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05/12/2013

Juliette Society

41RZkiKraCL._SY445_.jpgEtudiante en cinéma, Catherine découvre par l'intermédiaire de sa copine Anna la "Juliette Society", une sorte de réseau secret branché pornographie, fréquenté par des hommes riches et influents (clin d'oeil probable à Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick) désireux d'assouvir leurs fantasmes les plus tordus sur des femmes libérées et curieuses. A travers les aventures de son héroïne (l'histoire est racontée à la première personne), Sasha Grey, ancienne actrice porno (1) effectue une réflexion sur la société contemporaine, ses conventions sociales, ses complexes, et son hypocrisie, et plus précisément sur la place de la femme et ses désirs sexuels dans un monde machiste. Joliment écrit, avec de nombreuses références cinématographiques, sarcastique, subversif, et non dénué d'inventivité littéraire, ce premier roman constitue une très belle surprise et apporte un vent de fraîcheur au féminisme littéraire. J. N.

"Dickie est peut-être riche à tuer, mais ses talents en matière de conversation sont aussi arides que le milieu où il exerce. Dickie m'ennuie tellement que j'en bouferrais ma culotte."

"Songez à cette fille de dernière année au lycée qui est cataloguée comme salope ou pute simplement parce qu'elle fait ce qu'elle veut de son corps et de son coeur. Alors que la moitié de ses camarades portent des bagues de virginité comme un prophylactique qui maîtrisera leurs désirs - comme si ça allait marcher - et croient, Dieu sait pourquoi, qu'elles valent mieux. Qu'elle est inférieure, plus faible, plus vile. Parce qu'elle a déjà décidé qu'elle aimait le sexe. Et surtout sucer des bites."

Sasha Grey, Juliette Society, Le Livre de Poche, 2013, 353 pages. 

 

(1) Elle met fin à sa carrière dans le porno en 2011. Elle a également tourné dans The Girlfriend Experience (2009) de Steven Soderbergh, et dans la série Entourage.

22:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2013

Les Profondeurs de la Terre

robert silverberg,les profondeurs de la terre,downward to the earth,science-fictionAlors qu’il s’était exilé dans le passé de la planète Belzagor dont il fut administrateur, Gundersen y retourne dix ans plus tard. A l’époque de sa colonisation par les humains, cette planète était dirigée par la Compagnie, qui en extrayait les matières premières pour ensuite les expédier sur Terre. Désormais Belzagor est indépendante, y vivent deux races intelligentes, les nidloror et les sulidoror. N’y vivent plus les humains, hormis des touristes en manque de dépaysement. Soucieux de racheter ses erreurs du passé, Gundersen décide de partir au nord, au Pays des Brumes, là où aucun homme ne s’aventure, pour assister à la mystérieuse cérémonie de la Renaissance, et ultimement, se métamorphoser. Comme souvent chez Robert Silverberg, le style d’écriture simple n’en est pas moins subtil. A travers le voyage initiatique d’un homme en quête de repentance, c’est un dépassement du choc des civilisations et un beau plaidoyer pour la tolérance qu’il nous propose.  J. N.

(1)   

Robert Silverberg, Les Profondeurs de la Terre, Le Livre de Poche, Science-Fiction, 2010, 285 p.

Paru pour la première fois en 1972 sous le titre original Downward to the Earth.

 

28/06/2013

La séparation

christopher priest,la séparation,uchronie,rudolf hess,seconde guerre mondiale,science-fictionDurant la Seconde guerre mondiale, deux officiers britanniques de l'armée de l'air - deux frères jumeaux -, Jacob et Joseph Sawyer, se retrouvent au coeur de "l'affaire Rudolf Hess". Ce dignitaire nazi, dauphin d'Adolf Hitler, s"était sans explication aucune envolé pour l'Angleterre le 10 mai 1941. Son avion fut abattu par la DCA. Arrêté et emprisonné jusqu'au procès à Nuremberg (1945-1946) qui le condamna à la prison à perpétuité, il avait déclaré aux autorités britanniques vouloir entamer par l'intermédiaire d'une médiation du duc de Hamilton des négociations de paix entre l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Considéré comme l'un des auteurs britanniques de science-fiction les plus originaux du moment, Christopher Priest prend pour départ de son roman le fameux vol mystérieux du 10 mai 1941 (cet événement ne fut jamais véritablement élucidé) et en effectue une uchronie à travers un récit riche et complexe. Comme dans ses autres romans, on retrouve ici les thèmes de prédilection de Priest, la perception du réel et les mondes parallèles.

Christopher Priest, La séparation, Gallimard, Folio SF, 2008, 496 pages.

Paru pour la première fois en 2002 sous le titre orignial The Separation.

 

- Prix Arthur C. Clark - 2003

- Grand Prix de l'imaginaire - 2006

- British Science Fiction Award - 2002

 

 

13/04/2013

Anima

wajdi mouawad,animaL’avis des éditeurs le décrit comme un roman minautore, a moitie humain a moitie monstre.

Je l'ai lu lentement, prenant de longues pauses entre chaque passage, reprenant mon souffle, lisant autre chose entre temps. Parce que ce roman (Minautore) risquait a chaque fois de m'avaler. en trois mots : il est énorme, j'hésite a dire total même si je le pense.

En bref, cela commence par un meurtre, particulièrement atroce, un certain Wahch Debch (littéralement Monstre Brutal) rentre chez lui et trouve sa femme tuée de la plus sordide des manières. Commence alors sa quête pour trouver le meurtrier. 

Voilà pour l'histoire, mais ce qui est époustouflant c'est le traitement de l'histoire, la narration des 2 premiers tiers se fait par le biais d'animaux que le personnage rencontre au gré de ses pérégrinations. Un chien par ci, un oiseau par la, parfois un rat ou une abeille ou encore un chat ou une araignée. La fin est prise en main par un humain, homo sapiens sapiens qui ne semble pas, au final, très diffèrent des autres narrateurs.

Je l'ai trouvé beau ce roman, il est intense, particulièrement violent, hyper-triste et souvent cruel mais il est rempli d'une bonté animale qui transcende l'humain ou qui l'intègre. Car dans tout ça, ce qui m'a le plus frappe c'est le fait que les frontières se brouillent, d'abord les pays, puis les identités, puis les définitions. Nous ne savons plus qui est quoi, est-ce que le meurtrier qui a violé sa femme a travers une plaie pratiquée dans son abdomen est plus ou moins humain que Wahch le lache qui devra réveiller quelque chose d'infiniment violent en lui pour accéder a le rédemption.

Sans oublier le terrible passage sur le massacre de Sabra et Chatila et tout ce que cela représente pour un peuple amnésique qui se fait rattraper par son passe sanglant...

Voilà, il faut lire Anima pour plusieurs raisons. D’abord la plus simple : Wajdi Mouawad est un putain de bon auteur, il manie la (les) langue(s) avec brio, ensuite la dimension profondément violente du roman a une vertu cathartique des plus bienvenues, après Anima on n'a plus vraiment envie de faire la guerre, on en sort vides, presque propres je dirais. Et enfin il est très intéressant, je trouve de tenter de toucher le noyau de ce qui fait de nous ce que nous sommes, des bêtes pensantes, remplies de peur et de ressentiment, capables des pires crimes envers nous-mêmes et les autres mais aussi et surtout capables d'amour, beaucoup d'amour.  Serge Harfouche


Wajdi Mouawad, Anima, Actes Sud Editions, 2012, 352 p.

20:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wajdi mouawad, anima

16/01/2013

La nuit de la lumière

philip josé farmer,la nuit de la lumière,science-fiction,night of light,religion,boontisme,john carmodySur la planète de la Joie de Dante, à 50 millions d'années-lumière, la fameuse nuit de la Lumière dure sept jours tous les sept ans. Durant celle-ci, tout peut arriver si l'on reste éveillé. John Carmody, truand, assassin sans scrupules, y est devenu Père sans vraiment savoir pourquoi et comment. Premier terrien à passer la nuit, il est redépêché à Dante par l'Eglise catholique pour résoudre de graves problèmes théologiques. Car sur cette planète, une mystérieuse et effrayante religion, le Boontisme, se propage insidieusement et pourrait avoir des effets sur tout l'univers...

Grand auteur américain de science-fiction, Philip José Farmer (1918-2009) est connu pour avoir inventé en littérature SF le concept de Wold Newton, et est également un des premiers à y avoir développé le thème de l'érotisme. Remettant en question les valeurs de ses héros, personnages complexes, à la morale ambigüe, Farmer transgresse littéralement dans La nuit de la lumière les principes de la religion et de l'éthique. Entre délires mystiques et distorsions temporelles, un roman vertigineux.  J. N


Philip José Farmer, La nuit de la lumière, J'ai Lu, n° 885, 1978.

(publié pour la 1ère fois en 1966 sous le titre original Night of Light)

11/01/2013

La Tour de verre

la tour de verre,science-fiction,robert silverberg,le livre de poche,tower of glassPrès du continent arctique, la construction de la tour de l'omnipotent Simon Krug se fait à une vitesse effrénnée. En septembre 2218, elle mesurait à peu près cent mètres. En janvier 2219, elle s'élève déja à 940 mètres... Le rêve de Krug ? Communiquer par le biais de la tour avec les étoiles, d'autant plus qu'un signal vient d'être envoyé de quelque part près de la nébuleuse NGC7293.  Ambitieux sans limites, parti à partir de rien, Krug est également celui qui créa les androïdes. Pas vraiment différents des humains, ces derniers lui vouent un culte sans précédent. Krug le dieu, le miséricordieux, le messie, le redempteur, le libérateur... Mais peut-il être tout ceci à la fois ?

Dans un style qu'on lui connaît, où action, densité narrative, et exploration des personnages se cotoient, le très prolifique Robert Silverberg, qui obtint en 2004 le titre de Grand maître de la science-fiction (décerné par l'Association des auteurs américains de S-F) aborde dans ce roman un de ses nombreux thèmes, la condition de la population androïde. A l'instar d'autres écrivains de Science-Fiction qui abordèrent cette thématique dans leur propre style, comme Isaac Asimov (1) ou Philip K. Dick, Silverberg le fait également à sa manière, dans un récit subtil et passionnant.  J. N

 

Robert Silverberg, La Tour de Verre, Le Livre de Poche, Science-Fiction, 318 p.

Titre original : Tower of glass (publié pour la première fois en 1970)

 

(1) Avec notamment son Cycle des Robots qui comprend les romans Les Cavernes d'acier (1954), Face aux feux du soleil (1957) et Les Robots de l'aube (1983).

 

05/01/2013

Replay

Alors qu'il est replay,ken grimwood,world fantasy awarden conversation téléphonique avec sa femme, Jeff Winston, 43 ans, meurt d'une crise cardiaque. Il se réveille toutefois dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans. Dans sa vie antérieure, son mariage battait de l'aile et sa vie profesionnelle ne le satisfaisait pas. Fort de ses souvenirs du passé, il va pouvoir vivre une existence différente... Né en 1947 et décédé en 2003, Ken Grimwood, journaliste et écrivain, traite dans ses ouvrages des thèmes de l'affirmation de soi et du contrôle de sa vie, qu'on retrouve bien entendu dans ce récit inoubliable. Il nous conte une histoire émouvante autour d'une question que nous nous posons tous : et si nous aurions pu retourner dans le passé et vivre, fort de notre expérience d'aujourd'hui, une autre vie ?

Ken Grimwood, Replay, Editions du Seuil, 1988, 432 p. Traduit de l'anglais par Françoise et Guy Casaril.

(publié pour la première fois en 1986)

- World Fantasy Award - 1988.

 

Un site dédié à la mémoire et à l'oeuvre littéraire de Grimwood : 

http://wganoe.home.mchsi.com/index.html

28/12/2012

Snuff

chuck palahniuk,snuff,littérature subversive,style minimalisteReine du porno sur le retour, Cassie Wright décide de terminer sa carrière sue un coup d'éclat : se faire prendre devant les caméras par 600 mecs en une seule nuit... Dans les coulisses, les protagonistes mâles attendent chacun leur tour et discutent de tout et de rien (surtout de rien). Le récit est focalisé sur quelques "sujets", les numéros 73, 137 et 600 notamment, et à travers cela, nous décrit l'envers du décor de l'industrie porno.

Maître incontesté de la littérature subversive, Chuck Palahniuk, à qui l'on doit l'explosif Fightclub (1996) - adapté au grand écran par David Fincher - poursuit dans son habituel style minimaliste l'exploration des côtés obscurs de notre société, à travers la pornographie cette fois-ci. Il est également auteur d'une dizaine d'autres romans, parmi lesquels Survivant (1999), Monstres invisibles (1999), Choke (2001), adapté au cinéma, Peste (2007) et Damnés (2011).

Chuck Palahniuk, Snuff, Sonatine Editions, 2012, 213 p. Traduit de l'américain par Carlo.

(publié pour la première fois en 2008)

26/12/2012

Le livre des crânes

le livre des crânes,robert silverberg,science-fictionQuatre amis (Oliver, Timothy, Eli et Ned), la vingtaine, ont en leur possession le livre des crânes, qui devrait leur permettre de découvrir le secret de l'immortalité. Ils traversent toute l'Amérique à la recherche du Monastère de la Fraternité des Crânes. Ce long road trip est l'occasion pour eux de s'interoger sur soi. Une véritable quête identitaire. Au bout de l'aventure, les attend l'épreuve ultime car il est dit dans le Livre que seuls d'eux d'entre-eux survivront... Pas un ouvrage de science-fiction mais à la lisière du fantastique, ce récit sombre est une des oeuvres majeures de Robert Silverberg. Comme dans L'oreille interne, où l'auteur a alterné entre les narrations "je" et "il", il a distribué ici la narration entre les quatre protagonistes. L'adjonction à cela de l'écriture serrée, autre marque de fabrique de Silverberg, nous plonge au coeur même de la personnalité des personnages. A lire.

Robert Silverberg, Le livre des crânes, Presses Pocket, Science-Fiction, 1975, 284 p.

Titre original : The Book of Skulls (publié pour la 1ère fois en 1972).

23/12/2012

Les enfants d'Icare

51+Bu0plExL._SL500_AA300_.jpgDes extraterrestres à la technologie extrêmement avancée débarquent un jour sur terre, dans un but officiellement pacifique. Restant dans leurs vaisseaux suspendus au dessus de la planète (1), ils n'interfèrent jamais dans les affaires humaines, apportant uniquement leur science au service du bien et à la pacification, celle-ci mettant fin aux conflits. Toutefois, des interrogations demeurent : pourquoi sont-ils vraiment là ? Quel est leur véritable objectif ? Et pourquoi n'est-il pas possible de les voir ? Car en effet, les "Suzerrains", comme on les appelle, ne communiquent que par l'intermédiaire de leur représentant, Karellen, "Superviseur de la Terre", celui-ci entrant en contact - par le biais d'un miroir sans teint - avec Stormgren, secrétaire général de l'ONU. Les Suzerrains promettent toutefois que dans 50 ans, ils se révéleront à l'humanité.

Ecrit par l'auteur culte de science-fiction Arthur C. Clark (2), décédé en 2008, ce roman paraît dans un contexte (les années 50), marqué aussi bien par la peur du guerre nucléaire (nous sommes au début de la guerre froide et les deux superpuissances - USA et URSS - possèdent l'arme atomique) que de celle d'une éventuelle invasion extraterrestre. Clark prend d'ailleurs le contrepieds d'ouvrages dépeignant les extraterrestres comme agressifs et colonisateurs, comme le fameux La guerre des mondes de H.G Wells, écrit en 1898 mais adapté au cinéma en 1953 (la même année où paraît Les enfants d'Icare), ou encore L'invasion des profanateurs, paru en 1955. A noter de même qu'en 1951, sortait le film, toujours culte, Le jour où la terre s'arrêta (Robert Wise), qui traite du même thème qu'Arthur C. Clark, qui s'en est peut-être inspiré.

Quoi qu'il en soit, sur ce thème d'extraterrestres "bienveillants", une des oeuvres majeures de l'auteur, est un récit passionnant, intelligent et à lire par les amateurs du genre.

 

Arthur C. Clark, Les enfants d'Icare, J'ai Lu, 2001, 256 p.

Titre original : Childhood's End (publié pour la 1ère fois en 1953).

 

(1) Image reprise au cinéma par Roland Emmerich (Independence Day, 1996), Neil Blomkamp (District 9, 2009) et d'autres...

(2) Connu pour ses ouvrages phares 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968, adapté au cinéma par Stanley Kubrick) et Les fontaines du paradis (1978).