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20/06/2007

Est-il permis de critiquer Israël ?

0387beaa565347a734f9f0987779bc07.gif"Je sais qu'il y a des gens qui, sans me connaître, me haïssent. Le pire c'est que certains sont de bonne foi, car ce qu'ils savent de moi, ce sont des propos déformés et non mes positions réelles."

Qu'a donc fait Pascal Boniface, directeur de l'IRIS et spécialiste des relations internationales, pour qu'une campagne médiatique le diabolise, et être traité d'antisémite ? tout simplement expliqué dans son ouvrage que critiquer la politique d'Ariel Sharon ne revenait pas à détester Israël ou être antisémite. Il est d'ailleurs un ami d'Israël. Il affirme qu'il y a désormais un dérapage dangereux qui tend à importer le conflit israélo-palestinien en France, et que de nos jours, il est devenu impossible de critiquer Israël, sous peine d'être taxé d'antisémitisme. Ce qui est vrai. Il faut préciser d'ailleurs qu'être antisioniste ne signifie pas être antisémite. Boniface n'est ni l'un ni l'autre. Les propos de son livre considéré politiquement incorrect, sont courageux et pertinents. Ceux qui sont contre la dictature de la pensée et le terrorisme intellectuel devraient le lire.

Pascal Boniface, Est-il permis de critiquer Israël ? Robert Laffont, 2003.

22/05/2007

Dictionnaire du parfait cynique

medium_9782843044069.gif"Traités de charlatans ou de prestidigitateurs, les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux.

La forme discontinue dans laquelle ils s'expriment est une forme aristocratique ; elle apparaît en France au XVIème siècle, en même temps que s'essoufflent la théologie et la scolastique. Le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. Sa démarche est aux antipodes de celle du philosophe ; il se méfie de ce qui n'est pas concret ; le concept "homme" l'intéresse moins que les hommes réels, avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes.'' [...]      Roland Jaccard

De Chamfort à Oscar Wild, en passant par Cioran, Jules Renard, Schopenhauer, Shaw (et bien d'autres), des citations aussi drôles que cyniques, mais aussi, instructives!!

Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Zulma, 2007, 159 p.

06/05/2007

Sa Majesté des mouches

medium_9782070374809.3.gifLe premier roman de William Golding, écrivain britannique appartenant au courant post-moderniste, a obtenu le prix Nobel de littérature en 1983 (publié pour la première fois en 1954). Un avion transportant des enfants anglais de sexe masculin, s'écrase sur une île déserte. Les pilotes périssent, les gamins sont donc livrés à eux-mêmes. Trés vite, ils s'organisent en mini-société et élisent même un chef. Au départ, tout semble marcher pour le mieux, la société est divisée en catégories : chasseurs, éclaireurs, sentinelles... Mais ceci ne dure pas longtemps, cette "société" implose (car "l'homme est un loup pour l'homme" et les gens ne s'entendent pas), laissant place à un barbarisme des plus primaires...

Dans la notice bibliographique du livre, écrite par l'auteur, ce dernier s'explique. Impossible de dire que son discours n'est pas d'actualité aujourd'hui. Les rapports entre les gens, et à une échelle planétaire, entre les Etats, le prouvent... :

"[...] la responsabilité du désordre dont souffre le monde actuellement n'incombe ni à une classe, ni à une nation, ni à un système : ce désordre n'est que la reproduction - sur une plus grande échelle - des réactions enfantines quand on laisse à celles-ci pleine liberté de s'exprimer, dans les jeux par exemple. Le salut de l'humanité réside en chacun de nous, non pas dans un système, une croyance, ou à l'intérieur d'une frontière donnée. L'ennemi n'est pas au-dehors, mais en dedans."

William Golding, Sa majesté des mouches, Gallimard, Folio n° 1480, 1983, 256 p. (Livre paru pour la première fois en 1954, sous le titre "Lord of the flies").

28/04/2007

La tentation nihiliste

medium_9782130438281.gif"Le nevrosé est à la recherche d'une parcelle d'infini ; le psychotique, lui, a renoncé à cette quête - illusoire, vaine, sordide. La sagesse une fois encore jouxte la folie. Et le fou qui a perdu la raison sera toujours la parodie du sage qui a transcendé l'égo. Pour l'un comme pour l'autre, la vie est un acte sans acteur ; mais si l'un est paranoiaque, l'autre est metanoiaque."

[...] " Si l'on étreint avec une telle violence sa partenaire, c'est faute de pouvoir l'étrangler. Comme l'affirment, non sans panache, les plus cyniques parmi les psychanalistes, l'amour consiste à donner ce que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. Ces prémisses acceptées, ne reste plus aux hommes qu'à se payer le corps des femmes - et aux femmes à se payer la tête des hommes, en ayant toujours à l'esprit qu'"un suicide réussi vaut mieux qu'un coït raté" (Roland Topor)."

"L'autobiographie est un genre qu'on aimerait réserver aux clochards. L'humiliation, ils l'expérimentent jour après jour, de même que l'irréparable désintérêt de l'homme pour ses frères humains. Ecrire quand on n'a pas atteint le degré zéro du dégoût devrait être passible d'une peine de prison. Mais c'est sur une chaise électrique qu'on devrait asseoir tous ceux qui revent de laisser une trace en nous assenant le récit de leurx exploits." [...]

[...] "Humanité oblige, nous ne manquons jamais de motifs pour désirer la mort d'autrui. L'armistice que nous avons conclu avec nos proches est sans cesse révocable ; quant aux autres, n'en parlons même pas : c'est déja bien beau quand nous les supportions. Nous nous flattons d'aimer l'homme, mais nous haïssons notre voisin. Et rien ne nous réconforte autant que les malheurs d'autrui."

"A l'opposé du romantique toujours pénétré du sentiment que le monde est un tissu de sens cachés, de symboles à déchiffrer et d'indicibles mystères, le nihiliste considère que la vie est courte, brutale, insipide. Il se gausse sans pitié de ces cerveaux exaltés en quête de fins dernières, de suppléments d'âme ou, pis encore, de "nouvelles valeurs" et qui n'ont ni le sens du grotesque ni celui du mépris, de la raillerie et de la derision."

Roland Jaccard, La tentation nihiliste, Quadrige n° 126, PUF, 1989, 160 p.

27/03/2007

Le festin nu

medium_9782070422371.gif"La drogue sacrée, qui ne crée pas de sujétion, pas d'esclavage, est dépeinte comme une merveilleuse vague d'égoût... mais la couleur disparaît et on retrouve la came ordinaire, la came de toujours... Souviens-toi : le résultat est toujours le même : la possession absolue devient le seul but, et seule la drogue peut rendre chair et os au visage et aux jambes..."

Le chef-d'oeuvre de William S. Burroughs (1914-1997). Un curieux voyage dans l'Interzone, quelque part entre New-York et Tanger. Connu pour ses romans hallucinés (drogue, homosexualité, anticipation), il fut associé à la Beat Generation (Jack Kerouac, Allen Ginsberg. Il est aussi connu pour son utilisation littéraire du cut-up, technique qui consiste à recréer un texte à partir de bribes découpées et mélangées au hasard, utilisant parfois des fragments d'autres auteurs.

"Tu connais les vieux - plus aucune pudeur de l'estomac, tu as envie de vomir rien qu'à les voir se goinfrer. Les vétérans de la drogue sont tous pareils. A leur seule vue de la camelote, ils commencent à mouiller et gargouiller. Pendant qu'ils mitonnent leur sauce blanche, la bave leur dégouline du menton, ils ont le ventre clapoteux et les tripes qui papillotent en péristole, et le peu de peau intacte qui leur reste sur les os se dissout, tu t'attends à voir le protoplasme en gicler sous le coup de seringue et retomber en pluie. C'est répugnant à voir..." [...]

"Il déblatérait à perdre le souffle, se tenant tout droit dans l'ombre allongée de la salle du tribunal, son visage torturé comme une pellicule déchiquetée, crevant des besoins de ses organes larvaires qui palpitaient au fond de sa chair d'ectoplasme, la chair incertaine du corps en manque (dix jours de jeûne forcé quand vint la première audience), chair qui se dissout dès la première caresse silencieuse de l'héroïne retrouvée."

"La pute s'amène à la porte, je lui dis que je veux une tranche de cul et j'y refile les biftons. On monte dans sa piaule et elle tombe ses fringues. Aussi sec je sors mon surin à cran d'arrêt et je me découpe un bon bistèque de cul comme demandé. Du coup, elle pousse une goualante à la sauvage, l'a fallu que je me déchausse pour lui faire taire sa gueule à coups de pompe. Après quoi je l'ai tringlée en prime."

"Piaillements, fracas de carreaux cassés et d'étoffes déchirées. Raz de marée en crescendo de grognements et d'ululements et de gémissements et de hoquets et de sanglots... Puanteur de foutre et de con et de sueur, relent plus faisandé de rectums défoncés... Diamants, étoles, fourreaux de soie, orchidées, fracs, smokings et sous-vêtements jonchent le parquet, foulés par des grappes de corps nus qui s'empoignent les uns les autres avec des contorsions frénétiques."

William Burroughs, Le festin nu (The naked lunch, 1959), Gallimard, Folio SF, n° 93, 2002, 335 p.

01/02/2007

L'immortalité

medium_9782070385881.gifToujours Kundera, le chef-d'oeuvre... 

"Le piège de la haine c'est qu'elle nous enlaçe trop étroitement à l'adversaire."

"Nous n'apprenons jamais pourquoi et en quoi nous agaçons les autres, en quoi nous leur sommes sympathiques, en quoi nous leur paraissons ridicules ; notre propre image est pour nous le plus grand mystère."

"J'ose affirmer qu'il n'y a pas d'érotisme authentique sans art de l'ambiguïté ; plus l'ambiguïté est puissante, plus vive est l'excitation."

"Rien ne met plus en joie que de rencontrer une femme naguère redoutée, mais qui, désarmée, ne fait plus peur."

"Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme."

Milan Kundera, L'immortalité, Gallimard, Folio n° 2447, 1993, 535 p. Traduit du tchèque par François Kérel. (Paru pour la première fois en 1990).

04/01/2007

Radio Libre Albemuth

medium_9782070309511.gif"C'est vrai, Phil, tu écris des trucs plus bizarres que n'importe qui aux Etats-Unis, des bouquins vraiment psychotiques, des bouquins qui parlent de cinglés et de camés, de givrés et de paumés de toutes sortes ; en fait, de toutes les sortes qui n'ont jamais été décrites avant. Tu ne peux pas blâmer le gouvernement parce qu'il éprouve de la curiosité pour le genre de mec capable d'écrire de tels livres, n'est-ce pas ? Je veux dire, ton personnage principal est toujours un gars extérieur au système, un perdant qui finit d'une manière ou d'une autre par..."

Le chef d'oeuvre de Philipp K. Dick.  Intitulé à l'origine Valisystem A, ce roman devait compléter Coulez mes larmes, dit le policier (lire la préface de Emmanuel Jouanne) et poursuivre la description d'un Etat américain policier. Le "tyran" Ferris F. Fremont renverrait à Richard Nixon, dit la préface. On pourrait y voir également un clin d'oeil à la politique menée dans les années 50-56 par le sénateur américain Joseph McCarthy (1908-1957), et sa fameuse chasse aux sorcières ("red scare" - terreur rouge - ou Maccarthisme). Tout le monde est potentiellement suspect de collusion avec "l'ennemi communiste".

Comme nous le constaterons assez vite, l'auteur a inclus dans son récit des épisodes de sa vie, qu'il considérait significatifs. Le livre fut écrit en 12 jours mais fut nourri d'une longue reflexion (4 ans). Son éditeur refusa de lui publier son oeuvre, lui demandant de retravailler son manuscrit. Mais Dick refusa. Il offrit par la suite son texte à son ami Tim Powers, lui aussi écrivain de science-fiction. Il entama par la suite la rédaction de SIVA, premier volet de la Trilogie divine. Après la mort de Dick (1982), Paul Williams, exécuteur testamentaire chargé de la succession littéraire de Dick, et également fondateur de la Philip K. Dick Society, permit la publication de Valisystem A, rebaptisé Radio Free Albemuth. L'oeuvre fut éditée en 1985. Elle vient éclairer la Trilogie divine. Et quelle baffe! Il est impossible de distinguer quelque chose de clair : confusion entre réel et irréel, délires mystiques, autobiographie, paranoïa ambiante... et ajoutons à cela que les épisodes de la vie de Dick sont étroitement imbriqués aux passages fictifs... difficile donc de se faire une image nette. Bienvenue à nouveau (note sur Philip K. Dick dans les catégories Film et Livre) dans le monde complexe et ambigu de Philip K. Dick.

"Les USA et l'URSS, réalisais-je, étaient les deux sections de l'Empire tel qu'il avait été découpé par l'empereur Dioclétien à des fins purement administratives ; au fond, il s'agissait d'une unique entité, avec un unique système de valeurs. Et son système de valeurs se résumait à la notion de suprématie de l'Etat. L'individu comptait pour rien selon ses critères d'évaluation, et les individus qui se retournaient contre l'Etat et engendraient leurs propres valeurs étaient l'ennemi."

"L'aide qui te parvient provient d'un univers parallèle. Une autre Terre qui a suivi un développement historique différent du nôtre. Celle-ci semble ne pas avoir traversé la révolution protestante, la Réforme ; le monde s'est sans doute trouvé divisé entre le Portugal et l'Espagne, les deux plus grandes puissances catholiques. Leurs sciences évolueraient, servantes d'objectifs religieux et non d'objectifs rationnels comme nous avons dans notre univers. Tu as tous les éléments pour ça : une aide de nature manifestement religieuse, en provenance d'un univers, d'une Amérique contrôlée par la première puissance maritime catholique.

Philipp K. Dick, Radio Libre Albemuth, Gallimard, Folio Science-Fiction. Traduit de l'américain et préfacé par Emmanuel Jouanne. (Titre original : Radio Free Albemuth, paru pour la première fois en 1985).

02/01/2007

Technopères - T. 8

medium_9782731617085.gifLe dernier numéro de la série Technopères (Tome 8), "La galaxie promise", est une réelle déception. Il ne se passe absolument rien dans cette dernière aventure. Albino & compagnie sont en quête d'une terre promise où règneraient amour et harmonie. Sans trop de mal, ils vont parvenir à conquérir ce nouveau continent. Le scénario est trop linéaire et sans saveur. Comme pour "La caste des métabarons" et d'autres bandes dessinées (Thorgal, XIII), on voit que le scénariste a eu du mal à boucler son cycle. Dommage. Les dessins par contre sont toujours aussi impeccables.

18:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : technopères tome 8

27/12/2006

Le procès

medium_9782070378401.jpgUn matin, Joseph K. trouve deux policiers à son domicile. Il l'arrêtent sans sommation et sans explication aucune. Son crime ? il est coupable d'exister...

Toute l'impuissance de l'homme face a l'absurdité de l'existence...

Franz Kafka, Le procès, Gallimard, Folio Classique n° 1840, 384 p. Traduit de l'Allemand par Alexandre Vialatte. Préface de Claude David.

 

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : franz kafka, le procès

14/12/2006

La valse aux adieux

medium_9782070370436.jpg "De même que l'amour nous fait trouver plus belle la femme, l'angoisse que nous inspire une femme redoutée donne un relief démesuré au moindre défauts de ses traits."

"La jalousie possède l'étonnant pouvoir d'éclairer l'être unique d'intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité."

"La jalousie occupe l'esprit encore plus complètement qu'un travail intellectuel passionné. L'esprit n'a plus une seconde de loisir. Celui qui est en proie à la jalousie ignore l'ennui."

Milan Kundera, La valse aux adieux, Gallimard, Folio n° 1043, 2001, 339 p. Traduit du tchèque par François Kérel. (Livre paru pour la première fois en 1976).