richard Grey se fait soigner dans une clinique britannique. Son ancienne petite amie (ou amante, c'est selon) finit par le retrouver. Hélas, Richard n'a absolument aucun souvenir d'elle. Progressivement, la mémoire lui revient, ce qui permet à Susan d'aborder avec lui une faculté qu'elle possède : le glamour, ou l'art de se rendre invisible... A l'instar de ses autres romans, notamment le vertigineux La séparation, Christopher Priest, maître britannique incontesté des mondes parallèles, poursuit son exploration de la réalité et de sa perception. Moins incisif que le précédent ouvrage cité, Le glamour n'en est pas moins déroutant et demeure un des romans les plus complexes de l'auteur. Celui-ci, histoire de brouiller les pistes et de susciter en nous une remise en cause permanente de ce que nous sommes et de notre perception de tout ce qui nous entoure, a articulé son récit autour de la narration de six protagonistes différents. Un tour de force. J. N.

 

Christopher Priest, Le glamour, FOLIO SF, 2012, 412 p.

Publié pour la première fois en 1984 sous le titre original The Glamour.

 

26/08/2015

Les langages de Pao

téléchargement.jpgAlors que la planète Pao, un peu trop pacifiste et guère préparée à une confrontation militaire, se fait envahir par la civilisation des Brumbos, la seule solution qui lui permettrait de se débarrasser des colons serait de remodeler la structure de son langage. En effet, la langue paonaise, particulière à bien des égards, ne permet pas à ces adeptes d'être pourvus de sentiments comme l'abnégation, la résistance, le stoïcisme...etc. "La langue consistait en noms, en postpositions suffixées et en indicateurs temporels ; il n'y avait ni verbes, ni adjectifs, ni formes comparatives définies, telles que bon et meilleur. Il n'existait pas de mots comme "prestige", "intégrité", "individualité", "honneur", ou "justice", car l'idée que le Paonais moyen se faisait de lui-même - à supposer qu'il se considérât comme une personnalité distincte - était celle d'un bouchon flottant sur un océan de vagues innombrables, soulevé, attiré, bousculé par des forces incompréhensibles (...)".

Dans ce roman des débuts de Jack Vance (1916-2013), "Grand Master" de science-fiction et figure de proue de la SF américaine "à l'ancienne" (l'écriture est linéaire, la psychologie des personnages peu développée), nous soulignerons au-delà du thème - récurrent chez Vance - de la rencontre des civilisations, une réflexion incisive sur les fonctions du langage, résumée dans le paragraphe suivant : 

"Aucune langue n'est neutre. Toutes contribuent à donner une impulsion à l'esprit des masses, certaines avec plus de vigueur que d'autres. (...) Nous ne connaissons pas de langue "neutre"  ; aucune n'est supérieure à une autre, même s'il arrive qu'un langage X soit mieux adapté à un contexte lambda qu'un langage Y. Si nous allons plus loin, nous remarquons que tout idiome induit dans l'esprit des masses un certain point de vue sur le monde. Quelle est la véritable image du monde ? Existe-t-il un langage qui l'exprime ? Premièrement, nous n'avons aucune raison de croire que la véritable image du monde, si tant est qu'elle existe, puisse être un outil très utile ou efficace. Deuxièmement, aucun standard ne nous permet de la définir. La Vérité est contenue dans l'opinion préconçue de celui qui cherche à la définir. Toute organisation d'idées, quelle qu'elle soit, présuppose un jugement sur le monde".

J. N

 

Jack Vance, Les langages de Pao, Gallimard, Folio SF, 2002, 262 p.

Paru pour la première fois en 1958 sous le titre original The languages of Pao.

30/05/2015

Robespierre

maximilien de robespierreSi le débat est clos concernant le patron de la Terreur, période particulièrement sombre de la Révolution française (1793-1794), la Révolution étant désormais « une partie de notre héritage qui ne se discute plus, ajustée qu’elle est à notre destin pour le meilleur et pour le pire », l’auteur a toutefois chercher à expliquer dans le drame révolutionnaire « l’influence commune d’un tribun et d’une secte qui tendaient précisément à confisquer la Révolution pour la faire évoluer selon leurs vues ».

Ce livre ancien, datant de 1961 (il sera suivi par une légion d’ouvrages sur Robespierre), propose, au-delà d’une simple biographie, une réflexion très solide sur le Jacobinisme et ses avatars. Nous en avons retenu quelques passages :

maximilien de robespierre« (…) Le Jacobinisme a des origines plus lointaines, plus occultes dans la mesure où il est le produit, le fruit d’un tempérament. C’est un germe d’intolérance qui tient à la nature de certains individus, une volonté de domination et d’inquisition morale autant que politique, une sorte d’inflexibilité humaine élevée au rang de vertu, une exaspération qui perce périodiquement sous le feu des passions partisanes ; c’est peut-être une forme française de puritanisme ; c’est une humeur. Robespierre n’est qu’un état, un moment, du Jacobinisme, comme d’autres le furent avant lui, sous d’autres visages, sous d’autres enseignes. « Les haines, les rancunes, les jacobinismes de tous les temps… » écrit Sainte-Beuve. Et dans les années mêmes qui suivirent la Révolution, en 1808, un philosophe lucide et pondéré, Joubert, consignait dans son Journal cette réflexion qui semble avoir été formulée d’avance pour ce livre : « Le Jacobinisme est une affaire de tempérament, et il existe dans toutes les circonstances qui mettent cette espèce de tempérament à l’aise et lui permettent de se développer ».

« (…) Des hommes comme Danton, comme Mirabeau, comme Proudhon, ne sont pas jacobins dans la mesure précisément où l’exigence doctrinale ne les absorbe pas tout entiers. Un Robespierre, un Blanqui, n’aime que l’idée. Ce qu’il y a d’âme en eux ne bouge, ne s’émeut qu’en faveur de leur cause. On ne peut concevoir un Jacobin livré au doute, à l’incertitude, au scrupule. Sa morale lui fournit en toute occurrence la réponse qu’exige l’intérêt politique, et cette réponse est un ordre. S’il hésite, s’il discute avec lui-même, il est perdu pour la secte, perdu aussi pour lui-même ».   J. N

 

Pierre Bessand-Massenet, Roberspierre. L’homme et l’idée, Plon, 1961, 317 p.

06/05/2015

Clarissa

clarissa.jpgNous avions découvert Stefan Zwieg il y a environ dix ans, lisant d'une seule traite Le Joueur d'échecs dans le train de nuit qui nous emmenait de Pékin à Shanghai. Court (un peu plus d'une centaine de pages) mais incisif, ce roman développait une profusion de thèmes à travers l'histoire d'un exilé autrichien rendu fou par les techniques d'enfermement et d'interrogatoire de la Gestapo. C'est justement ce régime nazi que Zweig va fuir en 1934, s'exilant d'abord à Londres, ensuite au Brésil. C'est dans ce pays qu'il se suicidera en 1942 (avec sa femme), désespéré par les atrocités de la Seconde guerre mondiale, en particulier la montée du nazisme.

Publié à titre posthume, et non achevé, Clarissa porte un regard amer mais lucide sur cette Europe du début du XXème siècle, à travers le regard d'une femme. Fille d'un officier autrichien, Clarissa rencontre en Suisse, où elle travaille, Léopold, un socialiste français. Le premier conflit mondial les sépare mais elle attend de lui un enfant... A travers ce récit poignant, Stefan Zweig nous insuffle avec acuité tout le désespoir de l'homme face à l'absurdité de la guerre. Cette guerre qui fait surtout mal aux gens ordinaires. Ce sont ces derniers qui comptent et non ceux qui font la politique. Zweig l'a si bien résumé dans ce passage qui a retenu notre attention : 

"Ce ne sont pas les morts illustres qui font la valeur d'un pays. Ce sont les gens qui y vivent. Mais certainement pas les plus grands et les plus éminents d'entre eux :  c'est à travers les anonymes qu'il se perpétue".  

J. N

 

Stefan Zweig, Clarissa, Le Livre de Poche, 2014, 235 p.

Publié pour la première fois (en allemand) en 1990.

18:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : clarissa, stefan zweig

24/01/2015

Le temps des humiliés

bertrand badie,relations internationales,le temps des humiliésDans son dernier ouvrage, paru cette année, « Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales », Bertrand Badie opère une critique acerbe du fonctionnement des relations internationales contemporaines, affirmant que celles-ci sont façonnées par une humiliation systématique.

Qui ne se souvient pas des images montrant en 1998 l’ex-président indonésien Suharto signant, à la manière d’une reddition, le plan de rigueur imposé par le FMI ? Et derrière lui Michel Camdessus le dominant de sa stature ? Tout dans l’attitude de ce dernier semblait humiliant explique M. Badie, politologue français réputé et théoricien des relations internationales. Il estime que de tous temps l’humiliation a fait partie intégrante des relations entre Etats, et que la modernité n’y a rien changé. Bien au contraire, « le jeu de concurrence et d’individualisation qui affecte de plus en plus les rapports sociaux accélère et dramatise tous ces penchants ». Les exemples sont nombreux. A travers une première partie historique et richement documentée, l’auteur analyse divers événements conflictuels, marqués par le rabaissement de certains Etats par les grandes puissances : l’expédition punitive menée par le Royaume-Uni contre la Chine en 1840 (Guerre de l’opium), le dépeçage de l’Empire ottoman, l’intervention française au Mali…etc. « Incontestablement, l’idée s’impose et, dans sa diversité, l’humiliation devient un paramètre des relations internationales », affirme M. Badie dont l’objectif (réussi) est de montrer comment un système international génère de l’humiliation et provoque ainsi l’émergence de diplomaties réactives (les cas de l’Iran et de la Corée du nord constituent des exemples édifiants). La seconde partie du livre analyse l’humiliation dans sa forme actuelle, tandis que la troisième évalue les réactions périlleuses qu’entraîne l’humiliation. Ces trois volets ont pour but de nous faire « comprendre […] les impasses actuelles de la vie internationale, irréductibles aux catégories classiques de la science politique ».

C’est rappeler ici que M. Badie critique le système international actuel mais également les théories qui l’expliquent, en l’occurrence le courant néo-réaliste (né aux Etats-Unis), dominant, et qui considère que les intérêts des Etats et la quête de puissance sont les seuls variables explicatives des relations internationales. L’auteur martèle justement que le monde est devenu bien plus complexe depuis la fin de la Guerre froide et que la mondialisation a entraîné l’émergence d’acteurs non-étatiques qui viennent perturber le jeu international. Car si l’humiliation entraîne quatre types de diplomaties inédits de la part des Etats humiliés (revancharde ; souverainiste ; contestataire ; déviante), elle tend également à former un « anti-système » dans lequel les sociétés opprimées se rebellent (Printemps arabe) et les acteurs transnationaux ont la part du lion. La prééminence du Hezbollah au Liban et la marche apocalyptique de l’Etat islamique lui donneraient-ils raison ?S’il est trop tôt encore pour affirmer que les acteurs non-étatiques constituent un élément cardinal des relations internationales, la réflexion de M. Badie a toutefois le mérite d’ouvrir nos horizons quant à nos perceptions du système international. Celui-ci ne peut plus être vu comme une simple joute entre Etats rivaux. L’autre satisfaction concernant ce livre est qu’il est très accessible.

Autant vous aurez envie de prendre un anxiolytique après la lecture de certains ouvrages de l’auteur (La fin des territoires, 1992), tant les concepts expliqués nécessitent des connaissances préalables, autant vous lirez celui-ci sans déplaisir, tant l’explication est fluide et adressée à un large public. Fossoyeur de la dictature de la pensée, Bertrand Badie démocratise ici la compréhension des relations internationales. Et c’est une excellente nouvelle. J. N

Bertrand Badie, Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales, Odile Jacob, 2014, 249 p.

20/01/2015

Le temps des changements

le temps des changements,robert silverbergDans un monde qui semble être néo-retro, et plus précisément sur la planète Borthan, toute manifestation d'individualité est strictement interdite. Il est en effet proscrit de dire "Je". Pour Kinal Darrival, les choses ne sont pas figées et le temps des changements est à venir. Dans sa quête de soi, il rencontre Schweiz, un marchand venu de la Terre et fort logiquement adepte d'autres coutumes et d'une autre conception du monde. Avec Schweiz, Kinal va découvrir la drogue (clin d’œil de l'auteur à toutes sortes de substances hallucinogènes : LSD, peyotl, amphétamines...etc), subissant une "liquéfaction générale de la réalité, un effondrement des murs, une rupture des contraintes" (...). Mais surtout, cet état second va lui permettre d'ouvrir son esprit, casser les tabous, prélude à "sa" révolution. 

Réquisitoire contre la dictature de la pensée et des traditions, oeuvre introspective (1) mais également messianique, Le temps des changements est un autre tour de force parmi les très nombreux chefs-d'oeuvre de Robert Silverberg, et demeure largement d'actualité plus de quarante ans après sa publication. J. N

 

Robert Silverberg, Le temps des changements, Le Livre de Poche, 2013, 254 p.

Publié pour la première fois en 1971 sous le titre original A Time of Changes.

- Prix Nebula - 1971.

(1) Quête de l'identité comme dans Le livre des crânes (1972) mais également introspection concernant le judaïsme, qui apparaît également en filigrane dans L'oreille interne (1972).

19/01/2015

Berthe Morisot

impressionnisme,berthe morisot,dominique bona,paul durand-ruelMembre de l'Académie française depuis avril 2013 et lauréate du Prix Renaudot, Dominique Bona nous propose ici une biographie de Berthe Morisot (1841-1895). Pourquoi elle ? Dominique Bona s'est interrogée sur ce portrait peint par Edouard Manet en 1872 (Berthe Morisot au bouquet de violettes), constituant la couverture du livre. Enigmatique ce portrait de la future belle-soeur de Manet (sourit-elle ?), représenté dans un mélange de clair et d'obscur. Mais surtout, Berthe Morisot fut la seule femme au sein de ce groupe d'Impressionnistes décriés à leurs débuts et refusés par les Salons officiels. A travers ce récit, tous ces peintres et amis seront d'ailleurs évoqués (Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir...etc). Impossible en effet de ne pas raconter leur histoire puisque leurs parcours sont étroitement liés (Mallarmé et Zola faisaient également partie de la bande). Voici donc un livre passionnant sur les débuts de l'Impressionnisme, pour ceux qui s'y intéressent. Et pour voir les toiles en vrai, hormis les Musées d'Orsay, de l'Orangerie, et Marmottan-Monet, à Paris, le Musée du Luxembourg propose jusqu'au 8 février une exposition consacrée à Paul Durand-Ruel - marchand d'art et promoteur des peintres impressionnistes - et permettant d'apprécier 80 toiles provenant de musées français et étrangers. J. N

Dominique Bona, Berthe Morisot - Le secret de la femme en noir, Le Livre de Poche, 2000, 378 p.

- Bourse Goncourt de la biographie

- Prix Bernier de l'Académie des Beaux-Arts