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29/09/2006

Après Sarajevo

medium_18668074.jpgRares sont les films qui traitent de l'après-guerre. Si le cinéma regorge de très bons films qui portent une refléxion sur la guerre elle-même (Vietnam, seconde guerre mondiale, Balkans...), on ne trouve pas par contre de nombreux long-métrages qui oeuvrent avec acuité à traiter ce thème compliqué. Si on remonte dans le temps, on se souvient de l'excellent Allemagne année zéro (1947) de Roberto Rossellini.

Grbavica ou "Sarajevo, mon amour" (titre français du film), s'attache donc à dépeindre une société en convalescence et en lente reconstruction psychologique (après la guerre de Bosnie, 1990-1996), à travers la relation d'une mère (Esma) et de sa fille (Sara). Comme la plupart de ses camarades, Sara n'a pas de père, mort au combat ("shahid"). Ce constat rappelle tragiquement que la société bosniaque a perdu beaucoup de ses hommes durant la guerre, le massacre de Srebrenica en 1996 a fait entre 8000 et 12000 victimes (hommes, enfants et vieillards), ce qui est considéré comme le plus grand massacre depuis le second conflit mondial.   La mère de Sara travaille dur pour subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa fille : couture le jour, serveuse la nuit dans une discothèque, pension versée par une association caritative... Dans le Sarajevo d'après-guerre, difficile de sourire lorsque la crise économique sévit, l'hiver est rude... Les visages sont aigris, la solidarité n'est pas de mise et les rapports humains sont très loin d'être amicaux... Sans entrer dans le mélodrame, le récit est poignant et nous porte à refléchir : n'importe qui peut se retrouver dans ce type de situation.

Pour son premier long-métrage, Jasmilla Zbanic a obtenu la récompense suprême au Festival de Venise 2006 : le Lion d'or.

GRBAVICA  (Jasmilla Zbanic, Bosnie, 2006, 90 mins).   Avec Mirjana Karanovic (Esma), Luna Mijovic (Sara), Leon Pucev (Pelda), Kenan Catic (Samir), Jasna Ornela Berry (Sabina).

28/09/2006

A Love Song From Bobby Long

medium_t55932oovmx.2.jpgSorti dans les salles françaises il y a quelques semaines, ce film (titre français : "Love song") est paru aux Etats-Unis en 2004. C'est l'adaptation du roman de Ronald Everett Capps, intitulé "Off Magazine Street" (2002). L'histoire se passe à la Nouvelle-Orléans. Après la mort de sa mère qu'elle n'a pas vu depuis longtemps, Pursy (Scarlett Johansson) retourne à la maison familiale. Elle y découvre 2 amis de sa mère, Bobby Long (Travolta) ancien prof de littérature, et Lawson Pines, son acolyte. Les 2 sont plutôt aigris et boivent beaucoup (le premier bien plus que le second). L'arrivée de Pursy semble troubler leur petite vie, loin de vouloir décamper, ils préfèreraient que ce soit elle qui débarasse le plancher. Pour vivre en harmonie, chacun devra apprendre à cohabiter et à écouter l'autre.

On retrouve donc John Travolta, excellent dans ce rôle, à contre-courant, d'écorché de la vie, alcolo, dépravé... un rôle qu'il joue à merveille. Il faut reconnaître qu'on l'a rarement vu dans un rôle (ou un film) intéressant ces dernières années : Be cool (2005), The punisher (2004), Basic (2003), Swordfish (2001), Battlefield Earth (2000), pour ne citer que ceux-là... S. Johansson est toujours resplendissante. Quant à Gabriel Macht (dans le rôle de Lawson Pines), il a débuté sa carrière d'acteur à la fin des années 90. On le retrouvera dans The good shepherd de Robert De Niro (2006) avec entre autres, Matt Damon, Angelina Jolie, John Turturro..

 

A Love Song From Bobby Long (Shainee Gabel, USA, 2004, 120 mins).  Avec John Travolta, Scarlett Johansson, Gabriel Macht, Deborah Kara Unger, Dane Rhodes.

- Présenté au Festival de Venise - 2004.

22/09/2006

Good night, and good luck (reprise)

medium_18460478.jpgSorti dans les salles françaises en janvier 2006, ce deuxième film réalisé par Georges Clooney (après Confessions of a dangerous mind, en 2002) est un hommage à Edward R. Murrow, journalisté très respecté par ses pairs et engagé à l'époque (1953) contre les méthodes (faux procès, mensonges, atteinte au libertés individuelles) du sénateur Joseph McCarthy. Nous sommes donc en pleine guerre froide et en période accrue de "chasse aux sorcières". Directeur de l'information à CBS, Murrow (David Strathairn) va dénoncer dans son émission "See it now" la politique du tristement célèbre McCarthy, s'attirant même les foudres de son supérieur, William S. Paley (Frank Langella). Même menacé, Murrow luttera jusqu'au bout, contre ce qu'il dénonçait comme un système dictatorial, une atteinte aux droits de l'homme, dans un pays (les USA) qui se considère comme la plus grande démocratie au monde. C'est ainsi qu'il va s'atteler à défendre Milo Radulovich, aviateur de l'armée de l'air, accusé à tort (et radié de l'armée) d'être un espion communiste. On considère que les nombreuses attaques  portées à McCarthy (il y eut même une confrontation télévisée entre les 2 hommes) furent le début de la chute du sénateur controversé.

"See it now" fut créé par Murrow et son collègue Fred W. Friendly (interprété ici par Georges Clooney). L'émission obtint 4 "Emmy Awards" (Oscars récompensant les meilleures programmes télévisés, en 1953, 54, 57 et 58. La durée de l'émission était de 30 mins, le dernier épisode fut tourné le 7 juillet 1958.

Plusieurs documentaires sur Edward R. Murrow ont été réalisés, ainsi qu'un long métrage : Murrow (Jack Gold, USA, 1985, 114 mins). On peut voir dans ce très bon film de G. Clooney, un clin d'oeil sur l'Amérique d'aujourd'hui, les méthodes de McCarthy rappelant que le 26 octobre 2001, une loi fut votée par le Congrès : le "USA Patriot act" ("Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism"). Cette loi qui renforce les agences gouvernementales (CIA, FBI, NSA...) devait restreindre les libertés publiques (mises sur écoute).

Le film est en noir et blanc, les acteurs sont très bons (meilleur acteur - Festival de Venise - pour David Strathairn) et la période du film est parfaitement reconstituée, concernant les dialogues, la gestuelle et la façon de parler des acteurs. On se croirait vraiment dans un film américain des années 50.

On a vu pas mal de films américains politiquement engagés (contre la politique américaine), sortir cette année. Dans des styles très différents : Jarhead (Sam Mendes, réalisateur de American beauty), V for vendetta (James Mc Teigue), Syriana (Stephen Gaghan, scénariste de Traffic), A scanner darkly (plus implicite, Richard Linklater). Georges Clooney (un futur grand réalisateur) est en train de revêtir progressivement l'étiquette d'un réalisateur engagé. Il est d'aiileurs producteur exécutif dans les 2 derniers films cités.

GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK (Georges Clooney, USA, 2005, 93 mins).   Avec David Strathairn, Georges Clooney, Robert Downey Jr., Patricia Clarkson, Frank Langella, Jeff Daniels, Ray Wise.

 - Prix du meilleur acteur (David Strathairn) - Festival de Venise 2005.

 - Prix de la mise en scène (Georges Clooney et Grant Heslov) - Festival de Venise 2005.

 - 6 nominations aux Oscars 2005.

 - 4 nominations aux Golden Globe 2005.

20/09/2006

Thank you for smoking

thanks.jpgPas mal du tout cette satire qui raconte comment le très doué Nick Naylor (Aaron Eckart), travaillant pour le lobby du tabac, s'arrange à chaque fois pour contrer les politiques de prévention du tabagisme. Cynique mais séduisant, gros baratineur (un vrai sophiste), Nick a toujours le dernier mot (même lorsqu'il faillit crever, le tabac le sauve) car comme il l'a dit, l'essentiel n'est pas l'essence de ce que l'on dit mais comment on arrive à le rendre crédible (à l'aide d'arguments aussi solides que fallacieux) face à un interlocuteur. Il parvient même à serrer la main d'un cancereux (du tabac) de 15 ans.

Adaptée du roman homonyme de Christopher Buckley, cette comédie drole et efficace met en avant les effets du lobbying sur les processus décisionnels. Difficile de nos jours de défendre la consommation de tabac et pourtant, la proposition du sénateur Finistirre (William H. Macy) d'apposer aux boîtes de cigarettes la photographie d'un crâne de mort (représentant les dangers que fumer cause) sera battue en brêche...   Dans le même style, souvenons-nous de Wag the dog (Barry Levinson, 1997), satire sur la manipulation des médias.

Pas mal de clichés mais beaucoup de dialogues intéressants comme cette discussion entre Nick et des 2 "amis" (Maria Bello, David Koechner) des lobbies de l'alcool et des armes, "les marchands de mort". Chacun se vante de tuer un maximum de gens. Mais c'est Nick qui remporte la palme : 1200 morts/jour à cause du tabac. Les armes à feu : 11.000/an. L'alcool ? ses statistiques sont bien plus faibles..., ou encore les conseils que donne Nick à son fils, comment répondre à une question (il n'y a jamais de vérité absolue) par différentes façons et par différents arguments.

Le beau Aaron Eckart (Erin Brockovich, Any given sunday, Paycheck) est exellent dans son rôle. L'inoxydable William H. Macy (Boogy nights, Magnolia, Fargo, The cooler) est toujours aussi bon. Par contre, Katie Holmes est aussi peu convaincante dans ce rôle de journaliste véreuse, prête à tout pour son scoop, que dans celui de jeune avocate ambitieuse (Batman begins, 2005). Il est vrai que quand on sort avec Tom Cruise, toutes les portes sont ouvertes. On remarquera aussi le très bon J.K Simmons dans le rôle du boss insupportalbe (il joue le légendaire J. Jonas Jameson dans Spider Man).

THANK YOU FOR SMOKING (Jason Reitman, USA, 2005, 92 mins). Avec Aaron Eckart, Maria Bello, Cameron Bright, Adam Brody, Sam Elliott, Katie Holmes, David Koechner, Rob Low, William H. Macy, Robert Duvall, J.K Simmons.

 

16/09/2006

A scanner darkly

178f69a48e318277852d135ae03128e5.jpgA propos de Philip K. Dick

"A scanner darkly" est le 5ème long-métrage hollywoodien adapté de l'oeuvre de Philip K. Dick. Publié pour la première fois en 1952, celui-ci s'oriente rapidement, après des débuts classiques, vers une science-fiction plus personnelle, où se déploient un questionnement permanent de la réalité et une réflexion radicale sur la folie. On peut considérer que A scanner darkly (en français : "Substance M", disponible aux éditions Folio) est l'oeuvre la plus personnelle de Philip K. Dick. Explorateur inlassable de mondes schizophrènes, désorganisés et équivoques, il clame tout au long de ses oeuvres que la réalité n'est qu'une illusion, figée par une perception humaine imparfaite.

Philip K. Dick (1928-1982) eut une existence instable, faite de divorces multiples, de drogues, de tentatives de suicide ou de recherches mystiques. La rapidité avec laquelle sont écrites certaines de ses oeuvres (notamment Minority Report) s'explique par des consommations très fréquentes de LSD et d'amphétamines.

Avant A scanner darkly, le cultissime Blade Runner (inspiré de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?) fut réalisé par Ridley Scott (1982, avec Harrison Ford et Sean Young). Suivit Total Recall, inspiré de sa longue nouvelle "Souvenirs à vendre" et réalisé par Paul Verhoeven (1990, avec Arnold Schwarzenegger) puis Minority Report (adapté du roman homonyme), réalisé par Steven Spielberg (2002, avec Tom Cruise et Collin Farell) et le très moyen Paycheck (2003, avec Ben Affleck, Uma Thurman et Aaron Eckart), normal c'est réalisé par John Woo.

Le premier a avoir tenté de réaliser A scanner darkly fut le "réalisateur à risques" Terry Gilliam (Brazil, The fisher king, 12 monkeys, Fear and loathing in Las Vegas). Ensuite, Georges Clooney et Steven Soderbergh se sont emparés de l'affaire, ils sont tous les deux producteurs exécutifs dans ce long-métrage, réalisé par Richard Linklater.

Lorsqu'il décède à l'âge de 54 ans, P. K. Dick est peu connu du public. Toute sa vie durant, il fut relativement pauvre, parfois même miséreux (dans un de ses articles, il décrit avec humour l'époque où sa femme et lui  étaient contraints de se nourrir avec des boîtes de chien) alors que d'autres écrivains américains de science-fiction, comme Isaac Asimov (auteur culte du cycle Fondation), Robert A. Heinlein et Franck Herbert (Dune). (Cf. la préface de Julie Péjos dans Minority Report, éditions Folio, 2002) vivaient un grand succès.

Aujourd'hui, il est considéré comme un génie de la science-fiction même s'il ne possède pas le style le plus affiné (il écrivait trop vite). Inventions multiples, décalages vertigineux et hallucinants dans la perception du futur constituent sa marque de fabrique. On considère  que sa façon de percevoir le futur était différente de celle d'autres écrivains ayant plus de succès que lui. Sa façon de percevoir le futur était différente. Au lieu  de construire ses histoires sur des concepts (comme les autres), il le faisait autour de personnages. Ceux-ci n'étaient pas des héros mais des citoyens ordinaires du futur confrontés à toutes sortes de soucis quotidiens (argent, relations, emploi...). Comme tout le monde.

Dick fut sans doute inspiré dans ses oeuvres par sa vie même : soucis financiers, 5 fois marié, grosse consommation de drogues... Normal que certaines de ses oeuvres soient assez glauques (Substance M) : beaucoup de LSD. En 1982, il vu une avant-première de Blade Runner mais décéda avant la sortie de ce dernier. Dommage qu'il soit décédé avant la sortie des autres films adaptés de son oeuvre. Celle-ci demeure immense aujourd'hui et il est désormais considéré comme un éminent auteur de science-fiction.

     

Dans A scanner Darkly de Richard Linklater, l'univers de Philip K. Dick est revisité par l'animation : aux prises de vue des acteurs sont superposées des créations infographique très sophistiquées (comme dans Waking Life, 2001, du même réalisateur) : la performance des comédiens est recréée par les procédés de l'animation. Robert Downey Jr. est énorme. A travers ce monde déglingué où se conjuguent paranoïa, schizophrénie, hallucinations et démence, confusion entre le réel et l'irréel, on peut entrevoir une certaine critique de l'Amérique d'aujourd'hui marquée par la psychose qui résulte du 11 septembre 2001 (même si l'oeuvre est antérieure), sans que le film soit tout à fait politiquement engagé. Tout le monde est suspect et chacun est coupable jusqu'à preuve du contaire.

A SCANNER DARKLY (Richard Linklater, USA, 2006, 100 mins).  Avec Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Jr., Woody Harrelson, Rory Cochrane.

15/09/2006

Je vais bien, ne t'en fais pas

medium_18649422.jpg''Je vais bien, ne t'en fais pas'' est l'adaptation du roman homonyme d'Olivier Adam (disponible aux éditions Le Dilettante). Dans la meme lignée que L'Equipier (2004), qui traitait de la difficulté de s'intégrer, à travers une histoire d'amitié, mais aussi d'amour qui se passe dans l'île bretonne d'Ouessant, Philippe Lioret s'atelle dans son nouveau long métrage sur la difficulté de communiquer et d'affirmer ses sentiments.

De retour de voyage, Lili, 19 ans, découvre que son frère jumeau a quitté le foyer familial suite à une dispute avec son père. Très marquée, Lili pète les plombs et se retrouve très vite en psychiatrie intensive... Une fois remise, elle part à la recherche de son frère...  Une histoire émouvante qui ne laisse pas indifférent. Mélanie Laurent (elle ira loin) est bouleversante de sensibilité et de fragilité. Un très bon travail aussi sur les personnages : on se rend compte que Kad Merad est en fait beaucoup plus que ce père ennuyeux et rarement à l'écoute et Julien Boisselier qui parait un peu béta, est finalement d'une générosité et d'une sensibilité insoupçonnées jusque là.  De bonnes critiques implicites de la société comme cette discussion qui ne rime à rien entre Lili et une fille rencontrée à une fête : ''t'es à sciences-po ? non à Shopi, et tu fais quoi à part ça ?''... ou comme ce joli tacle adressé au système psychiatrique.   Film coup de coeur !!

 

Je vais bien, ne t'en fais pas (Philippe Lioret, France, 2005, 100 mins).   Avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier.

13/09/2006

Un bon Diesel

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Un siècle qu'on attendait un bon film avec pour vedette Vin Diesel. L'acteur bodybuildé, aux allures de taulard endurci, sorte de musclor sans foi ni loi était jusqu'ici confiné à des rôles de dur à cuir, lorsqu'on faisait appel à lui (il ne totalise pas plus de 15 longs métrages). Si Pitch black (2001) était pas mal du tout, le reste des films qui le portèrent à l'affiche, étaient franchement très médiocres, voire nuls : The fast and the furious (2001), XXX (2002), A man apart (2003), Chronicles of Riddick (2004) et The paciefer (2005). Dans ce dernier, Vin Diesel joue le rôle d'une baby-sitter pas comme les autres!! Par ailleurs, 2 bons films sont à lui créditer : Saving private Ryan (Steven Spielberg, 1998), où il n'apparait que quelques secondes et Boiler room (2000), qui met en exergue les pratiques illicites qui ont cours dans le monde des courtiers, où il a un rôle second...

C'est désormais chose faite avec Find me guilty (sous le titre français de "Jugez-moi coupable") où l'acteur né à New York en 1967, incarne un parrain local, Jackie Di Norscio, qui dégoûté par les magouilles de la justice, décide d'être son propre avocat lors de son procés, tout en défendant à la fois, les autres parrains inculpés, qu'il considère comme ses plus chers amis. Le film est moyen et Vin Diesel est franchement bon dans ce rôle de mafieux sympathique et attachant (un peu comme de De Niro dans Analyse this). Le film est inspiré d'une vraie histoire, le véritable Jackie Di Norscio a purgé 17 ans de prison. Libéré en 2002, il décède en 2005 durant le tournage du film, auquel il participait.

Réalisateur depuis les années 50, Sidney Lumet (81 ans) renoue après 12 angry men (1957) avec le plaidoyer et les imperfections du système judiciaire.

FIND ME GUILTY (Sidney Lumet, USA, 2006, 124 mins).  Avec Vin Diesel, Peter Dinklage, Linus Roache, Ron Silver, Alex Rocco.

11/09/2006

Rosario - Aimer c'est mourir

A Medellin, ville des cartels de drogue et de la prostitution, il n'y a aucune place pour medium_18649299.jpgles femmes, c'est la première dure réalité que l'on découvre dans cette sorte de thriller socio-mélo-dramatique (très). Rosario possède des atouts qui devraient a priori lui permettre de survivre : belle, sensuelle, meneuse d'hommes et à caractère bien trempé. Mais dans une société colombienne très machiste (ce n'est pas la seule évidemment, après tout nous vivons dans un monde d'hommes), cela lui sera-t-il suffisant ? parviendra-t-elle à échapper à la mort ? C'est un des thèmes majeurs de ce film qui à travers la projection de la vie très mouvementée de Rosario Tijeras (Flora Martinez), vise un objectif bien plus large : susciter une réflexion globale sur la société colombienne, société en pleine implosion dans un Etat où sévissent misère totale, désenchantement, corruption et guerre (les FARC sont toujours actifs, demandez le à Ingrid Bétancourt), société où les femmes sont à la merci de tout le monde, où même les enfants n'attirent la moindre compassion (Rosario se fait violer par son propre père, devant sa mère qui ne bronche pas). Mais il n'y a pas que la réflexion critique d'une société, le réalisateur aime jouer sur les frontières : si David Lynch met en avant la frontière entre le réel et l'irréel (notamment dans Twin Peaks, Lost Highway et Mulholland Drive), Emilio Maille se penche sur la frontière ambigüe et très poreuse entre le bien et le mal, l'amour et la haine, la vie et la mort. Ce travail sur cette ambiguïté a justement rendu la structure du film un peu compliquée, ce qui a fait que certaines séquences sont un peu tirées par les cheveux. Par moments, le film tourne à un méli-mélo complètement bancal, on perd dès lors le fil conducteur. Mais peut-être est-ce justement le but du réalisateur ? semer le trouble chez le spectateur à travers la description d'un monde complètement déboussolé ?        Toujours est-il que la toile de fond demeure intéressante : un Etat à deux vitesses, où pauvres et riches se cotoient intimement, tout en s'ignorant superbement (scènes de boîtes de nuit branchées - bidonvilles...) et où le légal et l'illégal sont très durs à démêler (juges corrompus, militaires agressifs). Quant à l'histoire de Rosario, il est possible de la cerner : comme dans Baise moi et Monster, c'est une femme (ou fille) maltraitée par les hommes (et même par sa mère) qui s'est transformée en mangeuse (tueuse) d'hommes. Le reste (tueuse à gages? à son compte? à celui des cartels? prostituée? trafiquante de cocaïne? tout à la fois?) n'est pas précisé mais cela importe-t-il ?

On pourrait aisément transformer le slogan de l'affiche française du film, "Tuer c'est aimer" en "Aimer c'est mourir". A chaque fois qu'un homme "osa" vouloir posséder Rosario, il se retrouva foudroyé par son pistolet. Rosario allait connaître le même sort, elle osa tomber amoureuse de son ami alors que sa vie et son métier ne le lui permettaient pas. La sentence fut fatale : elle quitta à son tour ce monde où il est interdit d'aimer.

 

ROSARIO (Emilio Maille, Colombie, 2006, 112 mins)

Titre original : Rosario Tijeras. Avec Flora Martinez, Unax Ugalde, Manolo Cardona, Rodrigo Oviedo, Alonso Arias.

Présenté au festival fu film policier de Cognac (2006).

Photos du film sur le site suivant (en espagnol) : http://xxxrosariotijerasxxx.blogspot.com/

04/09/2006

Bowling for Columbine

bowling.jpgOn se souvient de Michael Moore, brandissant son trophée à la cérémonie des Oscars et s'écriant "Shame on you Mr. Bush". Il enquête ici sur les armes à feu aux Etats-Unis et leurs conséquences, à tous les niveaux de la société. Son point de départ est le lycée de Columbine, dans le Colorado. En 1999, deux adolescents tirent sur leurs camarades et font une vingtaine de morts. Sans verser dans le discours moralisateur, Michael Moore nous donne une excellente leçon ainsi qu'une démonstration brillante sur le problème des armes à feu et de la violence aux USA. J. N

Bowling for Columbine (Michael Moore, USA, 2002, 123 min).    Avec Michael Moore, Charlton Heston, Marilyn Manson, Dick Clark, Barry Glassner, Richard Castaldo.

- Oscar du meilleur documentaire - 2003
- Meilleur film étranger - Césars 2003.
- Prix du Jury - Festival de Cannes 2002.
- En compétition (Palme d'or) - Festival de Cannes 2002.
- Meilleur montage pour un documentaire (Kurt Engfehr) - American Cinema Editors 2003.
- Audience Award - Amsterdam International Documentary Film Festival 2002.
- Audience Award - Atlantic Film Festival 2002.
- Audience Award - Bergen International Film Festival 2002.
- Meilleur film américain - Bodil Awards 2004.
- Critics Coice Award (Meilleur documentaire) - Broadcast Film Critics Association Awards 2003.
- Meilleur documentaire -Toronto Film Critics Association Awards 2002.
- Meilleur documentaire -Chicago Film Critics Association Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Independent Spirit Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Golden Trailer Awards 2003.
- Meilleur documentaire - National Board of Review 2002.
- Audience Award - San Sebastian International Film Festival 2002.
- Meilleur documentaire - Phoenix Film Critics Society Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Online Film Critics Society Awards 2003.
- Meilleur scénario (Michael Moore) - Writers Guild of America 2003.
- Most Popular Film - Vancouver International Film Festival 2002.
- Meilleur film étranger - Turia Awards 2004.
- Audience Award - Sao Paulo International Film Festival 2002.
- Audience Award - Sudbury Cinéfest 2002.
- Meilleur documentaire - Southeastern Film Critics Association Awards 2002.
- Meilleur documentaire - Las Vegas Film Critics Society Awards 2003.
- Meilleur réalisateur pour film de langue étrangère - Kinema Junpo Awards 2004.
- Meilleur documentaire - Kansas City Film Critics Circle Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Florida Film Critics Circle Awards 2003.
- Meilleur documentaire - Central Ohio Film Critics Association 2003.