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26/02/2009

Champions League - 8èmes

299b5bbd71c3bf115fda3b204ef8ec0f.jpgLe Bayern "qualifié", victoire de Liverpool à Bernabeu

Mardi, Lyon a fait trembler le Barca durant une mi-temps, mis sur orbite par un coup-franc somptueux de Juninho (7e). Mais l'armada catalane a répondu en 2ème mi-temps grâce à une tête de Henry qui reprenait sur corner une déviation décisive de Marquez (67e). Au Nou Camp, les Lyonnais risquent de mordre la poussière. En marquant 2 fois à Madrid grâce à son attaquant argentin Lisandro Lopez (2-2), Porto se positionne en force pour la qualification. Mais attention, l'Atletico est capable de marquer à l'extérieur. L'information principale de la soirée est la quasi-qualification du Bayern de Munich. L'équipe de Frank Ribéry (un doublé) a etrillé le Sporting sur sa pelouse (5-0)...

Les années se suivent et se ressemblent pour le Real Madrid. Déja éliminés en huitièmes lors des 4 dernières saisons, Raul et compagnie risquent le même sort cette année. Incapables de bouger le bloc mis en place par Rafael Benitez, ils se sont même inclinés à domicile face à Liverpool et un but tardif de Benayoun (82e). Les deux clubs londoniens se sont imposés à domicile sur le score étriqué de 1-0, Chelsea face à la Juve et Arsenal contre l'AS Rome. Le suspense demeure. Score nul et vierge à Milan entre l'Inter et Manchester United. A priori, les Mancuniens partent favoris pour le match retour à Old Trafford. Enfin, Villareal et Panathinaikos ont fait match nul (1-1) en Espagne.

Mardi 24 février :

Inter Milan (Ita) - Manchester United (Ang) 0-0

Arsenal (Ang) - AS Roma (Ita) 1-0 : Van Persie (37e s.p).

Atletico Madrid (Esp) - FC Porto (Por) 2-2 : Maxi Rodriguez (3e), Forlan (45e+1) ; Lisandro Lopez (23e, 72e).

Lyon (Fr) - FC Barcelone (Esp) 1-1 : Juninho (7e) ; Henry (67e).

Mercredi 25 février :

Sporting Portugal (Por) - Bayern Munich (All) 0-5 : Ribéry (42e, 63e s.p), Klose (57e), Toni (84e, 90e+1).

Chelsea (Ang) - Juventus (Ita) 1-0 : Drogba (12e).

Villareal (Esp) - Panathinaïkos (Gr) 1-1 : Rossi (67e s.p) ; Karagounis (59e).

Real Madrid (Esp) - Liverpool FC (Ang) 0-1 : Benayoun (82e).

 

25/02/2009

Conviction

200px-Oscar_Wilde.jpg"La valeur d'une idée n'a rien à voir avec la conviction de celui qui l'exprime. Bien mieux, moins le défenseur est sincère et plus l'idée a la chance d'être purement intellectuelle car elle ne reflète en ce cas ni ses intérêts, ni ses désirs, ni ses préjugés."

     Oscar Wilde (1854-1900)

24/02/2009

Traitor

19022792.jpgLes films sur le terrorisme international lié à l'islam se multiplient dernièrement. Ancien officier des forces spéciales de l'armée US, Samir Horn (Don Cheadle) est capturé au Yemen lors d'une rafle opérée contre un QG de terroristes. Classé terroriste, il croupit en prison, refuse d'expliquer quoi que ce soit aux agents du FBI dépêchés sur place et s'évade finalement avec quelques codétenus. Grâce à ses liens d'amitié avec Omar, il parvient à se rapprocher du noyau dur d'un réseau terroriste, grâce à sa mise en exécution d'attentats spéctaculaires. Terroriste ? C'est ce que nous découvrirons. Il y a du bon et du moins bon dans ce thriller nerveux, que nous pouvons classer entre The Kingdom (Peter Berg, 07) et Body of lies (Ridley Scott, 08), plus intelligent que le premier, moins analytique que le second. Bon car le côté documentaire (comment infiltrer un groupuscule) est très instructif et car le film parvient à dépasser le thème habituel, la sécurité des Etats-Unis, les attentats touchant des villes européennes (Londres, Paris, Nice). Moins bon car l'idée d'expliquer que les "vrais musulmans pratiquants" sont opposés à la violence et au terrorisme et que "pas tous les musulmans sont des terroristes", si louable soit-elle, est trop stéréotypée (citations du Coran en permanence, dernière séquence qui clôture le film sur Samir Horn en train de prier...). Ce qui nous incline à penser que le film est adressé en premier au citoyen américain de base. Quoi qu'il en soit, dans le genre, le tout reste solide et efficace.

Traitor (Jeffrey Nachmanoff, USA, 2008, 113 mins).    Avec Don Cheadle, Guy Pearce, Saïd Taghmaoui, Neal McDonough, Alvy Khan, Jeff Daniels, Archie Panjabi.

- 3 nominations - Black Reel Awards 2008.

- 1 nomination - Image Awards 2009.

23/02/2009

Oscars 2009

SlumdogMillionaire_BestPicture.jpgMeilleur film : Slumdog millionaire (Danny Boyle).

Meilleur réalisateur : Danny Boyle.

Meilleur acteur : Sean Penn (Milk).

Meilleur acteur dans un second rôle : Heath Ledger (à titre posthume - The dark knight).

Meilleure actrice : Kate Winslet (The reader).

Meilleure actrice dans un second rôle : Penelope Cruz (Vicky Christina Barcelona).

Meilleur scénario original : Milk (Gus Van Sant).

Meilleure photographie : Slumdog millionaire.

Meilleur scénario adapté : Slumdog millionaire.

Meilleur montage : Slumdog millionaire.

Meilleur son : Slumdog millionaire.

Meilleure mise en scène : The curious case of Benjamin Button(David Fincher).

Meilleur montage sonore : The dark knight (Christopher Nolan).

Meilleur film étranger : Departures (Yojiro Takita).

Meilleurs effets visuels : The curious case of Benjamin Button.

Meilleurs costumes : The duchess (Saul Dibb).

Meilleurs maquillages : The curious case of Benjamin Button.

Meilleur documentaire : Man on wire (James Marsch, Simon Chinn).

Meilleur film d'animation : Wall-e (Andrew Stanton).

18/02/2009

Espion(s)

espion(s).jpgDiplômé de science-po, Vincent est pourtant bagagiste à l'aéroport de Roissy. Avec son collègue, Gérard, ils volent régulièrement dans les valises de soute. On ne sait jamais ce que renferme une valise diplomatique. L'explosion d'un flacon de parfum entraîne la mort de Gérard. Viré sur le champ, Vincent est traqué par la DST, très intéressée par l'histoire. Soit il coopère et aide à retrouver le détenteur soit c'est la prison. Embarqué bien malgré lui dans une mission d'espionnage, il est dépêché à Londres et chargé de se rapprocher d'un homme d'affaires anglais par le biais de sa femme française. Si le scénario de film d'espionnage est classique, le premier long-métrage de Nicolas Saada est toutefois une réussite. Maitrisant parfaitement les codes du genre sans vraiment renouveler celui-ci, Saada réussit son pari, grâce à une mise en scène souple et à des acteurs magnifiques. Surtout, il peut se targuer d'avoir créé à la fois un thriller d'espionnage à travers une histoire d'amour et un conte sentimental à travers une histoire d'espionnage. Conclusion : Espion(s) est un film d'espionnage efficace, élégant et mélancolique. Quant à l'excellente bande son, elle est signée Cliff Martineze, collaborateur de Steven Soderbergh.

Espion(s) (Nicolas Saada, France, 2008, 100 mins).    Avec Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Stephen Rea, Hippolyte Girardot, Archie Panjabi, Alexander Siddiq, Vincent Regan.

17/02/2009

Body of lies

MV5BMTkxNDY1NjAwMF5BMl5BanBnXkFtZTcwNjYyMjI5MQ@@__V1__SX91_SY140_.jpgCf. http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=518&t...

 

Body of lies (Ridley Scott, USA, 2008, 120 mins).    Avec Leonardo Di Caprio, Russell Crowe, Mark Strong, Golshifteh Farahani, Oscar Isaac, Ali Suliman, Simon McBurney, Alon Aboutboul, Lubna Azabal.

13/02/2009

Benjamin Button...

19028561.jpgSelon nous, une chose est certaine. Pour apprécier le dernier opus de David Fincher, il faut avoir aimé Forrest Gump (Robert Zemeckis, 1994), cette longue odyssée d'un homme simple à travers plusieurs décennies d'une histoire tumultueuse des Etats-Unis, cette saga de 2 heures 20 qui rafla tous les oscars (1). Pas étonnant d'ailleurs que ces deux films soient tellement similaires puisqu'ils ont en commun le même scénariste, Eric Roth. Par contre, il est navrant de retrouver David Fincher à la réalisation, l'homme qui nous avait habitué aux oeuvres (très) sombres, Alien 3, Seven, Fight club, pour ne citer que ceux-là. Roth adapte ici une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, soit les aventures de Benjamin Button, de 1918 jusqu'à nos jours, cet homme hors du commun, qui naquit à l'âge de 80 ans et qui vécut sa vie à l'envers, sans être capable de stopper le cours du temps. Curieux... Dans Youth without youth de Coppola, un vieil homme frappé par la foudre, rajeunit d'un coup avant de revieillir. Ici, un homme naît vieux, grandit en étant vieux puis rajeunit à l'infini. Soit les thèmes humains les plus angoissants, toujours aussi délicats à traiter : la quête de l'amour, l'angoisse de vieillir, la peur de mourir (2)... Tout cela est ambitieux mais fastidieux à notre goût. 02h30. Ennui total. Le pire est que fort de 13 nominations aux oscars, le film va certainement repartir avec un bon paquet.

The curious case of Benjamin Button (David Fincher, USA, 2008, 167 mins).    Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Taraji P. Henson, Julia Ormond, Jason Flemyng.

- 13 nominations - Oscars 2009.

- Meilleure production, Meilleurs effets visuels, Meilleur maquillage - BAFTA Awards 2009.

- Meilleur réalisateur, Meilleur scénario adapté - National Board of Review 2008.

- Meilleure actrice dans un second rôle (Taraji P. Henson) - Austin Film Critics Association 2008.

 

(1) Meilleur acteur, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur montage, meilleure photographie, meilleurs effets visuels.

(2) Thème traité également dans The Fountain (2006) de Darren Aronofsky.

12/02/2009

Revolutionary Road

revvvvbb.jpgAdapté du roman à succès de Richard Yates (écrit en 1961), Revolutionary Road marque la première collaboration entre le réalisateur Sam Mendes (American beauty, Jarhead) et son épouse, l'actrice Kate Winslet (Golden Globe de la meilleure actrice et nominée pour les prochains Oscars dans la même catégorie). Convaincus d'être spéciaux, les époux Wheeler ne veulent pas vivre comme les autres. La vie, ils veulent la croquer à pleines dents. Seulement, le temps passe et la passion laisse rapidement la place à l'ennui et les Wheeler se retrouvent bien malgré eux englués dans le piège du conformisme dicté par la société. Frank est désabusé par un boulot ennuyeux et April en a marre de sa vie de femme au foyer et aimerait bien éprouver des sensations fortes. Finalement, les deux se rendent compte qu'ils ne sont que des citoyens lambda, grisés par le confort de leur maison cossue et victimes d'une banlieue aussi jolie qu'ennuyeuse. Et lorsque la flamme de l'amour s'est déja éteinte, difficile de penser à des changements radicaux. Finalement, ce film, aussi déprimant soit-il, est une excellente réflexion qui s'opère à trois niveaux. D'abord, celle de l'Amérique des années 50 et de son prétendu "american dream", puis celle d'une société sclérosée, happant les idéaux des uns et des autres, et enfin celle du problème du couple. Si de nos jours, la crise persiste et on divorce à qui mieux mieux, à l'époque déja, l'ennui entre les conjoints s'insinuait très vite...

Revolutionary road (Sam Mendes, USA, 2008, 120 mins).    Avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Kathy Bates, Michael Shannon, Kathryn Hahn.

- Meilleure actrice (Kate Winslet) - Golden Globe 2009.

- Meilleur acteur dans un second rôle (Michael Shannon) - Satellite Awards 2008.

- 3 nominations (Meilleure direction artistique, Meilleur acteur dans un second rôle, Meilleure actrice) - Oscars 2009.

France - Argentine 0-2

domenech.jpgLorsque Maradona [censuré] Domenech

L'un est entraîneur depuis plus de 15 ans et sélectionneur de l'équipe de France depuis l'été 2004, l'autre n'a presque aucune expérience de coach et dirigeait son second match comme sélectionneur de l'équipe d'Argentine. C'est pourtant Diego Maradona - dont nombreux détracteurs soulignent l'inéxpérience à ce niveau - qui s'est payé Domenech hier au stade Vélodrome (2-0), rappelant à ses critiques que s'il était encore néophyte, il a ses idées et son énergie. Replaçant l'Argentine dans un 4-4-2 classique, avec Gago et Mascherano à la récupération (exit Cambiasso) et Maxi Rodriguez à droite, el pibe de oro a fait évoluer Messi et Agüero en pointe. Le premier a marqué en fin de match, le second fut passeur sur le 1er but de Gutierrez (41e). Notons que Agüero fut aligné en dépit de problèmes familiaux (sa compagne, la fille de Maradona, était hospitalisée) alors que les attaquants ne manquaient pas (Tevez, Denis). C'est dire que Maradona a ses convictions, faisant même débuter 2 nouveaux dans le couloir gauche, Gutierriez, l'ailier gauche de Newcastle, à la conduite de balle un peu particulière (d'où son surnom "le lévrier") et Papa à gauche de la défense alors que le rugueux Gabriel Heinze aurait pu évoluer à ce poste. Quand l'Argentine a le ballon, elle ne le lâche plus, surtout lorsqu'on sait que la balle colle aux pieds de Messi, qui en aura mis hier soir des joueurs dans le vent. Forte d'un collectif très rodé, l'Albiceste a surtout donné une leçon de réalisme au onze tricolore, marquant 2 fois sur ses rares occasions franches. En face, lorsque Ribery, Gourcuff et les autres tinrent le ballon, les occassions furent soit gâchées soit enrayées par le gardien adverse. Il y a 2 ans, l'Argentine s'était déja imposée en France (1-0, but de Saviola). C'était au Stade de France.

gago.jpgLa question qui se pose est évidemment la suivante : pourquoi Domenech est-il toujours à la tête des Bleus ? Le problème est qu'il ne servirait à rien de le virer en cours d'éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Vu que la France est déja mal partie (1 victoire, 1 nul, 1 défaite) et qu'elle va encore affronter des adversaires coriaces, toujours en lice pour une qualification (Serbie, Roumanie, Lituanie, voire l'Autriche), chambouler la direction en cours de route serait peut-être fatal (à moins que cela ne soit bénéfique ? allez savoir). Domenech aurait du être remercié après un Euro 2008 nullissime. Mais Escalettes, voulant montrer à la clique des champions du monde 1998, "coupable" de faire du lobbying pour la nomination de Didier Deschamps comme sélectionneur national, a maintenu Domenech. Ce dernier devait obtenir au moins 5 points lors des 3 premiers matchs des éliminatoires. La France n'en obtint que 4 (victoire contre la Serbie, nul en Roumanie, défaite en Autriche) et Domenech est toujours en poste. C'est à se demander si la Fédération française de football est compétente...

Buts : Gutierrez (41e), Messi (83e) pour l'Argentine.

France : Mandanda - Sagna, Mexès, Gallas, Abidal - Toulalan, L. Diarra - Ribery, Gourcuff, Henry - Anelka (Benzema, 65e).

Argentine : Carrizo - J. Zanetti, Demichelis, Heinze, Papa - Maxi Rodriguez (Angeleri, 81e), Mascherano, Gago, Gutierrez - Messi, Agüero (Tevez, 81e).

 

Les autres matchs amicaux :

L'Espagne a logiquement dominé sur son sol une équipe anglaise décimée par les blessures (Defoe, Hargreaves, Rooney, Ferdinand, Gerrard...). L'inévitable David Villa (25 buts en 42 sélections) a ouvert le score après un service de Xavi Alonso (36e) puis Llorente, l'attaquant de l'Athletic Bilbao tuait le match sur un coup-franc de Xavi (82e).

Roumanie - Croatie 1-2 : Marica (22e) ; Rakitic (28e), Kranjcar (76e).

Autriche - Suède 0-2 : Elm (58e), Kallstrom (63e).

Allemagne - Norvège 0-1 : Grindheim (63e).

Portugal - Finlande 1-0 : C. Ronaldo (78e s.p).

Grèce - Danemark 1-1 : Gekas (61e) ; Borring (49e).

Serbie - Ukraine 0-1 : Nazarenko (16e).

 

05/02/2009

Canaris

H4-5657.jpgWilhelm Canaris fut le célèbre patron de l'Abwehr, les services de renseignements de la Wehrmacht, de 1935 à 1944. Contrairement à la plupart des hauts dirigeants du IIIème Reich, il n'a jamais vraiment été clair de quoi relevait ce personnage ambigü. Résistant ? Chevronné ? Omnipotent ? Anti-nazi ? Incompétent ? Ce qui est certain, comme l'affirme l'auteur dans cet ouvrage, c'est qu'il s'est bâti autour de lui une légende faisant de lui un opposant ardent du régime nazi, ce qui a conduit à sa chute à partir de l'année 1944. Or était-il un farouche résistant au régime d'Adolf Hitler se demande l'auteur ? Grâce à des documents d'archives inédits, Heinz Hohne a dressé un portrait plus nuancé et surtout, une biographie fleuve (plus de 500 pages), des premiers pas de Canaris dans la marine prussienne, en passant par son rôle central dans le financement nazi des troupes franquistes en Espagne, jusqu'à sa direction des services de l'Abwehr et sa mise au pas.

Sans être un nazi, Canaris était d'abord convaincu du bien-fondé du national-socialisme et un inconditionnel de Hitler. Mais ensuite, une rupture s'opère. Véritable militaire, royaliste et nostalgique de l'ordre prussien, Canaris voyait d'un mauvais oeil les purges opérées dans l'armée (que Hitler ne supportait pas). Il s'éloigne définitivement du nazisme et prend contact avec les puissances alliées mais sans jamais vraiment s'impliquer dans une quelconque action subversive. En 1944, il part en disgrace, en raison de son action inneficace au sein des services de renseignements. Puis vint le fameux attentat raté contre Hitler du 20 juillet 1944. Les enquêteurs ratissent large et une dénonciation le cite comme conspirateur. Alors qu'il n'a pas participé au complot (1), Canaris est pourtant convaincu de trahison (2). Le 9 avril 1945, il est pendu au camp de concentration de Flossenburg. Après avoir lu cette biographie très documentée, nous pouvons tirer le constat suivant : pas vraiment nazi ni véritable résistant, Canaris était avant tout fidèle à son pays et lorsqu'il s'est rendu à l'évidence que celui-ci était perdu, il s'est résolu à tenter prudemment de trouver une autre issue. Il avait des plans mais ne les a jamais vraiment amorcés. Nous ne saurons jamais vraiment si ce fut par manque de conviction, lacheté, prudence ou tout simplement faute de moyens.

En 1996, Wilhelm Canaris (ainsi que d'autres résistants au IIIème Reich) est réhabilité à titre posthume par la justice allemande.

Heinz Hohne, Canaris - La véritable histoire du chef des renseignemments militaires du IIIème Reich, Paris, Balland, 1981, 579 p.

(1) Tenu au courant du complot, Canaris ne voulait pas y participer, n'appréciant guère les instigateurs (les considérant comme des amateurs), notamment Stauffenberg qu'il jugeait trop "gauchisant". L'ironie fut que Canaris fut justement liquidé en raison d'une prétendue participation au complot.

(2) Des documents découverts dans son coffre-fort attestaient d'une activité plus ou moins subversive.