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28/11/2008

Heydrich - Prague. 27 mai 1942

U3G5M.jpgSi nous ne montrons pas la couverture de ce livre, c'est qu'il n'a pas été réédité (il remonte à 1978) et n'est disponible que dans des librairies de livres anciens (ou sur internet). Reinhard Heydrich fut un des dignitaires nazis les plus cruels. Chef du SD puis du RSHA (1), bras droit de Heinrich Himmler, il est nommé Protecteur de Bohême-Moravie en 1941 (en remplacement de Konstantin von Neurath jugé peu efficace). Il fut également le créateur des tristement célèbres Einsatzgruppen, ces groupes d'intervention de la SS, chargés d'exterminer en territoire conquis les élites soviétiques et polonaises mais également Juifs, Tziganes et handicapés. En 1942, il présida la Conférence de Wannsee. "L'archange du mal" était considéré avec Hitler et Himmler comme le plus féroce des nazis. C'est ainsi que la résistance tchèque extérieure (basée à Londres) décide qu'il faut l'éliminer. Fin décembre 1941, deux résistants tchèques, entraînés en Angleterre, Jan Kubis et Josef Gabcik, sont parachutés non loin de Pilsen, en République Tchèque actuelle. Ce livre retrace donc leur mission périlleuse. Prendre leurs repères, gagner la confiance de la résistance tchèque interieure, et surtout parvenir à atteindre celui qui était tout de même le nazi n°1 en Tchécoslovaquie et préssenti selon certains comme le succésseur de Hitler (2).

Après la réussite de l'"Opération Anthropoïde" (touché le 27 mai par le jet d'une grenade, Heydrich décède à l'hopitâl le 4 juin 1942), les nazis lancèrent une vaste opération de représailles. Le 10 juin 1942, le village de Lidice fut effacé de la carte et ses habitants massacrés. Quant aux membres du commando, ils furent encerclés par la Gestapo le 18 juin (suite à une trahison) et se réfugièrent dans la cathédrale Cyrille-et-Méthode. La bataille mena à la mort de certains et au suicide des autres. Les 7 héros périrent.     

"La logique de la terreur , son ressort secret, c'est d'exterminer non des coupables mais des innocents - et de les exterminer collectivement. A court terme, l'hystérie collective a toujours valeur d'exemple."

"Il y a deux sortes de crimes parfaits : ceux qui sont camouflés en accident, en suicide ou encore en mort naturelle et ceux dont on ne réussit pas à retrouver l'auteur ou les auteurs."

 

(1) Le SD (Sicherheitsdienst), créé par Heydrich en 1931, était le service de renseignement du NSDAP, le parit nazi. Quant au RSHA (Reichssicherheitshauptamt), "l'Office central de la sécurité du Reich", il fut créé en 1939 par Himmler et englobait le SD, la Gestapo et la Kriminalpolizei.

(2) Avant son vol mystérieux de mai 1941, qui le rendit prisonnier des Anglais, Rudolf Hess était considéré comme le dauphin de Hitler. En théorie, s'il arrivait quelque chos au Fuhrer, c'est Hermann Göring, n° 2 du régime, qui devait lui succéder. L'auteur affirme p. 121 que certains analystes considéraient que Heydrich était un succésseur potentiel.

François Broche, Heydrich - Prague. 27 mai 1942, Balland, coll. "Les grands crimes politiques", 1978, 216 p.

26/11/2008

Liste des plus grands américains

180px-Official_Portrait_of_President_Reagan_1981.jpg"The greatest american" est un vote public des téléspectateurs américains qui permit de déterminer les personnalités américaines les plus importantes de l'histoire des Etats-Unis. Il fut organisé par AOL et Discovery Channel. Le résultat final fut communiqué le 26 juin 2005. Nous aurions donc logiquement pensé à Abraham Lincoln (précurseur de l'abolissement de l'esclavage) ou à George Washington (père de la nation) pour la première place mais c'est en fait Ronald Reagan, président républicain de 1980 à 1988 qui a remporté le plus de votes. Etonnant que de voir en tête de liste cet homme passé du camp démocrate à celui des républicains, ardent défenseur de la peine de mort, cité dans le scandale de l'Irangate (1980) et proche de McCarthy... Mais bon, il a du réaliser de belles choses selon les américains (délinquance, chômage). Deuxième du classement, Abraham Lincoln talonne Reagan de 0.5%. Autre curiosité : la 6ème place du président sortant, George W. Bush (no comment), devant Bill Clinton (7e) et surtout devant Franklin Roosevelt (10e). Martin Luther King est en 3ème position.

Le classement :

1.Ronald Reagan (24%).

2.Abraham Lincoln (23.5).

3.Martin Luther King (19.7).

4.George Washington (17.7).

5.Benjamin Franklin (14.9).

6.George W. Bush.

7.Bill Clinton.

8.Elvis Presley.

9.Oprah Winfrey.

10.Franklin D. Roosevelt.

24/11/2008

Death Race

MV5BMTkwMDU1ODg5Ml5BMl5BanBnXkFtZTcwNjMzNjY3MQ@@__V1__SX94_SY140_.jpgSpécialiste des adaptations façon série B (Mortal Kombat, Resident Evil, Alien vs Predator), Paul W. S. Anderson (ne pas confondre avec P. T Anderson...) effectue ici le remake d'un classique du cinéma bis, Death Race 2000 (Paul Bartel, 1975 - avec David Carradine et Sylvester Stallone). Dans une Amérique néo-retro et victime de l'obsession sécuritaire, les détenus d'une prison de haute sécurité sont appelés à participer à une course de bolides très spéciale. En effet, s'il suffit de franchier en premier la ligne d'arrivée afin de gagner, les voitures sont par contre armées jusqu'aux dents et tous les coups sont permis. 5 victoires pour un même "gladiateur" est synonyme de libération sans conditions. Notre héros (Jason Statham, le regard mauvais et la rancune tenace) va donc s'y mettre. Sachant que Anderson est un piètre réalisateur et qu'il a tout de même mis 14 ans à mettre en place son projet (...), qu'obtient-on cinématographiquement ? Une mauvaise caméra (multiplication inutile des angles de vue), des décors stéréotypés (le métal partout), des mauvais dialogues (dignes des films de Jean-Claude Van Damme) et un scénario complètement mal fichu. Que reste-il donc ? Des bonnes scènes de castagne et de courses-poursuites. En gros, on prend The fast and the furious, on ajoute des mitraillettes aux bagnoles et on obtient Death Race. C'est le genre de film qu'on regarde l'après-midi avec les copains, histoire de rigoler un bon moment.

Death Race (Paul W. S. Anderson, USA, 2008, 105 mins).    Avec Jason Statham, Joan Allen, Ian McShane, Tyrese Gibson, Natalie Martinez.

22/11/2008

Texas - Chili

800px-Flag_of_Texas_svg.pngDeux nouveaux drapeaux qui se ressemblent. Le Texas (qu'on a visité en juillet dernier) est le plus vaste Etat américain (696.241 km², plus grand que la France) après l'Alaska. Fief de l'ex-président des Etats-Unis, George W. Bush, c'est le seul Etat américain "autorisé" à hisser son propre drapeau au même niveau que le drapeau américain. Le drapeau fut adopté le 28 décembre 1838 comme drapeau officiel de la République du Texas. Lorsque ce dernier devint le 28ème Etat américain le 29 décembre 1845, le drapeau national devint le drapeau de l'Etat du Texas. Les couleurs bleue, blanc, rouge symbolisent respectivement la loyauté, la bravoure et la pureté. L'étoile renvoie à l'appartenance aux Etats-Unis d'Amérique.

 

800px-Flag_of_Chile_svg.pngPour le Chili (756.950 km² ; à peu près 17 millions d'habitants), le drapeau - le plus proche de celui du Texas - comprend les mêmes couleurs (bleu, blanc, rouge) ainsi que l'étoile. Il devint officiel le 18 octobre 1817 après la guerre d'indépendance (1810-1817). Les proportions des couleurs furent définitevement établies en 1854 et celle de l'étoile en 1912. Cette dernière représente le chemin vers le progrès et l'honneur. La couleur bleue symbolise le ciel et l'Océan Pacifique tandis que le blanc renvoie aux montagnes enneigées des Andes et le rouge au sang versé pour acquérir l'indépendance. Le drapeau est appelé "La estrella solitaria", comme celui du Texas, appelé "The lone star flag".

17/11/2008

Le massacre de Katyn

9782262026516.gifKatyn, 1940. Dans une forêt près de Smolensk en Biélorussie, plus de 4000 cadavres d'officiers polonais sont retrouvés, exécutés d'une balle dans la nuque. En tout, plus de 15.000 membres de l'intelligentsia polonaise seront exécutés par les autorités soviétiques qui devaient de se partager la Pologne avec l'Allemagne nazie. Celles-ci tentèrent d'imputer ce crime de guerre aux Nazis lors du procès de Nuremberg (1945) mais le dossier fut mis de côté car le réouvrir aurait conduit à dénoncer le pacte germano-soviétique de 1939. Ouvertes durant la perestroïka de Gorbatchev, les archives soviétiques permirent d'étayer la thèse selon laquelle le crime fut bien commis par le NKVD de Lavranti Béria. Simple crime de guerre (comme il furent nombreux) ? Pas du tout nous expliquera l'auteur. Le Massacre de Katyn faisait partie intégrante du nettoyage de classe opéré par le pouvoir soviétique afin d'asseoir une domination totale sur une malheureuse Pologne, rayée de la carte.. Son livre constitue la référence en matière de refléxion sur ce crime de l'histoire demeuré longtemps tabou historique.

Le massacre de Katyn vient d'être transposé au cinéma (Katyn, 2007), par le grand réalisateur polonais Andrzej Wajda, mais n'est pas encore sorti dans les salles françaises.

[...] "L'historiographie dans la seconde moitié du XXème siècle a souvent mené ses analyses sans s'arrêter sur le triste fait que les systèmes totalitaires de l'Axe avaient été détruits par une "alliance contre nature" entre les démocraties occidentales et un autre régime totalitaire, le régime stalinien. Cas emblématique de l'ambiguïté intrinsèque de cette approche, Katyn est un défi encore ouvert pour l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale."

[...] "L'exécution des officiers polonais en avril 1940 ne peut être comprise que si on la considère comme un élément du processus général de "nettoyage de classe" auquel furent soumis les territoires polonais tombés sous la coupe soviétique."

"La documentation sur Katyn démontrait une rupture totale du parti-Etat soviétique avec une quelconque idée de droit, en particulier avec les principes du droit international, et la négation totale du concept de responsabilité subjective et de culpabilité individuelle."

Historien, Victor Zaslavsky est enseignant à Rome.

Victor Zaslavsky, Le massacre de Katyn, France, Perrin, 2007, 200 p. (Paru pour la première fois en 1998). Traduit de l'italien par Christine Vodovar.

 

07/11/2008

Quantum of Solace

18996228.jpgPlace donc au 22ème James Bond, le second incarné par Daniel Craig. 1er constat : c'est la première fois qu'une suite est opérée entre deux opus. En effet, Quantum of Solace est la suite directe (l'action se situe une heure après, difficile de faire plus rapproché) de Casino Royale sorti il y a deux ans. Suite à la trahison de Vesper (Eva Green) dans le premier volet, Bond tente de découvrir qui l'a influencée et tombe sur une organisation tentaculaire et ultra-secrète dirigée par un certain Dominic Green (Mathieu Amalric). Après des sauts en Autriche et à Londres, il se retrouve en Bolivie où il découvre que Green entend non seulement arranger un coup d'Etat mais également s'emparer d'une richesse naturelle de première importance. 2ème constat : James Bond n'est plus ce qu'était James Bond. Et c'est normal car les temps ont changé (le cinéma aussi) et on ne peut pas demander à la franchise dêtre façonnée à l'image du premier James Bond (Dr. No) qui remonte tout de même à 1962. Si la première génération restera une référence en dépit du fait qu'elle a vieilli (notamment les épisodes avec Sean Connery et excepté les nombreux semi-ratages avec Roger Moore et les deux immondes épisodes avec Timothy Dalton), la série actuelle - qui débute avec Casino Royale - parvient à plus ou moins se réinventer et à se situer entre cette dernière et la seconde vague de 4 épisodes décevants (action + gadgets à gogo) avec Pierce Brosnan. Il est vrai que le manque de succès de celle-ci a entraîné des changements nécessaires (exit les gadgets, noircissement du personnage de Bond, intrigue plus solide et plus complexe...). Par rapport à la session Pierce Brosnan, les grosses scènes d'action adrénalinées n'ont pas bougé, ce qui est normal à l'ère du numérique et de l'écran bleu et alors qu'un film d'espionnage comme la trilogie Jason Bourne a crevé l'écran. La conjugaison de ces scènes d'action à un scénario solide n'est guère déplaisante et nous avons même droit à quelques agréables surprises. L'intrigue ne s'éternise pas dans des ramifications aussi inutiles qu'interminables et Bond n'est plus un tueur que rien ne touche. C'est vrai, il élimine à tire larigots mais il a toujours une bonne raison de le faire (c'est un agent secret) et il demeure un être torturé qui par moments s'égare dans des accès de sentimentalisme. Au final, Quantum of Solace (quantum = quantité ; solace = consolation) est un James Bond normal, pas spécialement innovant mais pas mauvais non plus. Direct et efficace, peut-on finalement demander plus que cela ?

18674703jj.jpgJames Bond continue de voyager et d'exploiter des thèmes politiques d'actualité : Russie et terrorisme informatique (Golden Eye, 1995), puissance des médias et menace chinoise (Tomorrow never dies, 1997), l'Azerbaïdjan et le pétrole de la Caspienne (The world is not enough, 1999), la Corée du Nord et le nucléaire (Die another day, 2002) et enfin l'Amérique Latine et le problème de l'eau, après le terrorisme international esquissé dans Casino RoyaleQuantum of Solace se situe en fait exactement entre The Bourne supremacy (action brutale, courses-pousuites effrénées) et Syriana (contexte géo-stratégique, conflits d'intérêts). On notera au passage que si Casino Royale fut le plus long épisode de la saga (02h20), sa suite, Quantum of Solace, est la plus courte (01h50). On remarquera aussi que pour la première fois et après 21 épisodes, James Bond ne couche pas avec une des "James Bond Girl" (on se demande pourquoi d'ailleurs), en l'occurence Olga Kurylenko qui après Hitman (2007) et Timothy Olyphant, s'acoquine avec un autre tueur froid. On saluera également la performance des acteurs. Mathieu Amalric, "le regard qui tue", est génial dans le rôle du "méchant". Il est le deuxième français à incarner ce rôle après Michael Lonsdale en 1979 (Mooraker), Judi Dench, toujours aussi convaincante dans le rôle de M., et comment oublier Daniel Craig, gueule cassée, qui détruit l'image du James Bond au visage impeccable (Pierce Brosnan) et qui tient presque le film sur ses épaules.

Quantum of Solace (Mark Forster, USA/UK, 2008, 117 mins).    Avec Daniel Craig, Mathieu Amalric, Olga Kurylenko, Judi Dench, Giancarlo Giannini, Gemma Arterton, Jeffrey Wright.

04/11/2008

Liban

750px-Flag_of_Lebanon_svg.pngOn ne s'attardera pas sur une histoire du Liban. Trop long et compliqué concernant ce "pays si petit mais tellement important", disait Metternich. L'Etat du Liban fut créé en 1920 par les Français, placé sous mandat puis reconnu indépendant en 1943. Après une mini-guerre civile en 1958, une véritable guerre civile et régionale (libanais, palestiniens, syriens, israéliens) éclatera en 1975 et durera pas moins de 15 ans. 2005 : l'ex-Premier ministre Rafic Hariri est assassiné dans un attentat spectaculaire. Peu après, la Syrie retire ses troupes militaires du pays. S'en suit une période de troubles politiques et d'insécurité grandissante qui durent jusqu'à aujourd'hui et avec pour point d'orgue la guerre de l'été 2006 entre le Hezbollah et Israël. Octobre 2008 : le Liban et la Syrie nouent pour la première fois de leur histoire des relations diplomatiques. Le drapeau fut adopté officiellement le 7 décembre 1943. Le Cèdre au milieu est l'arbre symbole du Liban et est également symbole d'éternité. Le blanc représente la neige des montagnes libanaises, la pureté et la paix. Quant à la couleur rouge, elle symbolise le sang des martyrs qui se battirent pour libérer le pays des occupants succéssifs (notamment Ottomans puis Français).