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28/12/2012

Snuff

chuck palahniuk,snuff,littérature subversive,style minimalisteReine du porno sur le retour, Cassie Wright décide de terminer sa carrière sue un coup d'éclat : se faire prendre devant les caméras par 600 mecs en une seule nuit... Dans les coulisses, les protagonistes mâles attendent chacun leur tour et discutent de tout et de rien (surtout de rien). Le récit est focalisé sur quelques "sujets", les numéros 73, 137 et 600 notamment, et à travers cela, nous décrit l'envers du décor de l'industrie porno.

Maître incontesté de la littérature subversive, Chuck Palahniuk, à qui l'on doit l'explosif Fightclub (1996) - adapté au grand écran par David Fincher - poursuit dans son habituel style minimaliste l'exploration des côtés obscurs de notre société, à travers la pornographie cette fois-ci. Il est également auteur d'une dizaine d'autres romans, parmi lesquels Survivant (1999), Monstres invisibles (1999), Choke (2001), adapté au cinéma, Peste (2007) et Damnés (2011).

Chuck Palahniuk, Snuff, Sonatine Editions, 2012, 213 p. Traduit de l'américain par Carlo.

(publié pour la première fois en 2008)

26/12/2012

Le livre des crânes

le livre des crânes,robert silverberg,science-fictionQuatre amis (Oliver, Timothy, Eli et Ned), la vingtaine, ont en leur possession le livre des crânes, qui devrait leur permettre de découvrir le secret de l'immortalité. Ils traversent toute l'Amérique à la recherche du Monastère de la Fraternité des Crânes. Ce long road trip est l'occasion pour eux de s'interoger sur soi. Une véritable quête identitaire. Au bout de l'aventure, les attend l'épreuve ultime car il est dit dans le Livre que seuls d'eux d'entre-eux survivront... Pas un ouvrage de science-fiction mais à la lisière du fantastique, ce récit sombre est une des oeuvres majeures de Robert Silverberg. Comme dans L'oreille interne, où l'auteur a alterné entre les narrations "je" et "il", il a distribué ici la narration entre les quatre protagonistes. L'adjonction à cela de l'écriture serrée, autre marque de fabrique de Silverberg, nous plonge au coeur même de la personnalité des personnages. A lire.

Robert Silverberg, Le livre des crânes, Presses Pocket, Science-Fiction, 1975, 284 p.

Titre original : The Book of Skulls (publié pour la 1ère fois en 1972).

23/12/2012

Les enfants d'Icare

51+Bu0plExL._SL500_AA300_.jpgDes extraterrestres à la technologie extrêmement avancée débarquent un jour sur terre, dans un but officiellement pacifique. Restant dans leurs vaisseaux suspendus au dessus de la planète (1), ils n'interfèrent jamais dans les affaires humaines, apportant uniquement leur science au service du bien et à la pacification, celle-ci mettant fin aux conflits. Toutefois, des interrogations demeurent : pourquoi sont-ils vraiment là ? Quel est leur véritable objectif ? Et pourquoi n'est-il pas possible de les voir ? Car en effet, les "Suzerrains", comme on les appelle, ne communiquent que par l'intermédiaire de leur représentant, Karellen, "Superviseur de la Terre", celui-ci entrant en contact - par le biais d'un miroir sans teint - avec Stormgren, secrétaire général de l'ONU. Les Suzerrains promettent toutefois que dans 50 ans, ils se révéleront à l'humanité.

Ecrit par l'auteur culte de science-fiction Arthur C. Clark (2), décédé en 2008, ce roman paraît dans un contexte (les années 50), marqué aussi bien par la peur du guerre nucléaire (nous sommes au début de la guerre froide et les deux superpuissances - USA et URSS - possèdent l'arme atomique) que de celle d'une éventuelle invasion extraterrestre. Clark prend d'ailleurs le contrepieds d'ouvrages dépeignant les extraterrestres comme agressifs et colonisateurs, comme le fameux La guerre des mondes de H.G Wells, écrit en 1898 mais adapté au cinéma en 1953 (la même année où paraît Les enfants d'Icare), ou encore L'invasion des profanateurs, paru en 1955. A noter de même qu'en 1951, sortait le film, toujours culte, Le jour où la terre s'arrêta (Robert Wise), qui traite du même thème qu'Arthur C. Clark, qui s'en est peut-être inspiré.

Quoi qu'il en soit, sur ce thème d'extraterrestres "bienveillants", une des oeuvres majeures de l'auteur, est un récit passionnant, intelligent et à lire par les amateurs du genre.

 

Arthur C. Clark, Les enfants d'Icare, J'ai Lu, 2001, 256 p.

Titre original : Childhood's End (publié pour la 1ère fois en 1953).

 

(1) Image reprise au cinéma par Roland Emmerich (Independence Day, 1996), Neil Blomkamp (District 9, 2009) et d'autres...

(2) Connu pour ses ouvrages phares 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968, adapté au cinéma par Stanley Kubrick) et Les fontaines du paradis (1978).

 

 

02/06/2012

Les monades urbaines

9782253072256 (1).jpg2381. La population mondiale culmine à 70 milliards d'habitants, avec pour devise "se multiplier". Avoir 4 enfants est quelque chose de tout à fait banal... Dans ce monde post-moderne, post-urbain, les humains vivent dans des tours géantes de mille étages - les monades urbaines - où jouissant d'une entière liberté sexuelle (le concept de fidélité n'existe plus), sont a priori parfaitement adaptés à un espace vital restreint et à un faible coefficient d'intimité privée. Dans ce monde "parfait", point d'espace vert, la Terre est devenue un gigantesque bloc de béton où le nouveau homo-sapiens ne quitte jamais sa tour, voire son étage et vit pleinement l'utopie. Ceux qui ne sont pas heureux sont soignés et ceux qui sont incurables sont exécutés car constituant une tendance antisociale pernicieuse, ils représentent une menace à l'harmonie et à la stabilité. Comme disait un penseur, l'égalité consiste à trancher ce qui dépasse.

A l'instar de 1984 (George Orwell) du Meilleur des mondes (Aldous Huxley), cette société idyllique n'est-elle pas en fait synonyme de monde totalitaire ? Sur cette thématique, l'oeuvre de Robert Silverberg (qu'on ne présente plus), postérieure aux deux autres, en est tout aussi culte et constitue une des oeuvres phares de l'auteur.

Robert Silverberg, Les monades urbaines, Le Livre de Poche, Science-Fiction, 2000, 253 p.

Titre original : The World Inside (paru pour la 1ere fois en 1971).

- Nominé pour le Prix Nebula (1972).

19/02/2012

Le voyageur de l'inconnu

philip k. dick,le voyageur de l'inconnu,dr. futurity,mondes parallèlesAlors qu'il parcourt en voiture l'autoroute près de San Francisco, Jim Parsons se retrouve soudain happé par un tourbillon grisâtre et se retrouve projeté dans le futur. Un futur bien étrange où l'art obscur de se donner la mort a suppléé la soif de vivre... Le pire est que notre anti-héros (marque de fabrique chez Philip K. Dick) n'en est pas au bout de ses peines et va se retrouver par la suite et à plusieurs reprises téléporté dans différents espaces temporels... De quoi faire passer les déplacements à plusieurs niveaux des protagonistes du film Inception (2010) pour des promenades de santé... Au menu, mondes parallèles et délires spatio-temporels, thèmes fétiches de la première période d'écriture (les années 60) du spécialiste es Science-Fiction made in US le plus atypique.

Philip K. Dick, Le voyageur de l'inconnu, Le Masque, Science-Fiction, 1974, 253 p.

Titre original : Dr. Futurity (paru pour la 1ère fois en 1964).

12/02/2012

L'invasion des profanateurs

jack finney,science-fiction,gallimard,the invasion of the body snatchers,l'invasion des profanateurs de sépultures"Chaque cosse avait éclaté en quatre ou cinq endroits, laissant échapper une partie de la substance grise qu'elle contenait. Cette matière était en train de blanchir, comme si elle se décolorait au contact de l'air. Nous ne pouvions le nier, cela se passait sous nos yeux : cette substance molle et duveteuse se comprimait d'elle-même et prenait lentement forme."

Dans une petite ville de Californie (on est en 1976), certaines personnes commencent à agir bizarrement. Le psychanaliste local ne décèle rien de particulièrement chez les patients qu'on lui présente. Et pourtant, ces derniers semblent bel et bien avoir été dépossédés de leur identité, voire "vidés de leur substance"... The invasion of the Body Snatchers est le premier roman de Jack Finney (1911-1955). Son style d'écriture, plutôt monotone, privilégie une atmosphère sombre, faite d'inquiètude et de paranoïa, à l'action, très lente. L'intrigue est décelable à travers la psychologie de personnages terrifiés. Le récit comporte par ailleurs divers niveaux, décelables par des détails minuscules, reflexion sur les humains (et les extra-terrestres), psychanalise, allégorie politique...

Preuve de l'attrait du thème traité, ce roman a été adapté pas moins de quatre fois au cinéma. Don Siegel (1912-1991) réalisa la première adaptation, Invasion of the body snatchers, en 1956. Un chef-d'oeuvre. C'est ensuite Philip Kaufman qui s'y colle (même titre que le précédent) en 1978, pour un très bon remake, avec à l'affiche Donald Sutherland et Brooke Adams. Puis on pensait que Abel Ferrara allait terminer la boucle, avec son Body snatchers (1993), et un résultat assez médiocre. Mais voilà que le réalisateur allemand Oliver Hirschbiegel (Das Experiment, 01 ;Der Untergang, 04) s'y est mis à son tour. Si Ferrara avait retiré "invasion" du titre original, en ne préservant que "body snatchers", Hirschbiegel a fait le contraire. Il a supprimé "body snatchers" pour ne garder que "Invasion" (2007). Alors que les précédentes adapatations se terminaient par un dénouement sombre, celle de Hirschbiegel aboutit à un happy end... Hormis une discussion intéressante entre Carol (Nicole Kidman) et l'ambassadeur russe à propos des tares de l'espèce humaine, ce dernier (nous l'espérons) opus fut aussi inutile qu'insipide. 

Jack Finney, L'invasion des profanateurs, Gallimard, Folio SF, 2000, 248 p.

Titre original : The invasion of the Body Snatchers (publié pour la première fois en 1955).


07/01/2012

Les marteaux de Vulcain

philip k. dick,les marteaux de vulcain,science-fiction,vulcain III,mens magna,robert silverberg,aldous huxley,le meilleur des mondes,francis G. rayer,le lendemain de la machine, les monades urbaines,monde totalitaire,intelligence artificielleEn 2029, le monde est régi par une intelligence artificielle appelée Vulcain III, une sorte d'ordinateur géant faisant office de gouvernement mondial. Vulcain III a sorti la race humaine de la guerre et des autres fléaux (chômage, pauvreté...). Un monde parfait ? Dans cet univers post-machiniste, les humains sont contrôlés dès leur naissance et aucune contestation de l'ordre établi n'est autorisée car les fameaux marteaux veillent au grain. Pourtant, une certaine organisation subversive n'entend pas les choses de cette manière... Les marteaux de Vulcain est un des premiers romans écrits par Philip K. Dick et renvoie à un de ses principaux thèmes de prédilection, la menace d'un monde totalitaire, qui n'est pas sans rappeler Le meilleur des mondes (1931) de Aldous Huxley, Les monades urbaines (1971) de Robert Silverberg, ou plus plus proche encore, Le lendemain de la machine (1951) de francis G. Rayer, où la terre est également dirigée par un ordinateur géant, la Mens Magna...

Philip K. Dick, Les marteaux de Vulcain, Le Masque, Science-Fiction, 1975, 251 p.

Titre original : Vulcan's Hammers (paru pour la 1ère fois en 1960).

30/12/2011

Les déportés du Cambrien

les déportés du cambrien,robert silverberg,science-fictionDans une Amérique futuriste, dirigée par un système politique totalitaire, les opposants politiques et autres "agitateurs" ne sont pas déportés dans des camps de concentration mais dans le passé - grâce à une machine conçue pour effectuer un aller simple -, l'ère du Cambrien, soit un milliard d'années plus tôt, là où leur capacité de nuisance sera nulle... Dans cet espace fort peu hospitalier, où il n'y a pas encore ni espèce végétale ni animaux terrestres (quelques espèces maritimes toutefois), ils tentent de survivre tant bien que mal. Mais voilà qu'un homme étrange, Lew Hahn débarque, et rien n'indique qu'il est un exilé politique... Fable politique, plaidoyer pour un monde démocratique et reflexion sur l'individualisme, ce récit poignant qui se lit néanmoins sans déplaisir est une nouvelle preuve de l'imagination débordante de Robert Silverberg.

Robert Silverberg, Les déportés du Cambrien, Le Livre de Poche, Science-Fiction, 2002, 191 p.

Titre original : Hawksbill Station (paru pour la première fois en 1968).

27/11/2011

L'homme programmé

l'homme programmé,the second trip,robert silverberg,science-fiction,Patrick McGrath,spider,fight club,chuck palahniuk,schizophréniePaul Macy vient de quitter le Centre de Réhabilitation après quatre années de cure neuropsychiatrique. Sa mémoire a été complètement effacée. Nouvelle vie et surtout nouvelle identité. Et pour cause, l'ancien pensionnaire de son corps, Nat Hamlin, "psychosculpteur" de génie, a un jour pété un cable, devenu violeur en série. Pourtant, dès sa sortie du centre, une jeune femme, ancienne compagne de Hamlin, vient perturber sa nouvelle existence. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, une voix à l'intérieur de son crâne lui demande avec insistance de lui rendre son corps...

Faisant à écho à l'Oreille interne, écrit la même année et lauréat des prix Hugo et Nébula, "The Second Trip" (le titre en anglais) est tout aussi brillant. Après le thème de la télépathie comme source d'aliénation sociale, Silverberg aborde celui de la schizophrénie. Violent, plus sombre que L'Oreille interne, il n'en comporte pas moins une touche d'optimisme. Partie d'échecs psycho-tragique entre deux "moi", l'histoire n'est pas sans rappeler le déroutant Spider de Patrick McGratch ou encore le jubilatoire Fight Club de Chuck Palahniuk, tous deux postérieurs au roman de Silverberg mais plus connus car adaptés avec brio au cinéma (1).

Robert Silverberg, L'Homme programmé, Gallimard, Folio SF, 2008, 316 p.

Titre original : The Second Trip (publié pour la première fois en 1972).

 

 

(1) Ecrit en 1998, Spider est adapté en 2002 par David Cronenberg (Crash, A History of violence, Eastern promises). Quant à Fight Club, écrit en 1996, il est adapté par David Fincher (Alien 3, The Game, Zodiac, The social network) en 1998, avec pour principaux protagonistes Edward Norton et Brad Pitt.

16/10/2011

Au bout du labyrinthe

philip k. dick,a maze of death,au bout du labyrinthe,christopher priest,william gibson,matrix,inception,dark city,richard kelly,a scanner darkly,science-fiction,mondes parallèles,david lynch,david cronenberg,terry gilliam,videodrome,donnie darko,12 monkeysUn groupe d'humains est envoyé sur la planète Delmak O, sans savoir pourquoi ni quoi y faire. Tous possèdent des compétences pointues qui semblent inutile dans ce lieu hostile où ces colons vont très vite se rendre à l'évidence d'un univers changeant selon sa propre logique mais également en fonction de la psychologie des protagonistes. Luttant contre des ''bizareries'' comme l'"Edifice", un psychofaçonneur (il faut être Philip K. Dick pour inventer des noms pareils) ou encore un destructeur de formes, ils se rendent compte qu'ils ne sont plus capable de discerner le virtuel du réel. Entre distortions de la réalité et délires mystiques, un classique de l'auteur.

Auteur culte de science-fiction, Philip K. Dick - que nous ne présentons plus - est célèbre pour avoir révolutionné la littérature SF en y incorporant le thème des mondes parallèles, que l'on retrouve dans la quasi-majorité de ses romans ou nouvelles (2). Il a influencé nombreux auteurs de science-fiction, entre autres William Gibson et Christopher Priest. Il a également été adapté au cinéma (souvent maladroitement, il faut le reconnaitre) et ses thèmes de prédilection ont influencé un nombre incroyable de longs métrages. Pour ne citer que ceux-là : Matrix (Wachowski brothers), Videodrome (David Cronenberg), Dark City (Alex Proyas), The Truman show (Peter Weir), Donnie Darko (Richard Kelly), 12 monkeys (Terry Gilliam)... ainsi que l'oeuvre de David Lynch.

Philip K. Dick, Au bout du labyrinthe, Le Livre de Poche, 1972, 220 p.

Titre original : A maze of death (publié pour la 1ère fois en 1970).

 

 

(1) Entre autres, Ajdustement Team, A scanner Darkly, Radio Free Albemuth, SivaThe Man in the High Castle, The three stigmatas of Timothy Aldrich...