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15/09/2006

Je vais bien, ne t'en fais pas

medium_18649422.jpg''Je vais bien, ne t'en fais pas'' est l'adaptation du roman homonyme d'Olivier Adam (disponible aux éditions Le Dilettante). Dans la meme lignée que L'Equipier (2004), qui traitait de la difficulté de s'intégrer, à travers une histoire d'amitié, mais aussi d'amour qui se passe dans l'île bretonne d'Ouessant, Philippe Lioret s'atelle dans son nouveau long métrage sur la difficulté de communiquer et d'affirmer ses sentiments.

De retour de voyage, Lili, 19 ans, découvre que son frère jumeau a quitté le foyer familial suite à une dispute avec son père. Très marquée, Lili pète les plombs et se retrouve très vite en psychiatrie intensive... Une fois remise, elle part à la recherche de son frère...  Une histoire émouvante qui ne laisse pas indifférent. Mélanie Laurent (elle ira loin) est bouleversante de sensibilité et de fragilité. Un très bon travail aussi sur les personnages : on se rend compte que Kad Merad est en fait beaucoup plus que ce père ennuyeux et rarement à l'écoute et Julien Boisselier qui parait un peu béta, est finalement d'une générosité et d'une sensibilité insoupçonnées jusque là.  De bonnes critiques implicites de la société comme cette discussion qui ne rime à rien entre Lili et une fille rencontrée à une fête : ''t'es à sciences-po ? non à Shopi, et tu fais quoi à part ça ?''... ou comme ce joli tacle adressé au système psychiatrique.   Film coup de coeur !!

 

Je vais bien, ne t'en fais pas (Philippe Lioret, France, 2005, 100 mins).   Avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier.

13/09/2006

Un bon Diesel

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Un siècle qu'on attendait un bon film avec pour vedette Vin Diesel. L'acteur bodybuildé, aux allures de taulard endurci, sorte de musclor sans foi ni loi était jusqu'ici confiné à des rôles de dur à cuir, lorsqu'on faisait appel à lui (il ne totalise pas plus de 15 longs métrages). Si Pitch black (2001) était pas mal du tout, le reste des films qui le portèrent à l'affiche, étaient franchement très médiocres, voire nuls : The fast and the furious (2001), XXX (2002), A man apart (2003), Chronicles of Riddick (2004) et The paciefer (2005). Dans ce dernier, Vin Diesel joue le rôle d'une baby-sitter pas comme les autres!! Par ailleurs, 2 bons films sont à lui créditer : Saving private Ryan (Steven Spielberg, 1998), où il n'apparait que quelques secondes et Boiler room (2000), qui met en exergue les pratiques illicites qui ont cours dans le monde des courtiers, où il a un rôle second...

C'est désormais chose faite avec Find me guilty (sous le titre français de "Jugez-moi coupable") où l'acteur né à New York en 1967, incarne un parrain local, Jackie Di Norscio, qui dégoûté par les magouilles de la justice, décide d'être son propre avocat lors de son procés, tout en défendant à la fois, les autres parrains inculpés, qu'il considère comme ses plus chers amis. Le film est moyen et Vin Diesel est franchement bon dans ce rôle de mafieux sympathique et attachant (un peu comme de De Niro dans Analyse this). Le film est inspiré d'une vraie histoire, le véritable Jackie Di Norscio a purgé 17 ans de prison. Libéré en 2002, il décède en 2005 durant le tournage du film, auquel il participait.

Réalisateur depuis les années 50, Sidney Lumet (81 ans) renoue après 12 angry men (1957) avec le plaidoyer et les imperfections du système judiciaire.

FIND ME GUILTY (Sidney Lumet, USA, 2006, 124 mins).  Avec Vin Diesel, Peter Dinklage, Linus Roache, Ron Silver, Alex Rocco.

11/09/2006

Rosario - Aimer c'est mourir

A Medellin, ville des cartels de drogue et de la prostitution, il n'y a aucune place pour medium_18649299.jpgles femmes, c'est la première dure réalité que l'on découvre dans cette sorte de thriller socio-mélo-dramatique (très). Rosario possède des atouts qui devraient a priori lui permettre de survivre : belle, sensuelle, meneuse d'hommes et à caractère bien trempé. Mais dans une société colombienne très machiste (ce n'est pas la seule évidemment, après tout nous vivons dans un monde d'hommes), cela lui sera-t-il suffisant ? parviendra-t-elle à échapper à la mort ? C'est un des thèmes majeurs de ce film qui à travers la projection de la vie très mouvementée de Rosario Tijeras (Flora Martinez), vise un objectif bien plus large : susciter une réflexion globale sur la société colombienne, société en pleine implosion dans un Etat où sévissent misère totale, désenchantement, corruption et guerre (les FARC sont toujours actifs, demandez le à Ingrid Bétancourt), société où les femmes sont à la merci de tout le monde, où même les enfants n'attirent la moindre compassion (Rosario se fait violer par son propre père, devant sa mère qui ne bronche pas). Mais il n'y a pas que la réflexion critique d'une société, le réalisateur aime jouer sur les frontières : si David Lynch met en avant la frontière entre le réel et l'irréel (notamment dans Twin Peaks, Lost Highway et Mulholland Drive), Emilio Maille se penche sur la frontière ambigüe et très poreuse entre le bien et le mal, l'amour et la haine, la vie et la mort. Ce travail sur cette ambiguïté a justement rendu la structure du film un peu compliquée, ce qui a fait que certaines séquences sont un peu tirées par les cheveux. Par moments, le film tourne à un méli-mélo complètement bancal, on perd dès lors le fil conducteur. Mais peut-être est-ce justement le but du réalisateur ? semer le trouble chez le spectateur à travers la description d'un monde complètement déboussolé ?        Toujours est-il que la toile de fond demeure intéressante : un Etat à deux vitesses, où pauvres et riches se cotoient intimement, tout en s'ignorant superbement (scènes de boîtes de nuit branchées - bidonvilles...) et où le légal et l'illégal sont très durs à démêler (juges corrompus, militaires agressifs). Quant à l'histoire de Rosario, il est possible de la cerner : comme dans Baise moi et Monster, c'est une femme (ou fille) maltraitée par les hommes (et même par sa mère) qui s'est transformée en mangeuse (tueuse) d'hommes. Le reste (tueuse à gages? à son compte? à celui des cartels? prostituée? trafiquante de cocaïne? tout à la fois?) n'est pas précisé mais cela importe-t-il ?

On pourrait aisément transformer le slogan de l'affiche française du film, "Tuer c'est aimer" en "Aimer c'est mourir". A chaque fois qu'un homme "osa" vouloir posséder Rosario, il se retrouva foudroyé par son pistolet. Rosario allait connaître le même sort, elle osa tomber amoureuse de son ami alors que sa vie et son métier ne le lui permettaient pas. La sentence fut fatale : elle quitta à son tour ce monde où il est interdit d'aimer.

 

ROSARIO (Emilio Maille, Colombie, 2006, 112 mins)

Titre original : Rosario Tijeras. Avec Flora Martinez, Unax Ugalde, Manolo Cardona, Rodrigo Oviedo, Alonso Arias.

Présenté au festival fu film policier de Cognac (2006).

Photos du film sur le site suivant (en espagnol) : http://xxxrosariotijerasxxx.blogspot.com/